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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 07-05-2020]

Confinement

Comment concilier école à la maison et travail des parents ?

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Il est essentiel de poser un cadre avec ses enfants, c’est-à-dire de définir des règles, des horaires, des rituels, comme en classe finalement.
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La vidéo un excellent moyen de garder le contact avec les élèves.
Avec la fermeture des écoles, puis le confinement, les habitudes ont changé, tant pour les parents que pour les enfants. Que l’on soit salarié d’une entreprise, auto-entrepreneur ou agriculteur, chacun a dû trouver une nouvelle organisation pour concilier au mieux école à la maison et travail.
Que l’on soit agri-culteur(trice), salarié(e) devant se rendre au bureau ou télétravaillant, chef d’entreprise, auto-entrepreneur… une bonne organisation est actuellement de mise pour gérer le travail scolaire adressé par les enseignants aux enfants et pour poursuivre son activité professionnelle. Selon la situation et celle du conjoint (chômage partiel, télétravail, travail), mais aussi selon l’âge des enfants (ceux en classes primaires, même s’ils peuvent être autonomes, ont besoin d’un cadre, alors que les collégiens ont plus l’habitude de gérer seuls leur travail scolaire), chacun a tenté de trouver des solutions. La première semaine a sûrement été compliquée, puis les familles ont pris leurs marques. Le président de la République ayant annoncé le 13 avril dernier que la période de confinement strict serait prolongée jusqu’au 11 mai, voici quelques conseils pour que l’école à la maison se déroule dans de bonnes conditions, conseils qui peuvent bien évidemment être adaptés et pris comme source d’inspiration.

Des repères dans l’espace et le temps
Il est essentiel de poser un cadre avec ses enfants, c’est-à-dire de définir des règles, des horaires, des rituels, comme en classe finalement. Première règle : délimiter un espace réservé exclusivement au travail scolaire pour favoriser la concentration, avec, si possible, un espace d’affichage (porte de placard par exemple). Puisque l’enfant a besoin de bouger, pourquoi ne pas prévoir un espace pour le travail écrit, et un second espace pour le travail oral. Le deuxième point essentiel est de donner des repères dans le temps. Il est préférable que l’enfant travaille les jours d’école habituels, en respectant un emploi du temps (le mieux : celui défini par l’enseignant). Ne pas oublier d’y intégrer des temps de pause réguliers (quelques minutes entre chaque activité et 15 à 30 minutes par demi-journée, de type récréation). Effectivement, il faut tenir compte de la capacité de concentration de son enfant, autour de 30 minutes, pour organiser les activités. En utilisant une horloge, l’enfant pourra plus facilement se repérer dans le temps. Il saura aussi que l’adulte travaille jusqu’à la fin du temps indiqué et qu’il faut éviter de le déranger (lire plus loin). Comme avant d’aller à l’école, on prend son petit-déjeuner et on s’habille. Et comme à l’école, il faut se mettre en condition pour bien travailler : l’enfant prépare sa trousse, son cahier, ses fiches, est calme et concentré, prend connaissance des consignes. Il peut être accompagné par un des parents. Celui-ci doit ensuite s’éloigner pour laisser l’enfant en autonomie.

Le droit à l’erreur
Comme à l’école, l’enfant a le droit de se tromper. Pour avancer dans l’exercice, il peut s’aider des outils utilisés en classe. S’il bloque, vérifier avec lui qu’il a bien compris la consigne ou la notion. Une fois l’ensemble du travail scolaire terminé, il convient de prendre du temps avec l’enfant pour faire le bilan de la journée d’école à la maison : lui demander ce sur quoi il a travaillé ; valoriser ses réussites ; le féliciter et l’encourager.

Ne pas déranger !
Après avoir mis une organisation de l’école à la maison au top, les parents doivent eux aussi s’organiser pour télétravailler avec les enfants à proximité. Contrairement au premier réflexe, il peut être préférable de s’installer dans un endroit proche de son enfant : il sera peut-être plus rassuré et travaillera plus facilement, et on se lèvera moins souvent pour aller le voir… Puis, il est plus facile de travailler en même temps que son enfant. Si le travail doit se poursuivre pendant son temps de pause, convenir avec lui, au préalable, d’une activité, plutôt calme, qu’il pourra faire seul ou avec ses frères et sœurs. Quand cela est possible, alterner avec l’autre parent la présence auprès des enfants pour avoir des phases plus intenses de travail. Et pourquoi ne pas profiter de la récréation avec les enfants ? Un verre d’eau ou un thé partagé avec eux fera le plus grand bien à tout le monde…

Instaurer des codes
Pour ne pas être dérangé à chaque instant par son enfant, il est possible d’utiliser un code pour lui matérialiser l’indisponibilité momentanée, avec par exemple un post-it «Je suis occupé, ne pas déranger», posé à côté de l’ordinateur. Autre outil : instaurer un code de communication silencieux. Explication : si l’enfant souhaite parler avec sa mère ou son père alors qu’il travaille (et que forcément, du point de vue de l’enfant, c’est très urgent !) il peut lui poser la main sur l’épaule ou le bras pour lui signifier sa sollicitation. L’adulte comprend le souhait de l’enfant de parler et l’enfant sait que l’adulte reviendra vers lui quand il aura fini sa phrase ou sa conversation téléphonique.

