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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 29-07-2020]

Climat

Nécessaires adaptations à l’évolution pour les filières végétales

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Le viticulteur isérois Nicolas Gonin constate cette année une précocité de trois semaines sur les vendanges de ces cépages locaux tardifs.
Dans toutes les filières le changement climatique oblige les agriculteurs à s’adapter. Vendanges plus précoces, choix de variétés plus rustiques et plus résistantes au stress hydrique, présence de ravageurs plus au nord… Autant de constats réclamant des ajustements quotidiens de la part des professionnels et du travail aux techniciens qui tentent de répondre au mieux à leurs besoins.
«Aujourd’hui, une exploitation qui n’a pas d’irrigation ne peut pas exister chez nous. Même les terrains profonds de la Dombes, qui ont plus de réserve dans le sol, n’arrivent pas à fournir l’eau nécessaire à la plante». Pierre Bouvier, céréalier à Balan dans l’Ain a constaté, il y a une quinzaine d’années, les premiers signes du changement climatique.
Cette zone très aride, érodée par les glaciers alpins, a laissé un terrain recouvert de graviers juste en dessous des premières couches du sol. Le manque de pluie le rend encore plus séchant. Pour pallier ce problème, le céréalier a augmenté petit à petit ses surfaces en blé. Malgré le fait que cette culture craigne les fortes chaleurs, «elle nous permet néanmoins d’avoir un peu plus de souplesse dans l’irrigation. On l’arrose moins et beaucoup plus tôt que les autres cultures. Dans un souci d’économie et en anticipation à d’éventuelles restrictions en eau, nous optons pour des variétés de céréales plus précoces», explique-t-il. Pierre Bouvier a moissonné ses blés fin juin, «au lieu de mi-juillet auparavant». Signe incontestable de l’avancée des stades végétatifs. «Cela n’est pas normal mais nous sommes de plus en plus nombreux à attaquer les semis fin mars au lieu de début avril…». Le changement climatique joue aussi sur le pourcentage d’humidité de la plante. «Historiquement, nous ramassions nos blés autour de 28 % d’humidité. Il y a deux ans nous avons ramassé à 17 % de moyenne. Cela faisait des années que nous n’avions pas ramassé aux normes (15 % d’humidité) avec des besoins en séchage très réduits. Ce qui nous a permis de faire quelques économies sur nos factures d’énergie».

Des ravageurs qui remontent vers le nord
«Nous constatons que les cycles végétatifs ont tendance à se raccourcir. Nous choisissons donc plus souvent des variétés précoces mais aussi plus rustiques et tolérantes à la sécheresse en fin de cycle, mais il faut toujours trouver le juste équilibre entre les critères de résistance aux maladies et les débouchés possibles pour les cultures… Le choix d’une variété est toujours multifactoriel», explique Prune Farque, responsable du service agronomique grandes cultures de Valsoleil et de la coopérative Drômoise des céréales (CDC). C’est particulièrement le cas dans le secteur de la Drôme des Collines où le terrain est sableux et superficiel et l’accès à l’irrigation difficile. «Ici, l’impact du réchauffement climatique peut avoir des conséquences économiques très fortes», précise-t-elle. Côté ravageurs, le climat chaud qui remonte vers le nord, voit leur présence s’installer là où il y a quelques années personne ne les avait encore observés. «C’est le cas de la pyrale du maïs. Habituellement, dans nos départements, on ne trouvait que la monovoltine (une seule génération par an). Nous commençons à trouver la bivoltine et la trivoltine qui se reproduisent désormais deux à trois fois par an». L’hiver étant raccourci, les orges, eux, ont vu arriver une population de pucerons sur une plus longue période, une pression expliquée en partie par le retrait du Gaucho, un néonicotinoïde désormais interdit pour lutter contre leur prolifération. En Nord Isère, celui qui avait décidé de sublimer les cépages anciens pour «donner du sens à son métier» est aujourd’hui plutôt satisfait de son choix. Nicolas Gonin, vigneron à Saint-Chef, a tout misé sur les cépages locaux de deuxième et troisième époques adaptés depuis plusieurs siècles à ce territoire.

Des vignes résistantes
À l’heure où ses confrères, cultivant des cépages modernes, ont tendance à vendanger de plus en plus tôt, il affirme «être plutôt bien loti». S’il vendangera, lui aussi, cette année trois semaines en avance, en faisant le choix d’implanter des cépages locaux robustes comme le servanin, dans des parcelles enherbées, le viticulteur observe des «vignes vigoureuses et résistantes, notamment à la sécheresse». «Il y a quinze ans, le changement climatique, on en parlait très peu. Je n’ai pas fait ce choix pour cette raison mais je me rends compte aujourd’hui que ça me sert aussi à lutter contre le réchauffement et à garder des dates de vendanges pas trop précoces».

Les cépages locaux et tardifs comme le bia blanc, le séreneze ou le chany gris, pas encore réinscrits au catalogue officiel des variétés de vigne, représentent selon lui de bonnes opportunités pour moins subir les aléas climatiques.

Alison Pelotier

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