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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 22-04-2021]

Zoom sur les races laitière

Elles font le lait en Côte-d’Or

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Michel Payot, président du syndicat montbéliard.
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Benoît et Élisa Pech, avec Herbe et Madisson.
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Michel Menestrier, avec une très belle Simmental issue du troupeau de Sylvain Aubry.
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Mickaël Clerget, éleveur à Courcelles-Frémoy.
Le département compte quatre races laitières, chacune représentée par un syndicat.
Petit tour d’horizon en compagnie de leur président respectif.
Montbéliarde, l’omniprésente
En chiffres
La Montbéliarde est présente dans 55 élevages en Côte-d’Or, aucune autre laitière ne fait mieux dans le département. D’après Alysé, les troupeaux comptent en moyenne 77 vaches. Quelques caractéristiques sur les exploitations concernées : 15 % sont équipées d’un robot de traite, 9 % sont en agriculture biologique et 18 % appartiennent à la filière AOP Époisses. La production de la dernière campagne s’élève à 7 142 litres par vache, avec un TB à 41,3 et un TP à 33,5. Le taux cellulaire s’élève à 302 000.
Commentaires
Michel Payot préside le syndicat Montbéliard depuis 2016. L’éleveur d’Étrochey livre son analyse : « La Montbéliarde est une très bonne race mixte, avec notamment une belle valorisation bouchère des veaux et des réformes ainsi qu’un lait fromager riche en matières grasses et en protéines. Notre race est répertoriée dans le cahier des charges de l’AOP Époisses comme la Brune et la Simmental, c’est un gage de qualité et de valorisation pour les élevages adhérents. La Montbéliarde se prête très bien au bio car elle conserve un bon potentiel de production. Le taux cellulaire dépasse la barre des 300 000 : c’est un problème lié au milieu et à l’augmentation de la taille des troupeaux, sur lequel nous nous penchons sérieusement. La Montbéliarde a considérablement progressé sur le plan génétique ces dernières années, je pense notamment à la production laitière, à la conformation, aux mamelles… Elle va continuer sur cette lancée grâce à la génomique, déjà utilisée par environ deux tiers des éleveurs. Notre défi futur – et même présent – est d’aller encore plus loin dans l’autonomie fourragère. Le changement climatique nous perturbe. Nos élevages tentent de s’adapter et travaillent de plus en plus avec des cultures fourragères, au détriment du maïs qui est très gourmand en eau ».
Le syndicat
La mission du syndicat Montbéliard a considérablement évolué ces dernières années, comme l’indique Michel Payot : « notre structure n’a plus la même vocation qu’avant. À l’origine, elle faisait le lien entre les éleveurs, la coopérative d’insémination et l’organisme de sélection. Nous avions notre mot à dire sur le choix des taureaux, mais la génomique est arrivée. Seuls, il n’est plus possible de réaliser un plan d’accouplement. Notre syndicat s’attache désormais à réunir les éleveurs sur des thématiques bien ciblées, toujours en lien avec la génétique, dans l’idée de faire progresser nos exploitations respectives. Nos adhérents prennent un malin plaisir à se retrouver tous ensemble lors de nos journées de travail. Un rajeunissement important de notre conseil d’administration est à relever : lors de notre rendez-vous du 12 mars, nous avons accueilli Baptiste Jacquet (Riel-les-Eaux), Romain Legros (Beaumont-sur-Vingeanne) et Pierrick Verne (Saint-Symphorien-sur-Saône), c’est une énorme satisfaction. Nos jeunes viennent de toute la Côte-d’Or et apportent du dynamisme à notre syndicat ».
L’exploitation
Michel Payot est l’un des quatre associés du Gaec du Mont Lassois. La dernière édition de Terres de Bourgogne a présenté la diversification mise en place il y a dix ans sur cette ferme du Châtillonnais. Celle-ci transforme un tiers des 600 000 litres produits par les 80 vaches Montbéliardes du troupeau. Les produits laitiers du Gaec du Mont Lassois sont écoulés dans très nombreux points de vente, aux quatre coins du département. Le passage en agriculture biologique en 2016 a multiplié les débouchés.

