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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 21-04-2021]

Alimentation

La viande, élément d’équilibre

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Pour Nathalie Vanden Bulcke, travailler avec Interbev, c’est pouvoir s’appuyer sur des supports pédagogiques pertinents, bien être consciente des réalités du métier d’éleveur, et fournir des éléments objectifs sur la place de la viande dans les régimes al
Nathalie Vanden Bulcke est diététicienne, installée dans le sud de la Saône-et-Loire. Elle fait des interventions en lien avec l’interprofession bétail et viande (Interbev) auprès de scolaires et de futurs diététiciens. Une approche intéressante à découvrir dans le contexte général de plus en plus tendu entourant la consommation de viande.
Diététicienne libérale installée dans une maison de santé à Crêches-sur-Saône, au sud de Mâcon, Nathalie Vanden Bulcke a une activité globale très diversifiée, jalonnée par de nombreuses consultations qui constituent son ordinaire. Elle intervient aussi en milieu hospitalier. Son travail la mène parfois vers d’autres horizons, plus surprenants. C’est ainsi qu’elle travaille depuis une vingtaine d’années avec l’interprofession Bétail et Viandes Interbev Bourgogne Franche-Comté. « Je suis membre, explique-t-elle, d’un réseau national de diététiciens qui collabore avec cette interprofession. Travailler en commun est très intéressant. Je me souviens que, lorsque j’étais en école de diététique, on nous encourageait à aller sur les salons ou les congrès traitant de la nutrition et on y croisait souvent les interprofessions. Je trouvais qu’elles proposaient des supports pédagogiques très ludiques, pratiques et pertinents et lorsque j’ai su qu’avec Interbev, j’avais la possibilité de parler de nutrition avec des supports bien construits, et d’aller dans des univers où je ne serai pas allée de mon propre chef, j’ai compris que j’avais là la possibilité de toucher d’autres publics, plus larges ».

« Mieux faire connaître la viande »
Avec Interbev, Nathalie Vanden Bulcke a d’abord réalisé des interventions dans les écoles primaires de cycle 2 (du CP au CE2), interventions qu’elle poursuit toujours. Il est important de préciser qu’elle, comme ses confrères et consœurs du réseau auquel elle appartient, est totalement indépendante d’Interbev. Elle n’est pas salariée de l’interprofession. La rémunération, dans le cadre de ses interventions, se fait sur une base d’honoraires. « Notre discours est calqué sur les recommandations et les données scientifiques mises à jour. L’objectif n’est pas de dire qu’il faut absolument privilégier la viande, mais de mieux la faire connaître et de lui laisser une place, sans qu’elle soit exagérée. Nous sommes conscients que trop manger de viande n’est pas forcément idéal dans la quête d’un équilibre alimentaire, mais elle a son importance et doit être présente ». Le message porté en complément d’Interbev consiste notamment à rappeler les raisons de maintenir la viande dans un régime alimentaire global « parce qu’elle apporte des protéines de bonne qualité, des vitamines B12, du zinc, du fer que l’on ne retrouve pas aussi bien assimilé dans d’autres aliments » ajoute Nathalie Vanden Bulcke. En revanche, la diététicienne insiste sur le fait qu’elle ne parle jamais de la viande, isolément. « On ne peut pas intervenir sur un aliment spécifique parce que notre approche professionnelle est indissociable d’une vision globale du régime alimentaire. Un aliment seul n’a pas grand sens… ».

Mesurer les évolutions
Si cette professionnelle apporte, par ses contributions, un plus indéniable aux interventions d’Interbev en milieu scolaire notamment, le bénéfice est mutuel. Nathalie Vanden Bulcke estime qu’elle a ainsi pu mieux connaître et comprendre les différentes facettes du métier d’éleveur, les impératifs qui s’imposent à eux, mais aussi, plus loin dans la chaîne, tout ce qui touche à l’abattage des animaux. « Il y a là, remarque-t-elle, de nombreux aspects qu’on n’aborde pas en détail dans la formation de diététicien. De par la formation que l’interprofession peut nous apporter, Interbev nous permet aussi d’être au fait des niveaux de consommation de viande, de leur évolution, des recherches menées au niveau de l’Inrae… On est au courant de toutes les évolutions qui touchent à la filière » . Intervenir comme elle l’a fait récemment auprès de futurs diététiciens en formation (voir encadré), permet aussi à Nathalie Vanden Bulcke de mesurer l’évolution des approches et des regards portés sur la viande. « Les choses ont beaucoup bougé ces dernières années, souligne-t-elle. On peut trouver des diététiciennes végétariennes, la profession est ouverte à tout, mais leur évolution est à l’image de celle, globale, de la société. Il y a aussi l’influence des nouveaux outils numériques qui orientent nos modes d’alimentation, telles que les nombreuses applications qui ont émergé récemment. Les futurs professionnels de la diététique ont une vision plus “éclatée” de la gamme alimentaire. Il faut garder à l’esprit qu’ils doivent aborder, en seulement deux ans de formation, un grand nombre de notions qui ont été considérablement bousculées ces vingt dernières années. Il y a la question de la viande, mais aussi celle du bio, l’alimentation nomade… Tout cela devient très “pointu” et il faut avoir un esprit large. On ne peut pas être diététicien seulement pour parler de nourriture. On parle, plus largement, de la manière de manger, de nos manières de vivre ». Nathalie Vanden Bulcke remarque d’ailleurs que ses méthodes de travail actuelles, lors de ses consultations en libérale, n’ont plus rien à voir avec ce qu’elle faisait il y a vingt ans. Les aspects psychologiques et environnementaux occupent aujourd’hui une place bien plus importante. « J’ai régulièrement des patients qui me disent qu’ils mangent moins de viande… sans toujours pouvoir expliquer les raisons de cette évolution. Ils sont parfois restés sur des messages où on leur disait que c’était mauvais. Ils peuvent être influencés par des idées reçues comme celle consistant à dire que la viande rouge serait trop grasse, alors qu’il ne faut pas réfléchir en termes d’espèces, mais en termes de morceaux. Dans les viandes rouges, deux tiers des morceaux sont à moins de 6 % de matière grasse. Il ne sert à rien d’éliminer complètement une nature de viande. On se doit, nous, de repositionner le discours, de guider nos patients, mais pas d’imposer quoi que ce soit. Néanmoins, sur la viande, il y a une tendance réelle à la diminution de consommation. Dans ce contexte-là, il faut guider les gens au mieux, leur apporter des arguments sur le fait que leur choix imposera peut-être de surveiller d’autres choses, notamment les vitamines B12 et le fer… Il y a aussi des gens pour lesquels tuer un animal pour le manger n’est plus concevable, mais il faut aussi rappeler que l’homme est omnivore, qu’il a besoin de tout. Ce n’est pas toujours simple. Les arguments font parfois défaut face à des discours qui manquent de recul ». Une quête d’équilibre toujours fragile et difficile à trouver…

Berty Robert

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