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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 20-05-2020]

Conjoncture

Crise sanitaire et végétation pressée

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Les filières viandes de Bourgogne Franche-Comté doivent composer avec des réponses de marchés très différenciées.
Selon Agreste Bourgogne Franche-Comté, la conjoncture agricole régionale actuelle se caractérise par des cultures qui, en dépit du manque de précipitations, ont poussé très vite. En viande bovine la situation est très hétérogène.
Selon le baromètre régional publié par l’organisme de statistiques Agreste, la conjoncture agricole en Bourgogne Franche-Comté est d’abord marquée par le manque de précipitations qui pèse sur les filières végétales. Cette période sèche n’a pas que des inconvénients : elle réduit fortement l’impact des maladies, particulièrement les maladies fongiques. Toutefois, le manque d’eau a dégradé les conditions de culture et les pluies récentes n’auront pas permis de compenser les dégâts, en particulier en sols superficiels. Les colzas, déjà très impactés par les insectes d’automne, ont vu leur potentiel affaibli par le manque de pluie. Les cultures présentent une grande hétérogénéité. Le potentiel des orges d’hiver est également mis à mal. Un record de précocité a presque été atteint pour les blés tendres. Ils sont affectés par les carences en eau et en azote et les pucerons sont abondamment présents. Du côté des orges de printemps, certaines parcelles semées très tardivement présentent des levées très hétérogènes. La pression sanitaire est caractérisée par une forte présence de lémas. Développement très hétérogène également pour les pois de printemps avec, là aussi, la présence de ravageurs. L’assolement de maïs est de nouveau en augmentation cette année : +8 % par rapport à 2019 et +20 % sur les cinq dernières années. La culture des tournesols vient compenser le recul de la sole des colzas. La surface est en augmentation de 39 % par rapport à l’an dernier.

Hétérogénéité pour les filières viande
Du côté de la filière lait, la baisse souhaitée des livraisons a démarré. Malgré une mise à l’herbe plutôt précoce et sous de bonnes conditions climatiques, la reprise saisonnière de la collecte de lait régionale a été jugulée. Pour ce qui concerne la viande, la crise sanitaire et économique n’a guère affecté le marché des broutards. Toutefois, fin avril, la conjoncture difficile en Italie commençait à faire hésiter les engraisseurs. Par ailleurs, le retour de la pluie a incité certains éleveurs à ne plus céder leurs animaux. En conséquence, les prix du mâle 400 kg se maintiennent à un niveau comparable à celui des années précédentes à cette période. Le commerce de gros bovins a connu une rétractation importante en début de confinement. Mais, fin mars, la consommation des ménages avait largement remplacé les débouchés de la restauration hors domicile. Cette évolution se traduit par un délaissement des morceaux nobles, remplacés par une forte demande en steak haché. Mais la filière jeunes bovins, dépendante du marché international, est à la peine et ne bénéficie pas de ce rebond. Le cours du taurillon continue de se déprécier et se rapproche des minimums de 2016.


Berty Robert (source Agreste)

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