Prim’Holstein, la spécialiste
En chiffres
La Prim’Holstein est une race très productive, qui domine une fois encore le classement côte-d’orien. Une moyenne de 7 765 litres de lait par vache a été enregistrée lors de la dernière campagne. Cette race laitière par excellence est présente dans 39 élevages du département. Chaque troupeau est composé en moyenne de 82 vaches. Le TB et le TP sont respectivement à 39,8 et 32,4. La Prim’Holstein domine également le classement du plus fort taux cellulaire, à 342 000. Alysé indique que 23 % de ces exploitations sont robotisées, 13 % ont franchi le cap du bio.
Commentaires
Benoît Pech, président du syndicat Prim’Holstein, évoque les caractéristiques de la race qu’il élève à Saint-Seine-sur-Vingeanne : « Sa grande spécialité est bel et bien la production, notre vache est même largement en tête au niveau national. Elle représente 65 % du cheptel laitier français et produit à elle seule 80 % du lait dans l’hexagone. En contrepartie, la Prim’Holstein est un peu moins performante dans les taux, c’est certain. Nous sommes toutefois en nette amélioration depuis plusieurs années, la génétique nous permet de réaliser d’intéressants progrès et cela risque de continuer. Un autre point nous rend optimistes : plusieurs paramètres de l’Isu ont été très récemment modifiés pour travailler davantage la morphologie et la longévité. Nos vaches vont devenir plus solides, avec aussi des améliorations dans la locomotion qui devraient diminuer l’impact de la maladie de Mortellaro. Le taux cellulaire est lui aussi un gros problème sur certaines exploitations, où les bâtiments sont souvent chargés. Ce paramètre impacte le revenu des éleveurs. Là encore, nous portons de nombreux espoirs en la génétique, les nouvelles générations de vaches sont très prometteuses ».
Le syndicat
Benoît Pech a été élu à la tête du syndicat en 2018 en succédant à l’indétrônable Guy Buntz. « Guy a occupé ce poste pendant 18 ans, nous l’avons tous remercié pour sa grande implication. C’est une grande fierté pour moi de présider ce syndicat car j’ai toujours aimé la Prim’Holstein », commente le jeune éleveur. L’organisme a vocation à promouvoir et développer la race à robe pie noire en Côte-d’Or. « Notre rôle consiste aussi à rassembler les éleveurs à l’occasion de notre assemblée et lors de diverses manifestations », ajoute le président. Des sorties à thème sont notamment organisées chaque année, hors période covid : « nous nous associons à chaque fois au syndicat Montbéliard. L’an passé, nous avions prévu de nous rendre dans l’Ain pour visiter une exploitation qui brille en concours, qui présente régulièrement des taureaux en station, qui travaille dans la transformation et qui a fait le choix de la méthanisation. Ce déplacement a été annulé et ce sera encore le cas cette année, à cause de la crise sanitaire ». Les éleveurs de Prim’Holstein devaient se rendre à la fête départementale de l’agriculture organisée par le canton de Saint-Seine-l’Abbaye : « des concours laitiers étaient programmés mais l’évènement n’a pas pu se dérouler, c’est dommage. Nous étions pourtant motivés. Historiquement, il est vrai que nous sortons assez peu en concours. Nous ne sommes pas dans le berceau de la race et il n’est jamais trop évident de préparer des bêtes pour ce genre d’évènement qui prend beaucoup de temps. C’était l’occasion ».
L’exploitation
Benoît Pech a repris la ferme de ses grands-parents en 2011. Ce producteur laitier de 31 ans élève une cinquantaine de vaches Prim’Holstein pour une production annuelle d’environ 450 000 litres. Son épouse Tiffany l’a rejoint dès 2012 mais continue de travailler à l’extérieur : « la conjoncture ne lui permet pas de rester à temps plein sur l’exploitation, d’autant que nous avions pas mal investi à l’époque, notamment dans notre bâtiment. Tiffany m’aide notamment dans le travail administratif, qui est de plus en plus conséquent. Nous nous sommes lancés dans une diversification en 2017 avec la transformation d’une partie de notre lait en glaces fermières, mais nous avons fait une pause dans cette activité. Il est compliqué d’investir dans un atelier de transformation. Avec la crise sanitaire, il aurait été difficile de travailler puisque 90 % de nos ventes se faisaient sur des marchés… ». Benoît et Tiffany Pech ont réfléchi, un temps, à une conversion en agriculture biologique : « nous voulions savoir si cette orientation pouvait être intéressante pour nous. Nous avons réalisé les études nécessaires. Financièrement parlant, il s’avère que nous n’avons rien à gagner… En effet, même si le lait était mieux valorisé, il faudrait consacrer beaucoup trop de cultures de vente à l’alimentation de nos animaux. De plus, notre laiterie met le frein sur le bio car le marché ne se développe pas aussi vite que prévu ».

