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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 12-08-2020]

Santé animale

Une société dijonnaise en pointe sur les bénéfices de la luzerne

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Samy Julliand a fondé Lab to Field il y a huit ans, en travaillant d’abord sur le système digestif des chevaux. Depuis, la société ne cesse d’élargir son périmètre à d’autres animaux.
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Une gastroscopie est menée afin d’observer les muqueuses de l’estomac d’un cheval de course. (Photo : Lab to Field)
Les vertus de cette plante, en matière d’alimentation animale, et plus particulièrement pour les chevaux, étaient déjà soupçonnées de longue date mais on manquait d’élèments scientifiques capables d’étayer cette hypothèse. Les choses vont changer avec les travaux menés par la société dijonnaise Lab to Field.
C’est la première fois, au niveau mondial, que des chercheurs se penchent, à une aussi grande échelle, sur la thématique de l’amélioration de la santé digestive et de son éventuel impact sur les performances d’un animal. Qui plus est, en prenant comme pivot de leurs recherches, la luzerne. Et cette première, c’est à Dijon qu’elle s’enracine, à travers la société Lab to Field. Créée il y a huit ans comme une émanation d’AgroSup Dijon par Samy Julliand, cette entreprise est spécialisée sur l’étude de la digestion chez le cheval, mais aussi pour d’autres animaux. Elle a été contactée par Luzerne de France, afin d’aider cet organisme à comprendre pourquoi, dans notre pays, on utilise relativement peu la luzerne dans l’alimentation du cheval. Dans de nombreux autres pays, on y a recours de manière plus intensive et cette plante est considérée comme bénéfique.

Acquérir des connaissances
Luzerne de France, en recherche de débouchés, a voulu savoir si le marché équin était intéressant de ce point de vue. Lab to Field, de manière tout à fait indépendante, a abordé cette question sous l’angle scientifique. « Nous avons parcouru toute la littérature scientifique existante sur le thème, précise le fondateur et dirigeant, Samy Julliand, et nous avons regardé les données qui pouvaient être intéressantes à creuser. Nous voulions voir si la luzerne permettait à l’animal de mieux digérer, d’améliorer les performances sportives, dans le cas de chevaux de course. Nous avons ensuite poursuivi nos recherches afin d’acquérir des connaissances qui faisaient défaut. Les premiers résultats obtenus se sont avérés intéressants ». C’est ainsi qu’a été mis en place, en 2018 entre Lab to Field et Luzerne de France, un programme, dans lequel on trouve également Désialis, important opérateur européen de produits déshydratés, dont la luzerne (80 % de la luzerne déshydratée commercialisée en France). Au sein de ce trio, la répartition des rôles est claire : Luzerne de France s’occupe de la communication des résultats obtenus dans les recherches et de la sensibilisation à la question de la communauté équine intéressée, Lab to Field produit la recherche nécessaire, et Désialis se charge du développement de produits adaptés. « Nous avons une grande maîtrise de tout ce qui touche à la branche équine, précise Samy Julliand, parce que nous baignons dedans depuis assez longtemps ».

Essais jusqu’en 2021
Le processus de recherche en cours confié à Lab to Field doit durer jusqu’en 2021. Ensuite, viendra le temps de la communication sur les résultats obtenus avant, peut-être, leur éventuelle traduction sous forme de produits alimentaires. La luzerne est porteuse d’un « profil de nutriments » adapté aux chevaux. « Si l’on compare l’herbe, poursuit le dirigeant de Lab to Field, et des céréales, des tourteaux, de la luzerne, des foins de prairies naturelles, c’est la luzerne qui, biochimiquement, va être la plus proche de ce qu’on peut trouver dans la pâture. De plus, avec la luzerne, l’énergie est amenée sous une forme respectueuse du « tractus » digestif du cheval (l’ensemble des organes qui constituent son appareil digestif, ndlr). Fondamentalement, le cheval est fait pour digérer de l’herbe, des fibres. Physiologiquement, il n’est pas adapté à la digestion de l’amidon, contenu en grandes quantités dans les céréales. S’il est nourri avec trop de céréales, cela engendre des problèmes… ». Autre constat en faveur de la luzerne : les chevaux aiment ça et en consomment très facilement. Par ailleurs, cette plante est riche en protéines et en minéraux, ce qui lui confère un fort pouvoir anti-acidité. On parle de « pouvoir-tampon ». Ces protéines et minéraux fixent l’acide pendant un certain temps et maintiennent un PH relativement élevé. « C’est une donnée très importante», souligne Samy Julliand : «de nombreux problèmes de santé du cheval, liés au tube digestif (ulcères, coliques, diarrhées) interviennent parce que le PH est trop bas. On dispose avec la luzerne d’un aliment qui permet de prévenir et limiter ce type de complication ».

Produire du muscle, repousser la fatigue
Lab to Field s’est d’abord penché sur les apports bénéfiques de la luzerne en matière de santé de l’animal, en donnant des quantités importantes, de l’ordre de 6 kg au quotidien, même si la moitié aurait été suffisante. De fait, aucun problème ne s’est posé. Dans un second temps, l’équipe de la société dijonnaise a regardé ce qui se passait si l’on remplaçait une partie des céréales par de la luzerne. Là encore, la santé digestive s’est trouvée améliorée. « Il reste maintenant à savoir si cette plante permet de guérir certaines maladies digestives évoquées dans la littérature scientifique. À cette fin, nous venons de mener un gros essai sur 80 chevaux malades, atteints d’ulcères gastriques. Nous avons regardé ce que cela donnait si on ne changeait rien, ou si on modifiait leur alimentation ». Les résultats consolidés de cette étude ne sont pas encore connus. En parallèle, Lab to Field mène, en interne cette fois-ci, un second essai pour voir l’impact de la luzerne sur les performances sportives des chevaux. « On attend des répercussions à différents niveaux, poursuit Samy Julliand. Pour fabriquer du muscle, il faut des apports protéiques suffisants. La luzerne est riche en protéines. Dans notre essai, nous avons un régime alimentaire classique distribué par les entraîneurs de ces chevaux, opposé à un régime modifié, dans lequel on a remplacé une partie des apports de céréales par des apports de luzerne. On va regarder si cette modification permet de produire plus de muscle, et plus vite. On peut également parvenir à repousser le seuil d’apparition de la fatigue. En ce moment nous procédons à de nombreuses mesures de paramètres musculaires, métaboliques, cardiorespiratoires, afin de voir si nos hypothèses se confirment ».
Ces essais ont démarré au printemps et vont se poursuivre jusqu’à l’automne. Rendez-vous est pris pour découvrir les conclusions qui en découleront.

Contact : www.lab-to-field.com

Berty Robert

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