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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 18-06-2020]

Scolytes

La mobilisation forestière face à l’invasion

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Étienne Delannoy, le directeur de l’agence territoriale du Jura, montre les dégâts provoqués par les scolytes, des petits coléoptères qui creusent des galeries sous l’écorce, détruisant ainsi les tissus conducteurs de sève.
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Le scolyte est un insecte coléoptère particulièrement nuisible, qui creuse des galeries rayonnantes dans les arbres des forêts.
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Initialement en région Grand Est, l’épidémie de scolytes s’étend aujourd’hui sur la quasi-totalité des forêts d’épicéas de la moitié nord de la France.
L’année 2019 l’a confirmé : le changement climatique a des effets dévastateurs sur les forêts françaises. Sécheresse, insectes ravageurs ou incendies, les arbres, les résineux en particulier, subissent de nombreuses attaques sur l’ensemble du territoire.
Quels sont les effets du change­ment climatique ? Les forestiers se posent cette question depuis une quinzaine d’années déjà ! Mais la question devient de plus en plus d’actualité, vu le contexte climatique auquel a été soumise la forêt ces dernières années. 2017 et 2018 ont connu des étés secs, avec de grosses chaleurs et peu de pluies. Et l’hiver doux de 2018-2019 n’a fait qu’aggraver la situation… L’épicéa est l’essence la plus citée par les forestiers de l’Office national des Forêts (ONF). Ces derniers ont d’ailleurs organisé une journée destinée à la presse en forêt communale d’Es­serval-Tartre et à la sécherie de la Joux (Jura) pour bien montrer l’étendue du problème. Ce résineux souffre, en effet, d’un important stress hydrique couplé à l’attaque massive de petits coléoptères. Des scolytes, qui creusent des galeries sous l’écorce, détruisant ainsi les tissus conducteurs de sève (lire encadré). Initialement en région Grand Est, cette épidémie de scolytes s’étend aujourd’hui sur la quasi-totalité des forêts d’épicéas de la moitié nord de la France. 58 000 hectares de forêts publiques sont désormais identifiés comme «à reconstituer». De nombreuses coupes ont été réalisées - le plus rapidement possible - pour limiter l’expansion. Mais ces bois «scolytés» arrivent en excédent sur les marchés. Ces marchés sont saturés, désorganisés et les cours du bois s’effondrent. De 60 à 70 euros le m3 sur pied, les résineux se vendent actuellement autour de 20 euros le m3 !

Quels budgets pour les communes ?
Une situation qui ne manque pas d’inquiéter les communes forestières qui tirent souvent de la forêt l’essentiel de leurs ressources budgétaires. Michel Bourgeois, le président de l’association des communes forestières du Jura s’inquiète : «Nous avons peur pour les finances de nos communes. Nous n’arriverons pas à établir un budget en équilibre ou alors il faudra reporter ou annuler des investissements… Comment faire ?» Étienne Delannoy, le directeur de l’agence territoriale du Jura, complète avec un chiffre : 17 millions d’euros de recettes habituellement, et 13 millions seulement en 2019. L’ONF met en place une stratégie commerciale en réduisant de moitié les bois verts mis en marché et en les remplaçant par des bois «scolytés». Fort heureusement, ces derniers gardent une qualité qui n’est pas pénalisante au stade de la seconde transformation. Des bois sont également transportés dans les Landes où ils sont transformés en particules (bois de trituration ou broyés). Ces particules sont ensuite agglomérées pour la création de panneaux utilisés dans la construction.

400 peuplements classés
C’est l’un des éléments qui fait réfléchir à la réorganisation du marché, notamment pour les peuplements d’épicéas dont la valeur d’usage se trouve aujourd’hui déclassée. Et l’ONF teste déjà, avec des chercheurs, des essences susceptibles de s’adapter aux conditions futures, en un lieu donné… Représentant le premier maillon de la filière forêt-bois, la sécherie de la Joux de l’ONF mobilise les graines qui produiront les forêts de demain. Depuis 1950, l’Office avait fait construire cette unité, à Supt (Jura), pour y traiter les graines de résineux des­tinées au programme de reboisement d’après-guerre. Joël Conche et Olivier Guerry, responsables de la production, parlent de cet établissement où l’on traite la récolte de graines de 400 peuplements classés, couvrant 36 000 hectares des forêts domaniales françaises. Si la récolte de graines de feuillus s’effectue souvent depuis le sol, celle des résineux requiert l’intervention de cueilleurs spécialisés, en hauteur. Les fameux «écureuils !»  Les semences sont extraites des fruits puis nettoyées, triées, analysées, condition­nées et conservées afin d’être semées en pépinières. Ce sont plusieurs tonnes de graines et de semences qui sont ainsi traitées chaque année par cette sécherie qui détient 50 % du marché en France.

Michel Ravet

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