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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 04-11-2020]

Élevage bovin

Le confort de la limousine

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Benoît Mimeur élève des limousines depuis 2010.
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La limousine est surnommée « moule à veaux ». Cette race est réputée pour ses vêlages faciles donnant des veaux vigoureux, engendrant moins de mortalité néonatale et moins de frais vétérinaires.
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Taureau sans cornes hétérozygote, vendu au printemps en Haute-Marne.
Un agriculteur de Pouilly-en-Auxois a fait le choix d’élever une race bovine aux qualités maternelles exceptionnelles.
Il le précise d’emblée : il ne souhaite en aucun cas dénigrer la race charolaise que sa famille et lui-même ont élevée durant de nombreuses années, voire plusieurs générations. Benoît Mimeur, 49 ans, partage seulement son expérience, « la plus belle de sa vie professionnelle » selon ses dires, depuis son changement de race bovine et une orientation vers la limousine : « J’ai entamé ma onzième année avec mon nouveau troupeau, je ne regrette pas du tout mon choix de l’époque, c’est certain. Cela a radicalement changé mon quotidien. Même mon père âgé de 83 ans reste impressionné par la conduite d’élevage et les qualités maternelles exceptionnelles de cette vache. S’il avait 20 ans aujourd’hui, il se lancerait à coup sûr dans la limousine, il me l’a encore dit très récemment ! ».

Début d’une belle histoire
Un élément « déclencheur » est survenu lors d’une nuit de décembre 2008 : « il devait être aux alentours de trois heures du matin, je m’en souviens très bien. Un vêlage se passait vraiment très mal, le veau ne s’en est d’ailleurs pas sorti. Au petit matin, j’étais en plein doute, en pleine réflexion. Pour dire vrai, j’ai complètement craqué cette nuit-là… Le stress des vêlages, l’angoisse et la fatigue de se lever chaque nuit ont eu raison de moi, je ne pouvais plus continuer ainsi. Assister une naissance sur trois n’était plus possible. Il y avait deux solutions : soit j’arrêtais l’élevage, soit je changeais de race… Stopper les bovins aurait été préjudiciable, car nous sommes ici sur un très beau territoire d’élevage. J’ai donc choisi la seconde option, j’ai fait des recherches sur internet en mettant le vêlage facile comme premier critère. J’ai tout d’abord trouvé la salers : après plusieurs visites d’élevages dans le secteur, je n’ai pas vraiment accroché car cet animal est, selon moi, trop éloigné de la charolaise. Mon attention s’est ensuite portée sur la limousine et là, ça a tout de suite matché ! ».

Une première commande
Benoît Mimeur tombe dans la foulée sur une annonce postée par un éleveur du Cantal : « celui-ci vendait des limousines, mon père et moi avons pris une journée et sommes allés les voir. Cette visite a été un véritable coup de cœur pour moi… En rentrant le soir à Pouilly, nous avions 20 génisses et un taureau en commande ». Tout s’enchaîne ensuite très vite pour l’éleveur côte-d’orien, qui opère un changement de race en seulement de trois ans : « je faisais partir un tiers du troupeau charolais en reproducteurs chaque année et j’achetais des limousines dans le même temps. J’avais, à l’époque, entre 70 et 80 vaches charolaises. Tout s’est plutôt bien passé, même si les ventes ne compensaient pas tout à fait les achats ».

Une totale satisfaction
Les conditions de vie de Benoît Mimeur ont aujourd’hui bien changé : « elles n’ont plus rien à voir avec ce qu’elles étaient autrefois. Le stress a totalement disparu. Quand je franchis le seuil de ma porte le soir, je ne pense plus au travail. Mes nuits sont désormais tranquilles. Je n’ai jamais eu de caméra pour surveiller les animaux et je ne suis pas près d’investir dans ce type de matériel. C’est une anecdote, mais je n’embête plus personne avec mes vêlages lors des fêtes de fin d’année, quand tout le monde est attablé ! ». L’éleveur illustre ses propos : « les vêlages se déroulent du 25 août au 15 octobre dans les prés. Sur 60 naissances, je n’interviens que deux ou trois fois, grand maximum. La plupart du temps, il s’agit de torsions ou de veaux qui arrivent par l’arrière : ces problématiques se rencontrent dans toutes les races bovines. Sur près de 600 veaux nés depuis dix ans, je n’ai eu que deux césariennes à réaliser. Dans 95 % des cas, la limousine vêle toute seule, les veaux peuvent même commencer de téter après seulement 15 minutes, c’est très appréciable ». Benoît Mimeur se dit aujourd’hui « plus près » de ses animaux : « avec ce type d’élevage très naturel dans son fonctionnement, je n’ai plus la tête dans le guidon comme avant. J’ai aussi l’impression de mieux gérer ma ferme dans sa globalité ». Une limousine reste néanmoins « une vache comme une autre » : « cela va sans dire, mais les boiteries, les problèmes de délivrance ou encore les veaux malades, cela continue d’arriver ! Oui, le vétérinaire vient encore sur l’exploitation, mais seulement cinq fois dans l’année ».

Travail de sélection
Benoît Mimeur se satisfait également de la rentabilité de son élevage inscrit au Herd-book limousin. L’éleveur valorise ses animaux par la voie de la reproduction en vendant une douzaine de génisses et une dizaine de taureaux lors de chaque campagne, en France et aussi à l’étranger. Ses broutards partent quant à eux en Italie, comme ses anciens charolais, avec un poids moyen de 410 kg. Trop éloigné des regroupements limousins, Benoît Mimeur ne participe à aucun concours, ce qui ne l’empêche pas de proposer des veaux dans deux stations d’évaluation. Joyau, l’un de ses reproducteurs évalués à Lanaud, avait affolé les compteurs en 2015 en atteignant une enchère exceptionnelle de 17 500 euros. « Cet animal, qui a été revendu depuis, avait permis de faire connaître mon élevage dans le monde de la limousine. Ce fut une très belle aventure », confie ce passionné de génétique. Ce dernier est persuadé que l’élevage limousin a de belles années devant lui : « il présente de nombreux atouts susceptibles d’intéresser les jeunes générations, je pense à son mode de conduite économique et encore une fois à ses facilités de vêlages, très appréciables dans un contexte où la main-d’œuvre manquera de plus en plus dans nos exploitations ».

AG

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