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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 25-06-2020]

Action syndicale

« À quoi joue l’administration ? »

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Vifs échanges avec le représentant de l’OFB (office français de la biodiversité).
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L’action syndicale a débuté devant les locaux de la Draaf (1) avant de se poursuivre dans la cour de la DDT et de l’OFB (2) où de petits murs ont été érigés. « C’est symbolique, nous voulons montrer que nous sommes au bout d’un système, que nous arrivons
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La FDSEA et les JA de Côte-d’Or ont manifesté la semaine dernière devant les locaux de la Draaf, de la DDT et de l’OFB, accusés de « remettre une couche » dans le dossier de l’agribashing.


Incroyable mais vrai : une page a été créée il y a quelques jours sur le site internet de la Draaf pour encourager les riverains à dénoncer les agriculteurs qui auraient de mauvaises pratiques phytopharmaceutiques. Cette page permettait à n’importe qui d’exprimer des doutes, voire de formuler des accusations, sur telle ou telle utilisation de produits de protection des plantes. Le tout, bien sûr, sans la moindre preuve requise, ni même de connaissances en agriculture. « C’est inadmissible. À quoi joue donc l’administration en faisant ça ? Cette plateforme encourage la délation agricole », déplorent Fabrice Faivre et Antoine Carré, présidents respectifs de la FDSEA et des JA de Côte-d’Or, qui ont aussitôt lancé un appel à la mobilisation syndicale pour « ne pas laisser passer ça ». Jeudi 18 juin, une soixantaine d’exploitants agricoles se sont rendus à Dijon, devant les locaux de la Draaf, de la DDT et de l’OFB.
« La fameuse page internet a été mise en ligne le 11 juin, c’est un peu une spécificité de notre région car seule l’Aquitaine en avait fait autant jusqu’à présent. Il faut savoir que toute dénonciation allait être suivie d’un contrôle de la gendarmerie », apprend Antoine Carré. La FDSEA et les JA sont « montés au créneau » en alertant Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, qui a elle-même contacté le ministère de l’Agriculture. « La page a été retirée dès le lendemain, mais nous avons tenu à maintenir le rendez-vous de ce jour pour exprimer notre énorme mécontentement. On nous répond que cette page a été créée pour répondre à des simplifications administratives, cela ne tient aucunement la route », ajoute le représentant des JA. Cette plateforme n’avait « vraiment aucun sens », selon lui : « nous sommes des personnes responsables sur nos exploitations. Tout ce que nous achetons et utilisons est enregistré. Nous n’avons pas à être contrôlés ni dénoncés par des citoyens qui ne savent pas ce que nous faisons la plupart du temps et qui, en plus, restent dans le strict anonymat sur cette fameuse page ». Antoine Carré fait aussitôt le lien avec l’agribashing : « nous sommes en plein dedans et l’administration y contribue avec cette incroyable démarche. Nous, agriculteurs, avons créé Agriloving pour redorer l’image de nos métiers et les expliquer au grand public mais aujourd’hui, les services de l’État mettent en place cette plateforme qui incite clairement à l’agribashing, c’est insoutenable ».

D’autres dossiers
Les manifestants ont abordé bien d’autres sujets avec les représentants de l’administration. Très remonté, Antoine Carré rappelait notamment la situation « désastreuse » du colza dans le département : « nous nous battons depuis des années pour conserver certaines molécules chimiques qui lui seraient bénéfiques, en vain. Cette culture devient impossible à maintenir en Côte-d’Or. Il y a pourtant toute une filière derrière, qui permet d’avoir du colza non OGM et de qualité. Tout est en train de tomber à l’eau. Au final, on va importer du colza canadien qui est lui OGM et bourré de glyphosate… Il y a beaucoup trop d’incohérences dans notre agriculture et nous le dénonçons encore aujourd’hui. Autre point incompréhensible : les aides bios sont supprimées, la Région l’a annoncé il y a un mois. C’est très étonnant. Certains agriculteurs rencontrent là aussi de grandes difficultés (ndlr : voir encadré) ».
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Trente mille euros dans le vent

Benjamin Boudier participait à cette action syndicale. Ce jeune agriculteur de 34 ans, venu de Gissey-sous-Flavigny, est particulièrement concerné par la diminution des aides au maintien de la filière bio : « Je me suis installé il y a quatre ans en reprenant la ferme familiale bio de mon père, sur 100 ha. J’ai repris, au début de l’année, une autre ferme bio voisine après avoir réalisé un plan d’investissements avec mon comptable. Je comptais bien entendu sur les aides au maintien bio, avec un déplafonnement puisque je suis en zone de captages. Cela représentait entre 25 000 et 30 000 euros et là, j’apprends qu’il n’y a plus d’aides… C’est très compliqué, je ne sais pas comment je vais faire. Mon gros coup de gueule du jour : tout le monde demande de l’agriculture bio, il ne faut plus de produits phytosanitaires mais, au final, l’administration ne tient pas ses engagements ».

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