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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 20-07-2017]

Lait

Le contrat Milleret est signé

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Prix plancher, indexation sur les coûts de production, volume B, impact de la valorisation des fromages... Le nouveau contrat des producteurs livrant l’entreprise Milleret comporte beaucoup de nouveautés. Comme en 2011, Milleret et ses producteurs sont parmi les premiers en France à formaliser leur relation contractuelle pour les cinq années à venir.
Le mardi 20 juin, le conseil d’administration de l’Organisation des Producteurs Milleret (OPM) a signé avec l’entreprise le nouveau contrat-cadre pour les cinq années à venir. Un nouveau départ pour les deux parties, avec un contrat rénové qui tient compte des modifications imposées par la loi Sapin 2 notamment. Denis Milleret, président du Directoire de l’entreprise Milleret, et Xavier Jarrot, président de l’OPM, ont apposé leur signature en bas du document de 35 pages qui régira les relations entre l’entreprise et les adhérents à l’OP.
Nouveau départ, mais aussi aboutissement d’un long travail, avec beaucoup de concertation sur les deux dernières années : du côté des producteurs, on a dénombré douze réunion de CA, neuf réunions de bureau, huit réunions de bureau réduit, trois AG ou réunions des producteurs, cinq lettres aux adhérents, six versions des conditions générales de vente, cinq versions du contrat... Les échanges avec la laiterie ont été soutenus, et finalement «constructifs».

Un prix borné entre 310 et 360
Plus complexe que le contrat précédent (qui lui même révolutionnait les accords «amiables» de jadis qu’on rédigeait sur une simple page recto), le nouveau contrat-cadre est aussi plus adapté à la réalité des débouchés de l’entreprise.
Premier gros changement : l’apparition d’une partie de litrage payé en «B», c’est à dire indexé sur le cours du beurre et de la poudre. Une modification liée au mode de gestion des excédents de lait par la fromagerie Milleret, et qui correspondra à 5 % du volume contractuel. Mensualisé, le «quota B» est réparti de manière à inciter la production de lait d’été. Et individuellement, les producteurs qui ont la possibilité de ne pas produire leur volume B, toujours dans l’idée d’inciter à la maîtrise des volumes, puisque c’est d’abord le volume A qui sera payé.
En contrepartie, les producteurs ont obtenu une sécurisation du prix A, qui sauf déstabilisation durable des marchés, ne pourra pas descendre (en moyenne annuelle) en dessous de 310 €/1.000 L ni dépasser 360 €/1.000 L en prix de base. La première borne a été calculée en fonction des coûts de production du lait, estimés à 340€/1000 L. Avec un niveau de primes moyen de 31€/1.000 L dans l’entreprise, le système garantit donc une viabilité de la production laitière, et une visibilité pour les deux parties.

Un objectif collectif avec primes
Sur ce prix de base viennent se greffer des indicateurs : indices historiques, comme l’indice F1 fourni par le Cniel (mais repris en partie seulement), et indices imposés par la réglementation : prise en compte des coûts de production du lait (évolution de l’Ipampa), et de la valorisation des fromages par l’entreprise (évolution des prix de vente de fromage). La comparaison avec le prix allemand disparaît, remplacée par un système de comparaison avec les prix de l’environnement français national et local.
Les primes qualité sont modifiées à la marge. On voit cependant le retour de la prime liée à l’adhésion à l’OP, avec une partie soumise à objectif : l’OP a en effet désormais un contrat en volume avec l’entreprise, les deux parties fixant un objectif annuel de volume à atteindre (avec l’objectif de contrôler les dépassements). En cas de succès, les membres de l’OP ayant atteint l’objectif obtiendront par une prime supplémentaire ; les autres pourraient voir leurs pénalités éventuelles amoindries.

Application au 1er janvier 2018
La nouvelle formule de calcul est donc fixée. Débarrassée de l’indexation sur l’Allemagne, et moins dépendante du cours de produits industriels, elle devrait mieux correspondre à la valorisation réelle du lait produit par les producteurs. Du moins pour ce que l’on peut imaginer, en regardant le comportement des différents indices ces dernières années ! «On sait simuler sur du passé, pas sur l’avenir !», rappelle Rémi Vacelet, qui a mené les négociations pour l’entreprise Milleret. La décision a donc été prise d’un commun accord de n’appliquer la nouvelle formule de prix qu’à partir de janvier 2018. Les deux parties auront six mois d’observation pour s’adapter. En attendant, l’année 2017 devrait se terminer, si les tendances se confirment, avec un niveau moyen autour de 315 €/1.000 L pour les producteurs Milleret. À peu près le niveau de 2015.

LD

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