Simmental, la polyvalente
En chiffres
La Simmental est une race mixte par excellence. Ses 7 185 litres de lait par vache et par an sont couplés à un TB de 40,3 et un TP de 34. Son taux cellulaire est le moins élevé du département (235 000). Parmi les 22 exploitations qui élèvent des Simmental en Côte-d’Or, près d’une sur deux (41 %) travaille en AOP époisses, 14 % ont également fait le choix de l’agriculture biologique. Les troupeaux Simmental sont les moins garnis du département avec une moyenne de 67 vaches.
Commentaires
Un brin chauvin, Michel Menestrier décrit la Simmental comme la « meilleure des races » : « C’est incontestablement la plus équilibrée, elle fait du lait et de la viande, ses taux sont toujours bons. Ses fonctionnels sont un autre atout. Cette vache s’adapte très bien au bio ainsi qu’à la traite robotisée ». Les faibles effectifs de la Simmental en Côte-d’Or s’expliquent par des raisons historiques datant de l’après-guerre, selon le président du syndicat Simmental : « je pense effectivement que cette race – très développée en Allemagne – a souffert des évènements du passé. Nous n’avons pas toujours été très réactifs pour nous inspirer des progrès génétiques d’outre-Rhin. Nous sommes en train de combler nos lacunes. Une chose m’a marqué il y a quelques semaines, lors de la vente du troupeau de Sylvain Aubry à Jours-les-Baigneux : plusieurs producteurs d’autres races n’ont pas hésité à se procurer plusieurs vaches Simmental… C’est de bon augure pour la suite ».
Le syndicat
Michel Menestrier liste les intérêts multiples du syndicat qu’il préside depuis deux ans, en ayant justement succédé à Sylvain Aubry : « il est très utile pour créer de l’émulation et rassembler. Mais depuis l’apparition du coronavirus, les occasions de nous rassembler ont été annulées, c’est dommage. Nous avons toutefois organisé une visite d’exploitation courant janvier, à l’EARL Girardot à Dampierre-en-Montagne. La majorité de nos adhérents étaient présents… Cette rencontre a démontré le besoin que nous avions de nous retrouver dans ce contexte si particulier ». Le syndicat Simmental encourage les éleveurs à participer à des concours, la génétique de Côte-d’Or se distingue d’ailleurs très régulièrement dans ce type d’évènement. Michel Menestrier aborde ensuite les enjeux de la race : « notre syndicat met en avant nos propositions à l’échelon national. Nous devons concentrer tous nos efforts sur le génotypage (mâles et femelles) pour continuer à progresser. S’adapter aux besoins de la jeune génération est aussi essentiel. Les logettes et les robots sont de plus en plus nombreux : les vaches doivent avoir de bons aplombs et toujours de bonnes mamelles. Le défi de l’autonomie fourragère, non spécifique à notre race, a aussi toute son importance ».
L’exploitation
Michel Menestrier élève 75 Simmental à Villy-en-Auxois, avec une production annuelle moyenne de 7 500 kg de lait par vache. Le Côte-d’orien de 55 ans travaille en filière époisses depuis la création de l’AOP en 2001. Cette orientation lui permet de mieux valoriser sa production : « je n’ai pas encore les chiffres définitifs de cette campagne mais le prix des 1 000 litres devrait tourner autour de 415 euros en comptant les bonus, y compris les primes d’été. La plus-value est certaine, mais celle-ci mériterait d’être plus conséquente, au vu des contraintes et des frais supplémentaires liés au respect du cahier des charges de la filière. À titre d’exemple, la prime de lait d’été est difficile à obtenir avec le climat que nous avons ces dernières années. Nous devons produire 23 % de notre litrage en juillet, août et septembre, ainsi que 8,5 % en octobre pour prétendre à une plus-value de 40 euros les 1 000 litres. En AOP époisses, nous devons être autonomes à au moins 85 % de la ration ». De leur propre volonté, les éleveurs de l’AOP se sont engagés – il y a déjà une dizaine d’années – à produire du lait non OGM : « la prime qui nous est accordée a longtemps été de 4,50 euros les 1 000 litres, elle vient de passer à 9 euros. C’est mieux mais pas encore suffisant. J’ai en effet le sentiment que nos efforts ne sont pas récompensés, il s’agit pourtant d’un argument de vente pour les industriels. À titre de comparaison, certains conventionnels consacrent parfois 15 euros à cette prime ». Michel Menestrier est également sur le territoire de l’IGP Soumaintrain : « nous avons la double appellation mais il n’y a aucune valorisation supplémentaire, là non plus ».

