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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 06-07-2017]

Agriculture biologique

Un chemin tout tracé

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Didier Robin, ici dans une parcelle de blé Togano.
Un exploitant de Baigneux-les-Juifs explique son actuelle conversion dans le bio.
Bio Bourgogne organisait une visite de ferme le 21 juin en haute Côte-d’Or. Plusieurs producteurs se sont rendus dans une exploitation de Baigneux-les-Juifs, à deux pas de l’usine de déshydratation. Didier Robin, installé en 2008, a retracé son parcours en faisant part de ses motivations à franchir le cap de l’agriculture biologique.

Se simplifier la vie
Le producteur de 34 ans est revenu, dans un premier temps, sur l’arrêt de la production laitière en 2012 : «Ce fut un choix difficile car le lait a fait vivre ma famille pendant de nombreuses années. Cet arrêt paraissait pourtant évident, car la mise aux normes venait d’être remboursée et le système de traite devait être changé. Cela aurait engendré de nouvelles dépenses importantes, alors que cette production permettait de ne payer que le salarié».

Papa de deux enfants, Didier Robin avait également souhaité se «simplifier la vie» en vendant ses vaches laitières. Celles-ci ont été remplacées en partie par des Limousines : «certaines de mes parcelles ne pouvaient être cultivées. Je ne regrette pas le choix de cette race bovine. Les 25 vêlages que j’ai eus en 2017 se sont tous très bien passés, je n’ai pas pas eu à me relever une seule fois cette année» confie l’exploitant.

Baisse des charges
Les mauvaises années se succédaient et Didier Robin souhaitait encore aller plus loin pour réduire les charges. L’adhésion à un Geda lui avait permis de gagner en technicité, mais les difficultés continuaient de persister: «je me rappelle notamment de l’année 2009. Malgré une moisson du diable avec des blés à plus de 80q/ha, les prix ne dépassaient pas les 100 €/ha et nous n’avions rien gagné en grandes cultures».

Les années s’inscrivaient dans la même lignée : «je tapais dans la trésorerie depuis plusieurs campagnes. Investir 300 euros/ha dans mes champs à faibles potentiels pour ne rien gagner n’avait plus aucun sens. Il n’y avait plus de marges de manœuvre». Didier Robin entreprit une conversion en agriculture biologique en 2015 : «cela faisait un petit moment que l’idée germait en moi. D’autres raisons m’ont poussé à faire ce choix : le travail administratif ne cessait de se multiplier en conventionnel, avec notamment l’évolution de la réglementation des produits phytosanitaires. L’utilisation de ces derniers m’intéressait d’ailleurs de moins en moins. La problématique «village» était aussi présente dans ma nouvelle orientation : aujourd’hui, les gens ne supportent plus rien. Pour ma part, je suis le dernier exploitant à Baigneux et le moindre problème me revenait. J’avais aussi des parcelles à proximité des habitations et de l’école, les traitements devenaient de plus en plus compliqués».

Des prix intéressants
Didier Robin semble aujourd’hui très content de sa nouvelle vie : «je ne regrette aucunement mon choix, malgré le fait que nous n’ayons toujours pas touché nos aides en temps et en heure ! Le bio a beaucoup d’avenir, c’est lui qui tire les marchés vers le haut. Il m’a aussi permis de redécouvrir mon métier et de me rapprocher de la coopérative de Baigneux».

Actuellement en cours de conversion (C2), phase intermédiaire entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique, Didier Robin bénéficie de prix de vente déjà intéressants avec du blé à 300€/t, du pois à 350€/t, de l’orge d’hiver et du triticale à 255 t/ha. Le blé panifiable bio, lui, pourra être prochainement vendu entre 400 et 450€/t.

Didier Robin a aujourd’hui divisé ses charges par deux, à l’image de quatre ou cinq nouveaux agriculteurs bio dans son secteur. Sa surface de luzerne a doublé pour passer à 50 hectares. Du compost de vaches, des déchets de la coopérative de Baigneux et des fientes de volailles sont utilisés pour la fertilisation. Le salissement des parcelles est géré par l’utilisation de matériels spécifiques, propriétés de Cuma voisines.

Peu d’argent engagé
L’année 2016 a été très mauvaise dans toutes les systèmes de production, y compris en bio. Mais, assuré, Didier Robin a pu limiter la casse : «dans tous les cas, si l’année est mauvaise, nous perdons beaucoup moins d’argent en bio qu’en agriculture conventionnelle car l’investissement est tout autre».

La moisson 2017 est imminente: si celle-ci s’annonçait plutôt bonne avec un potentiel de rendement en blé estimé à 30 q/ha, Didier Robin envisage désormais d’en récolter deux fois moins, comme l’an passé, à cause du gel printanier et surtout de la sécheresse et de la chaleur du mois de juin.

Aurélien Genest

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