Abonnement Nous Contacter Participer Petites annonces Publications légales Extranet

YONNE

[Article mis en ligne le 21-01-2021]

Betteraves

Néonicotinoïdes : Que dit le projet d’arrêté sur la dérogation d’usage des semences de betteraves ?

photo article
Le projet d’arrêté, mis en ligne le 4 janvier, fait l’objet d’une consultation publique. (photo : CGB)
Alors que la loi permettant d’utiliser des semences de betteraves enrobées avec des néonicotinoïdes entre 2021 et 2023 a été promulguée le 15 décembre, un projet d’arrêté a été mis en ligne le 4  anvier, par le ministère de l’Agriculture, pour préciser les conditions d’utilisation de semences de betteraves enrobées pour 2021, ainsi que leurs contraintes. Ce projet d’arrêté fait l’objet d’une consultation publique jusqu’au 25 janvier.
Après une campagne betteravière 2020 désastreuse en termes de rendement, couplée à un travail collectif exemplaire de pédagogie en faveur du retour des NNI, la loi permettant d’utiliser des semences de betteraves enrobées avec des néonicotinoïdes entre 2021 et 2023 a été promulguée le 15 décembre (à la suite de l’avis conforme rendu par le Conseil constitutionnel le 10 décembre dernier).
L’entrée en vigueur de la dérogation pour les semis 2021 sera toutefois matérialisée par la publication d’un arrêté autorisant l’utilisation de semences de betteraves enrobées pour 2021 et précisant leurs conditions d’utilisation ainsi que les contraintes associées.
Dans cette optique, un projet d’arrêté a été mis en ligne le 4 janvier par le ministère de l’agriculture et fait l’objet d’une consultation publique jusqu’au 25 janvier prochain.
Alors, que retenir du projet d’arrêté ? Il autorise, à titre dérogatoire, l’utilisation de semences de betteraves traitées, soit avec de l’imidaclopride, soit avec du thiaméthoxame pour les semis 2021. Il est considéré que 2021 pourrait être semblable à 2020, en matière de risques de virose sur la betterave sucrière en France (conclusion étude Inrae).
Aussi, cette autorisation vaut pour un dosage de ces molécules inférieur de 25 % à celui utilisé historiquement, conformément à l’engagement pris par la filière dans le plan de prévention et sans risque majeur de réduction d’efficacité selon l’ITB.

De fortes restrictions
Alors, que penser de ce projet d’arrêté ? Ces restrictions reprennent les conclusions de l’avis de l’Anses. Cependant, elles vont beaucoup plus loin que les propositions de la filière et apportent de nombreuses restrictions dans le choix des cultures dans les assolements. Aussi, elles ne prennent pas suffisamment en compte les engagements forts des betteraviers à travers le plan de prévention de la filière et notamment de la réduction de 25 % des doses d’utilisation de NNI.
Quant aux risques ? Globalement, une telle application risque d’atténuer l’intérêt de la dérogation NNI que nous avons obtenue grâce à un travail exemplaire et collectif du syndicalisme, de la filière, de l’engagement fort de nos parlementaires et du ministère de l’Agriculture.
Plusieurs risques ressortent : un risque sanitaire majeur sur les rendements betteraviers, en se passant de semences de betteraves traitées aux NNI ; la réduction des surfaces betteravières (ce qui irait à l’encontre de l’objectif du renforcement de la filière par le maintien des surfaces betteravières, de la pérennité du tissu industriel français - 21 usines, 90 000 emplois directs, indirects et induits -, de la compétitivité de nos groupes coopératifs et des revenus betteraviers) ; d’imposer des modifications dans les rotations des cultures sur les exploitations, au détriment de la diversité des cultures et des bonnes pratiques agronomiques, des autres filières par la réduction de leurs surfaces, du revenu des exploitants, du bol alimentaire pour les pollinisateurs, et dans certains cas des objectifs du plan protéines et du bilan carbone des exploitations avec un impact sur les cultures de légumineuses.

« Répondre à la consultation publique est primordial »
Dans ce contexte, la mobilisation à la CGB, à la FNSEA, à l’ITB, dans toute la filière, à Paris et en local, est forte. Chaque décideur doit bien avoir conscience des conséquences d’une application trop restrictive de la dérogation NNI. Elle reviendrait à avoir des effets contraires aux objectifs recherchés pour la betterave et risquerait au passage de déséquilibrer certaines autres filières du fait de ses contraintes en matière de succession culturale.
Aussi, il est primordial que les betteraviers répondent à la consultation publique pour exprimer leurs craintes face à de telles restrictions à l’échelle de leur exploitation, tant sur leurs surfaces betteravières que sur leur assolement, la diversité des rotations, leurs revenus, l’appauvrissement potentiel du bol alimentaire pour les pollinisateurs, etc.
La consultation publique est disponible au lien suivant : agriculture.gouv.fr/consultation-publique-projet-darrete-autorisant-provisoirement-lemploi-de-semences-de-betteraves.

Benoît Yot, Directeur de la CGB Champagne Bourgogne

votre publicité
photo article

Grandes cultures - Les stations météo arrivent à leur tour dans les champs

[En ligne le 24-02-2021]

photo article

Horticulture - Se préparer avant les plantations

[En ligne le 17-02-2021]

photo article

L’histoire de l’agriculture 2/2 - Ces agriculteurs venus d’ailleurs

[En ligne le 10-02-2021]

RECHERCHE

ÉDITION N°1618

La une

LIENS EXTERNES

METEO

PUBLICITE

votre publicité

NEWSLETTER

Inscrivez vous à la Newsletter pour être toujours informé

Réseaux