Brune, la rustique
En chiffres
Trente-six exploitations côte-d’oriennes sont spécialisées en race Brune, les cheptels comptent en moyenne 83 laitières.
La production annuelle atteint 7 667 litres par vache lors de la dernière campagne, avec un TB à 41,7 et un TP à 35,2. Le taux cellulaire est de 281 000. Alysé informe que 42 % des exploitations sont équipées d’au moins un robot de traite, 5,5 % ont fait le choix de l’agriculture biologique. À noter également que 31 % des cheptels produisent pour la filière AOP Époisses.
Commentaires
« La rusticité et la docilité font partie des principales qualités de la vache Brune », mentionne Mickaël Clerget, président du syndicat brun, « cette race laitière adaptée au climat montagnard et à la chaleur fait des taux et du lait de qualité utilisé pour la fabrication fromagère. Beaucoup d’exploitations sont robotisées. Cela montre deux choses : nous manquons de main-d’œuvre et les éleveurs n’ont pas envie d’arrêter la production. Les effectifs par exploitation arrivent en tête par rapport aux autres races : j’y vois également un signe positif. Les gens sont contents de la Brune ».
Le syndicat
Mickaël Clerget préside le syndicat brun depuis une quinzaine d’années : « notre structure rassemble les éleveurs, elle assure la promotion de la race, motive tout le monde et entretient une belle solidarité entre nous. Notre grand rendez-vous annuel est sans conteste le concours interrégional de Châtillon-sur-Seine. La nouvelle vient de tomber : l’édition 2021 est annulée… L’esprit familial de la Brune est coupé dans son élan à cause de la pandémie. Nous réfléchissons à l’organisation d’un petit événement qui pourrait être une vente d’animaux, qui serait assurée aux mêmes dates par Brune Expansion. La mise en place d’un dispositif d’achat à distance permettrait de limiter les concentrations de personnes, les déplacements et les contacts. Nous pourrions aussi tenir les assemblées du syndicat, de Brune Expansion et de la Fédération Gen Brune par la même occasion. Une décision sera prise très prochainement ». Le syndicat côte-d’orien est adhérent à Gen Brune depuis la création de cette fédération il y a trois ans. Celle-ci comprend également les syndicats de la Haute-Marne, des Hauts de France, ainsi que des départements historiques de la zone Eurogénétique quelque peu élargie. La présidence de Gen Brune est assurée par Alain Terrillon, éleveur côte-d’orien domicilié à Griselles.
L’exploitation
Mickaël Clerget élève 160 vaches avec sa compagne Linda Sureau à Courcelles-Frémoy. Leur troupeau est composé de Brunes, bien sûr, mais aussi d’un tiers de Prim’Holstein. Le Gaec Sureau-Clerget a franchi le cap du bio il y a peu. La première année de production s’est soldée sur une belle valorisation avec un prix de base moyen de 470 euros/1 000 litres. Un gain supplémentaire de 20 euros/t a même été décroché grâce à la qualité du lait.
Le prix de l’aliment, proche de 600 euros la tonne, ne permet aucun écart. Le passage en bio a engendré une baisse de la production, mais celle-ci tend à remonter avec les efforts des éleveurs. Ces derniers ont totalement arrêté les grandes cultures, pour se consacrer exclusivement au défi de l’autonomie fourragère.
Le maïs n’est plus cultivé sur la ferme, les méteils sont dorénavant privilégiés avec notamment du triticale de l’avoine et du pois fourrager. Les mélanges graminées/légumineuses les mieux adaptés à leurs terres sont sans cesse recherchés.

AG

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