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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 18-06-2020]

Adaptation

L’élevage mis à l’épreuve par le changement climatique

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Jean-Philippe Goron, conseiller élevage et entreprise chez Adice.
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Mickaël Coquard du Spel 69, société de conseil pour l’élevage
Habitués à composer avec les aléas météorologiques, les éleveurs sont les premiers témoins des effets du changement climatique. Au quotidien, ils sont déjà nombreux à devoir faire évoluer leurs pratiques pour le bien-être de leurs animaux.
Depuis le début des années 1980, le mercure a grimpé en moyenne d’environ 2 °C en France. D’ici 2050, ce sont encore 2 °C supplémentaires qui devraient être enregistrés si rien n’est fait, ce qui fait craindre aux agriculteurs un bouleversement de leurs conditions de travail. «Il y a quarante ans, le climat méditerranéen s’étendait jusqu’à Montélimar dans la Drôme. Depuis, on observe qu’il remonte chaque année de cinq kilomètres vers le nord ce qui en l’espace de quarante ans représente plus de deux cents kilomètres. Aujourd’hui, le seuil du climat méditerranéen se trouve au nord de Lyon ce qui explique que les conditions météorologiques d’hier ne sont plus les mêmes aujourd’hui», témoigne Jean-Pierre Manteaux de Conseil élevage Isère. Conséquence directe de ce changement climatique : les automnes et les hivers sont plus doux chaque année, les printemps plus précoces et les étés toujours plus secs avec des épisodes très réguliers de stress hydrique. «Les agriculteurs les plus touchés sont ceux dont l’exploitation est située à basse altitude car c’est là que les épisodes de sécheresse font le plus de ravages. À l’inverse, ceux qui se trouvent dans les hauteurs bénéficient aujourd’hui de cette hausse des températures mais cela ne devrait pas durer», explique Mickaël Coquard du Spel 69, société de conseil pour l’élevage.

Les bovins, premiers touchés par le changement climatique
«Plus encore que les caprins ou les ovins, ce sont les bovins qui sont les plus impactés car ce sont des animaux qui souffrent beaucoup de la chaleur. Entre - 5 et 10 degrés ils sont bien, mais au-delà de 20 °C, on constate qu’ils sont plus stressés que d’habitude ce qui impacte directement leur productivité et la composition de leur lait. Même les cycles de reproduction se retrouvent chamboulés par les variations climatiques», explique Jean-Philippe Goron, conseiller élevage et entreprise chez Adice. Pour Michel Pocachard de la chambre d’Agriculture du Rhône, «le problème du changement climatique en élevage est surtout celui de l’alimentation. Plus les saisons sont sèches et plus nous avons des difficultés à disposer d’un stock d’herbe suffisant pour faire pâturer nos animaux», alerte-t-il. Pour mieux faire face à cette nouvelle donne qui inquiète les éleveurs, plusieurs projets sont menés afin de mesurer l’impact réel du changement climatique sur l’alimentation des animaux et proposer des alternatives aux éleveurs. Entre 2007 et 2014, la chambre d’agriculture de l’Ardèche et l’Inra ont par exemple travaillé sur le programme Climfourel de recherche sur l’adaptation des systèmes fourragers aux variations climatiques. Très suivi, ce projet a permis de mobiliser les chambres d’agriculture aujourd’hui pleinement engagées dans l’accompagnement des éleveurs vers un changement de leurs pratiques.

Transformer son exploitation pour faire face à la hausse des températures
Sur initiative du Cniel (interprofession lait), l’Institut de l’élevage a de son côté lancé en 2015 le projet Climalait. Ce programme mené sur une vingtaine d’exploitations permet de simuler le changement climatique, de mesurer l’adaptation des troupeaux à celui-ci et de livrer des préconisations utiles aux éleveurs. «Nous sommes en mesure de prédire à quel moment précis de l’évolution du climat les éleveurs vont manquer de pâturage et devront apporter plus de fourrage à leurs animaux», explique Florence Maison, conseillère bovins lait à la chambre d’agriculture du Rhône ayant travaillé sur le projet Climalait. «Nous leur conseillons de semer des variétés qui résistent mieux à la sécheresse comme la luzerne ou encore de planter leur maïs plus tôt dans la saison afin qu’il puisse capter l’humidité du printemps. Nous les encourageons aussi à mettre en place des abris pour leurs animaux, que ce soit sur le bâtiment ou par des arbres plantés sur la parcelle». Des propositions partagées par Jean-Philippe Goron (Adice), pour qui le changement climatique devrait pousser chaque éleveur à revoir en profondeur l’organisation de son exploitation. «Les vaches produisent beaucoup de chaleur et il est donc nécessaire de rechercher au maximum l’effet parasol qui consiste à laisser passer l’air tout en stoppant la chaleur. Pour cela, les éleveurs doivent absolument prévoir des aérations dans le bardage du bâtiment et limiter autant que possible les matériaux translucides », explique-t-il. « En complément de ces mesures, il est également important de disposer des ventilateurs et des brumisateurs pour rafraîchir l’air ambiant et d’utiliser des caméras thermiques afin de surveiller la température à l’intérieur du bâtiment. Nous conseillons aussi aux éleveurs d’aérer au maximum la nuit et de faire attention à ce que leurs animaux disposent d’un volume d’eau fraîche suffisant».

Pierre Garcia

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