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YONNE

[Article mis en ligne le 08-07-2020]

Moissons

Petit tour d’horizon après trois semaines de récolte

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Après les orges d’hiver, c’est au tour des blés d’être moissonnés.
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Les moissons continuent pour les agriculteurs du département qui sont déjà à trois semaines de récolte.
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Dans l’Yonne, d’importants dégâts de sangliers ont lieu dans les parcelles, comme ici dans un champ de maïs (photo d’archives).
Dans le département, les moissons se poursuivent. Aux Baudières (commune d’Héry), Bertrand Potherat a débuté les blés en début de semaine, avant de moissonner la moutarde dans les prochains jours, une culture devenue rare dans l’Yonne.
Petit tour d’horizon pour les moissons. Cette semaine, Bertrand Potherat, agriculteur aux Baudières (commune d’Héry) a pris le temps de nous accueillir pour faire un point sur l’évolution de la récolte. Et si beaucoup d’agriculteurs ont eu des rendements catastrophiques en orges d’hiver, ce n’est pas le cas de ce dernier qui les juge «pas mauvais par rapport à la moyenne de cette année». «Ils fluctuent aisément entre 45-50 qx/ha et 76 qx/ha pour les meilleurs», précise Bertrand Potherat qui s’estime «chanceux» de ne pas avoir été touché par l’infestation des pucerons d’automne.
Depuis le lundi 6 juillet, l’agriculteur moissonne les blés. «Par contre, là, cela va être une catastrophe, même si le poids spécifique (PS) ne semble pas mauvais», indique-t-il. «Le rendement a été dessiné par la sécheresse printanière».

L’un des derniers cultivateurs de moutarde
Dans quelques jours, Bertrand Potherat va s’attaquer à une autre tête d’assolement peu commune aujourd’hui dans l’Yonne : la moutarde. «J’ai 8,70 hectares. Il faut encore attendre un peu car jusqu’à maintenant, il n’a pas fait très chaud, donc il faut la laisser mûrir. Il faudrait qu’il y ait une alternance de pluie et de chaud pour que la moutarde mûrisse bien», détaille-t-il.
Alors, pourquoi avoir fait le choix de cultiver de la moutarde dans le département ? «J’ai décidé d’en faire après l’abandon du colza», répond Bertrand Potherat. «Dès l’instant où les cours ont chuté à 350-370 euros la tonne, par rapport aux charges qu’il y a et avec des insecticides inefficaces, j’ai décidé de changer de tête d’assolement».
Et pour lui, faire de la moutarde en Bourgogne semble assez logique. «C’est toujours plus sain de se dire que l’on travaille pour du local».

Cependant, «le rendement n’est pas garanti. C’est compliqué de produire de la moutarde à cause de la problématique insectes, mais c’est le cas de beaucoup de cultures. On a vu le cas cette année où cela s’est amplifié». Et l’année prochaine, un insecticide sera supprimé ce qui rendra la moutarde encore plus sensible à la pression insecte.
Alors, l’agriculteur envisage de laisser tomber cette culture. «À voir selon le rendement que je ferai, en espérant que cela couvre mes charges». Mais quelle tête d’assolement faire à la place ? «Surtout en culture automnale, il n’y a pas beaucoup d’issues», confie Bertrand
Potherat.

Les dégâts de sangliers impactent la récolte
Car la problématique insectes n’est pas la seule. «Il y a le tournesol, mais quand on voit la problématique qu’il y a avec les corbeaux et les pigeons, ça te freine», assure-t-il. «Je ferais bien des pois d’automne mais une fois semés, les sangliers sont dès le lendemain dans les champs. Je vais donc sans doute augmenter ma surface en légumineuses sur l’exploitation».

Cette année, Bertrand Potherat, comme énormément d’agriculteurs du département, a été fortement touché par les dégâts de sangliers. Des dégâts qui entraînent indéniablement des pertes de récoltes. «Dans les orges, les pois d’hiver, j’ai du resemer du maïs... et à mon avis ce n’est pas fini», se désole l’agriculteur.

«Sur la problématique sangliers, pour moi, il n’y a aucune issue. C’est terrible de dire ça. Mais je ne suis pas convaincu, même si j’ai envie d’y croire, qu’il y ait une issue positive à cette problématique. Où qu’on aille dans le département, il y a des dégâts», constate-t-il. «Je ne suis pas contre le fait d’avoir des sangliers, il y en a toujours eu, c’est naturel. Mais à ce point... Certains champs sont complètement ravagés».
Passer son permis de chasse pourrait être une solution pour lui. «Mais je ne l’ai pas encore fait par manque de temps», nuance-t-il. «Quand on est en période de vêlage et qu’on s’octroie un dimanche après-midi de repos, qui se traduit souvent par des tâches administratives au bureau, c’est compliqué de trouver le temps en plus pour aller chasser. Ce n’est pas un loisir pour moi. Mais à défaut, on s’est dit avec plusieurs collègues qu’il va falloir y passer pour essayer de faire bouger les choses», conclut Bertrand Potherat.
Des problématiques qui ne permettent pas aux agriculteurs d’appréhender les moissons dans les meilleures conditions...

Christopher Levé

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