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YONNE

[Article mis en ligne le 02-07-2020]

Moissons

«Un écart type incroyable» en orges d’hiver

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Les rendements en orges d’hiver et en pois d’hiver sont pour le moment catastrophiques.
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La JNO sur les orges d’hiver a pour conséquence une perte de 2,5 millions d’euros pour les agriculteurs adhérents de la coopérative Ynovae.
Les moissons continuent dans l’Yonne et la majeure partie des orges d’hiver ont été récoltées. Selon les premiers retours, les rendements sont désastreux avec une très grande hétérogénéité parfois même au sein d’une même exploitation. Heureusement, la qualité est pour le moment présente avec de bons taux de calibrages et de protéines.
La période des moissons a débuté tôt dans le département, avec plus d’une semaine d’avance selon certains secteurs. «On est à 45-50% des orges d’hiver de fauchées (chiffres au vendredi 26 juin, ndlr)», indique Jean-Luc Billard, directeur de la coopérative Ynovae. «En termes de quantité, c’est une année désastreuse», se désole-t-il. «Je crois que les rendements d’orges d’hiver (escourgeons) 6 rangs n’ont jamais été aussi mauvais sur la coopérative Ynovae», assure le directeur de la coopérative.
Des rendements relevés allant de 33 qx/ha à 70 qx/ha. «C’est un écart type incroyable. C’est très hétérogène, parfois chez les mêmes agriculteurs. Ce ne sont pas des secteurs à 33 qx/ha et d’autres à 70 qx/ha. Il y a des différences énormes parfois au sein de mêmes exploitations», constate Jean-Luc Billard.

2,5 millions d’euros de perte
Alors, comment expliquer ce phénomène ? «Il y a tout d’abord les conditions de semis, qui ont été faites dans l’humidité», répond le directeur d’Ynovae. «Ensuite, nous avons eu un épisode de pucerons qui a donné une virose appelée jaunisse nanisante de l’orge (JNO). Comme nous n’avons plus de moyens de lutte depuis l’interdiction d’utiliser des néonicotinoïdes, l’orge d’hiver est attaqué».
Une maladie qui va coûter beaucoup d’argent aux agriculteurs. «Il y a une perte d’environ deux tonnes à l’hectare.  Cette affaire là va coûter environ deux tonnes de l’hectare à la coopérative Ynovae et aux adhérents. Et deux tonnes multipliées par 8 000 hectares (chiffre représentant le nombre d’hectares total des adhérents de la coopérative Ynovae, ndlr), ça fait 16 000 tonnes. À un prix moyen de 155 €/t, c’est une perte de 2,5 millions d’euros pour les agriculteurs», détaille Jean-Luc Billard.
Sans compter la période de sécheresse qui a suivi. «Tout cela mis à bout, nous arrivons donc à une année désastreuse en orges d’hiver», ajoute-t-il. «Par contre, les taux de calibrage sont très corrects (supérieur à 85% en moyenne). Et les taux de protéines, en dehors des parcelles fortement touchées à la JNO, sont autour de 11 %».
Quant aux pois d’hiver ? «Nous avons récolté 15 % de la production (chiffre au vendredi 26 juin, ndlr) et c’est également désastreux. Cela va de 800 kg/ha à 12 qx/ha. Nous ne parlons jamais en kg, cela montre la catastrophe... D’habitude, nous sommes plutôt sur des rendements allant de 35 à 50 qx/ha. Nous espérons que le blé et les cultures de printemps (maïs et tournesols) vont rattraper ce qui est en train de se passer en début de récolte».

Un fonctionnement adapté
Les moissons ne font pas pour autant oublier la crise sanitaire et à la coopérative Ynovae, le fonctionnement a été adapté pour répondre au mieux aux mesures barrières. «Nous avons 45 saisonniers qui ont été formés pendant une journée pour les sensibiliser aux gestes barrières à respecter. Ils ont tout un paquetage sanitaire mis à la disposition de chacun», explique Jean-Luc Billard. «Nous avons des désinfections obligatoires, des zones de distanciation au sol... Les personnes ne peuvent pas aller où elles veulent comme elless le veulent, et cela se passent dans une bonne ambiance. Nos adhérents ont été très compréhensifs et on a pu les servir normalement car ils ont joué le jeu aussi. Nous sommes très prudents car à ce jour nous ne sommes encore pas sortis de cet épisode malheureux».
Et lors de la livraison des récoltes, la coopérative fait preuve d’innovation. «Nous faisons le prélèvement d’un échantillon, l’analysons, nous indiquons à l’agriculteur où il doit livrer sa marchandise, dans quelle fosse. Et sous cinq à sept minutes, avec l’application pour smartphone «Ynovae», l’agriculteur reçoit son bon. Il n’y a plus de papiers hormis le bulletin de livraison que l’agriculteur doit renseigner à l’arrivée». De quoi continuer à respecter les gestes barrières sereinement, même en période de récolte.

Christopher Levé

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