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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 04-11-2020]

Communication

À la recherche des petits bruits qui en disent long sur l’alimentation

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Comment parle-t-on de l'alimentation sur Twitter ? Les agriculteurs ont leur mot à dire sur la question…
L’université de Bourgogne mène actuellement un travail de recherche qui se penche sur les discours liés au domaine alimentaire sur le réseau Twitter. Dans ce but, des agriculteurs vont être mis à contribution.
Rendez-vous était pris pour les 13 et 17 novembre, mais le reconfinement en aura décidé autrement : l’organisation de deux journées d’entretiens collectifs, dans le cadre du projet de recherches universitaires «Cocktail», auxquelles des agriculteurs étaient invités à participer, est finalement reportée au mois de décembre, en espérant que, d’ici là, la situation sanitaire se sera un peu améliorée. Qu’est-ce que «Cocktail» ? Il s’agit d’un projet de recherche porté par plusieurs entités (des chercheurs en sciences de l’information et la communication, en informatique, en sciences cognitives ainsi qu’en sciences des aliments, des entreprises du domaine informatique et le pôle de compétitivité Vitagora, spécialisé dans le goût, la santé et la nutrition) et dont l’objectif, comme le rappelle Gilles Brachotte, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bourgogne, en charge de son pilotage «est de créer un observatoire des tendances, des innovations et des signaux faibles circulant dans les discours du domaine alimentaire sur Twitter».

Ces petits riens qui font beaucoup…
Qu’entend-on par «signaux faibles» ? Il s’agit de singularités, de choses qu’on ne perçoit pas de façon visible, (un «like» sur un tweet, un partage de tweet, un commentaire…), une sorte de monde abstrait constitué de données qui ont l’air anodines dans le flot d’informations, mais qui, une fois rassemblées, peuvent donner du sens. Dans ce cadre, les agriculteurs, en première ligne dans la chaîne de l’alimentation, peuvent être porteurs d’informations précieuses. «Depuis 2010», poursuit Gilles Brachotte, «nous travaillons avec plusieurs laboratoires, notamment au sein du Centre des sciences du goût et de l’alimentation (CSGA) et du centre Inrae, tous deux à Dijon, sur l’analyse des «big data», ces flots de données énormes générés par l’activité d’internet. Nous le faisons en particulier sur le réseau social Twitter. Jusqu’à présent, c’était surtout par rapport à la communication politique, afin d’essayer de comprendre ce qui se disait à travers ces réseaux sociaux». Ce travail est mené selon une double approche : celle concernant l’informatique, l’intelligence artificielle et les flots de données, et celle de la communication. Pour ces chercheurs, il est impossible aujourd’hui de traiter ces masses de données. C’est pourquoi ils ont imaginé cet observatoire. «En nous associant, nous pouvons essayer de comprendre ce qui se dit sur un réseau, concernant la thématique de l’alimentation. Nous allons collecter et stocker des tweets, en fonction de certains critères, puis nous allons mettre en œuvre des algorithmes qui vont nous faire ressortir des singularités de toutes ces données. Globalement, les grosses tendances, nous les connaissons, mais ce qui nous attire, ce sont les signaux faibles, qui peuvent nous permettre d’être dans l’anticipation de ce qui peut arriver. C’est le moyen de faire émerger, sur une thématique, des choses qu’on ne détecte pas à première vue, mais qui disent pourtant beaucoup».

Des industriels, des décideurs, des agriculteurs…
Dans le cadre de ce processus de recherche, plusieurs catégories de population sont sollicitées au cours de focus groupes organisés à l’université de Bourgogne (voir encadré), qui doivent permettre aux chercheurs de comprendre le domaine alimentaire en question. «L’idée», précise Gilles Brachotte, «c’est de voir quelles sont les représentations des personnes à qui peut s’adresser le projet d’observatoire». Pour les agriculteurs, cela pourrait donc avoir lieu les 10 et 16 décembre, mais d’autres focus groupes sont prévus avec des industriels de l’alimentaire, des décideurs politiques, des acteurs de la santé publique, des adeptes du véganisme… «Il nous semble très important», conclut le pilote du projet, «de faire appel aux agriculteurs qui sont à la base de l’alimentation». Lors de ces focus groupes sera réalisée une action nommée «Du champ à l’assiette» au cours de laquelle il sera demandé aux participants de commenter toutes les étapes d’un produit, du champ de l’agriculteur à l’assiette du consommateur, en indiquant, pour chaque étape, ce qu’ils privilégient et ce qu’ils ne souhaitent pas.
Avis aux amateurs…

Berty Robert

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