Apprendre (aussi) autrement
Bien évidemment, outre l’école à la maison avec le travail demandé par les enseignants, il existe d’autres manières d’apprendre (jeux de société, cuisine, dessin, écriture d’une lettre, jeux pour faire de l’exercice, lecture, jardinage…). Et, pour le «bien vivre ensemble», selon leur âge, les enfants peuvent aussi accomplir quelques tâches comme mettre la table, étendre le linge… Ils seront heureux de rendre service et feront gagner un temps précieux aux parents. Les enfants peuvent aussi être sollicités pour écrire des idées de menus ou inventer des jeux (exercice d’écriture et source d’inspiration pour les parents). En cette période de confinement, qui est synonyme de situation inédite et souvent stressante, il est fortement recommandé d’avoir un temps de parole en famille. L’objectif est que chacun puisse s’exprimer, notamment sur les émotions ressenties, et se sente rassuré et réconforté. On peut s’inspirer des règles fixées en classe lors du conseil d’élèves : distribution de la parole, pas de commentaire ou de critique…

Source : brochure (XX conseils pour accompagner au mieux l’enfant élève dans l’apprentissage à la maison)

Lucie Grolleau Frécon

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L’école en direct de la ferme

Aude Pocchiola est professeure des écoles, femme d’agriculteur et maman. Elle est plus que jamais sollicitée en cette période de confinement, pour assurer la classe, s’occuper de sa fille et de la maison, aider sur l’exploitation. La situation demande des efforts, mais offre aussi de belles compensations.

Ça change tout de travailler derrière un écran plutôt que face aux élèves !» Pour réduire cette distance imposée par les circonstances, Aude Pocchiola innove. Cette professeure des écoles de cours moyens à Navilly (Saône-et-Loire) a dix-huit élèves en CM1, dont sa fille, et huit élèves en CM2. «Je suis obligée de beaucoup diversifier les activités pour ne pas désintéresser les enfants». Et si la routine mise en place les premières semaines était très appréciée des parents, Aude Pocchiola s’est vite aperçue que les enfants témoignaient, eux, de beaucoup plus de lassitude. Elle a donc fait évoluer sa façon de préparer et de présenter ses cours. «Je passe beaucoup par des vidéos, des tutos explicatifs». L’élevage de coccinelles qu’elle avait prévu de faire en classe a été maintenu, mais maintenant «je les observe pour eux et après les élèves posent leurs questions grâce à un document interactif qui leur permet de suivre l’évolution des larves».
Pas de panique
Elle alterne ainsi du «travail plus répétitif» et «des choses plus visuelles ou sonores» et se veut rassurante envers les parents : «nous nous focalisons sur des révisions. Le rôle des parents est donc d’aider au maximum leurs enfants à conserver leurs acquis et pas du tout de se substituer à nous en enseignant de nouvelles notions». Si la période représentera forcément «un trou dans la raquette, le fait de fonctionner en cycle de trois ans permet de lisser les apprentissages. Soit les notions ont déjà été vues, soit elles seront rattrapées sur le reste du cycle». Et s’il n’y avait pas de retour à l’école ? «Les élèves de CM2 n’auront pas eu la période de transition très importante avant l’entrée au collège», s’inquiète-t-elle. Mais on n’en est pas encore là : la reprise des cours est pour l’instant annoncée pour le 11 mai.
Reconnaissances
Aude Pocchiola témoigne aussi du changement dans les rapports avec les familles. «En milieu rural, les liens étaient déjà là mais cette période permet de les renforcer» grâce notamment à des contacts téléphoniques réguliers. «Il y a beaucoup de remerciements et de messages de reconnaissance pour ce que l’on fait». Autre reconnaissance, qui la touche particulièrement : l’évolution du regard porté sur les agriculteurs. «Nous voyons plus de parents d’élève à la boutique de la ferme, c’est l’occasion de beaucoup de mots de soutien aux agriculteurs». Eux, comme l’ensemble des consommateurs, prennent «plus conscience que les producteurs sont indispensables». «Cela fait du bien à entendre pour mon mari», conclut-elle.


Françoise Thomas

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