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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 22-06-2017]

Filière bovine

L’export, relais de croissance essentiel pour la production bovine de Bourgogne-Franche-Comté

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Des producteurs de viandes bovines des départements de Bourgogne-Franche-Comté se sont réunis pour faire le point sur la production et la filière. Des démarches structurantes, comme «cœur de gamme»  pour les viandes de race allaitantes et le développement des marchés à l’export, représentent des opportunités de croissance importantes pour la filière bovine régionale.
Une trentaine d’éleveurs, simples producteurs, responsables d’organisation de producteurs ou engagés dans l’interprofession, se sont réunis dernièrement dans le cadre de la section Bovins viande de la FRSEA BFC. «Il est nécessaire de se rencontrer pour avoir une vision partagée de la filière bovins viande de la région, pour échanger entre nous et avec ceux que nous mandatons pour nous représenter dans les instances nationales et européennes et de définir nos lignes directrices de défenses syndicales» explique Michel Joly, président de la section régionale, en introduction de la journée.
La question du prix et la situation économique et morale très difficile vécue par bon nombre d’éleveurs, sont très vite venues dans la discussion pour se focaliser sur la démarche «Éleveur et engagé» («cœur de gamme»). Au dialogue de terrain privilégié jusqu’à présent avec les enseignes de la distribution, des producteurs souhaitent passer à une forme d’action beaucoup plus revendicative. Michel Joly explique qu’en imposant une nouvelle segmentation de marché de la viande bovine, on peut mieux valoriser nos animaux en terme de prix. Sytème U d’abord, puis Carrefour, Leclerc, Casino, Auchan, ont signé. En région, une négociation est en cours avec le groupe Schiever. Il précise que maintenant il s’agit d’obtenir des résultats concrets dans les rayons, sinon la méthode va se durcir.
La matinée s’est poursuivie par une présentation d’Isabelle Tisserand, directrice d’Interbev, des programmes d’action soutenus par le comité régional Interbev, notamment l’action Made in Viande, qui s’est déroulée du 17 au 21 mai. L’importance de la prise de parole par les éleveurs pour expliquer le métier a été évoquée. À ce titre, deux formations seront bientôt proposées. L’une portera sur la prise de parole sur les bien-être animal et l’autre concernera les réseaux sociaux.
Les échanges se sont poursuivis avec un état des lieux de la filière bovins viande, réalisé par Philippe Deponge, de la Chambre régionale d’agriculture BFC, dans le cadre de l’audit filière engagé depuis quelques mois et financé par le Conseil régional. La production bovine se compose du cheptel «vache allaitante» (526 000 têtes) et du cheptel «vache laitière» (263 000 têtes). Huit broutards sur dix sont exportés.
Jean-Pierre Fleury, président du groupe viande au Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles) basé à Bruxelles, a ensuite présenté les dossiers européens et internationaux comme la PAC, les trois défis du Brexit avec (le règlement du «divorce», préparation de la future relation UE27 / Royaume-Uni, le fonctionnement de l’UE à 27), l’impact du CETA sur la viande avec la question des contrôles «qualité», la vérification des modes de production et les conséquences sur les prix (jusqu’à -30 % sur les cours en période d’arrivée des volumes canadiens) et enfin, l’intérêt offensif de tous les pays du Mercosur sur la viande bovine !
Le président du groupe viande au Copa a poursuivi son exposé sur le Droit de la concurrence, dossier qui exige une grande  vigilance et dont les objectifs visent à renforcer la position des producteurs dans la chaîne, de permettre aux agriculteurs de s’organiser, de faciliter collectivement la négociation des prix et la gestion de la production et de légiférer au niveau UE sur les pratiques déloyales.

Emmanuel Bernard, président de la commission Export à Interbev France, a présenté les marchés de la viande bovine à l’export. Le marché de la viande et du vif en filière bovine dépend beaucoup de l’évolution du commerce extérieur. Deux facteurs importants à l’export : la complémentarité car il faut offrir une palette de produits et la capacité à répondre à des volumes. Aujourd’hui, tous les «faiseurs» de viande regardent vers l’export.

Pour s’affirmer sur les marchés à l’export, l’interprofession a créé une nouvelle identité de marque pour la viande bovine française : «French beef, a taste of terroirs». L’objectif est de dynamiser les échanges commerciaux de viande bovine avec l’étranger en misant sur la tradition gastronomique française. «Depuis son lancement ça fait un carton !» appui Emmanuel Bernard.
Parmi les pistes évoqués pour la filière Bovins viande, nous retiendrons que s’il faut chercher à développer l’engraissement en Bourgogne-Franche-Comté, le dispositif «cœur de gamme» d’Éleveur et Engagé peut y contribuer, mais les marchés à l’export représentent aussi un véritable relais de croissance pour la filière bovine régionale. Il est particulièrement important d’envisager l’avenir de la filière en lien avec les attentes des pays étrangers. Le développement des marchés à l’export fait partie des leviers d’action majeurs pour l’équilibre de la filière bovine de Bourgogne-Franche-Comté. Celle-ci à une carte à jouer par un positionnement qualitatif et marketé, avec mise en avant de l’élevage à l’herbe, de la haute valeur génétique des produits à destination des clients ou du suivi vaccinal.

Communiqué de la FRSEA BFC

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