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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 07-05-2020]

Polyculture-élevage

Impasses à l’horizon

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Le ray-grass de Didier Blandin a été ensilé le 17 avril avec trois semaines d’avance.
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L’atelier bovin souffre également.
Une troisième sécheresse consécutive se profile et inquiète fortement le monde agricole. Un exploitant de Saint-Prix-lès-Arnay témoigne.
Les impacts de la météo, cumulés à ceux de la crise sanitaire, rendent très difficile le quotidien des éleveurs. Près d’Arnay-le-Duc, Didier Blandin voyait son ray-grass « très mal embarqué » : « Il n’évoluait plus favorablement avec l’alternance de froid et de sec de ces dernières semaines, j’ai décidé de le récolter avec beaucoup d’avance sur le calendrier pour préserver sa qualité ». Un rendement de 12 tonnes de matière brute par hectare a été enregistré, quand une vingtaine de tonnes peuvent être habituellement espérées. « Ce volume représente entre 3 et 3,5 tonnes de matière sèche à l’hectare. Il faut s’en contenter, surtout par rapport aux conditions climatiques que nous avons », confie l’éleveur. Celui-ci espérait, la semaine dernière, le retour des pluies pour envisager une seconde coupe du même acabit. La culture suivante, le maïs, était encore en pourparlers : « celui-ci pourrait bien rester dans le sac cette année si ce grand sec se confirme, ce serait sans doute la meilleure solution, même si je n’ai pas encore trouvé d’alternative ». Il y a quelques jours, l’agriculteur arnétois n’avait toujours pas réalisé son troisième apport d’azote sur son blé et ne pensait « pas nécessairement » le faire cette année. La récolte d’orge d’hiver, elle, est « déjà faite », considère le Côte-d’orien, qui annonce une baisse de potentiel de près de 50 %. L’alimentation des bovins allaitants inquiète de plus en plus, Didier Blandin se posait même la question d’ensiler rapidement ses prés afin de « sauver ce qu’il peut l’être ». Des contacts ont déjà été pris avec deux producteurs céréaliers pour ses approvisionnements en paille : « j’ai contacté mes deux vendeurs habituels, j’ai généralement besoin de 50 ha. Mais je vais sans doute les rappeler d’ici peu pour leur demander s’ils en ont davantage. Cette année, c’est vraiment mal parti dans tous les domaines ».

Aurélien Genest

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« À n’y rien comprendre »

Difficile dans ses champs et dans ses prairies, la situation l’est tout autant dans sa trésorerie. « Les bêtes se vendent mal. En viande, c’est même la cata », ajoute Didier Blandin, accompagné de Lucas Mockel, son apprenti. L’annulation de la Fête du bœuf ne lui a pas permis de valoriser ses meilleurs animaux. Pire, les cours enregistrent une baisse « inexplicable » depuis plusieurs semaines : « c’est à n’y rien comprendre, on nous dit que la consommation a augmenté dans les supermarchés avec la crise du coronavirus. Normalement, quand la demande est là, les prix doivent suivre, mais c’est tout l’inverse cette année… Des bêtes vendues à Pouilly peuvent partir à presque 5 euros/kg. Aujourd’hui, c’est moins que la normale, nous sommes aux environs de 4,20 euros/kg. Les génisses ordinaires, c’est du 3,60 euros/kg, pas plus. En ce moment, les éleveurs sont tellement dépités qu’ils ne cherchent même plus à comprendre… En ce qui concerne le marché du maigre, je vends personnellement des laitons, ces derniers se maintiennent à peu près, mais ce n’est pas le cas de tous les jeunes bovins. La situation est très difficile ».

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