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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 01-04-2020]

Interview

«Il y aura un avant et un après Covid-19»

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Christophe Richardot, directeur général du groupe Dijon Céréales et d’Alliance BFC : «Il est très important de préparer l’avenir parce que nous savons que cela va être long…»
Depuis le début du confinement, le groupe Dijon Céréales a adopté un mode de fonctionnement «de crise» dont les deux priorités sont la sécurité du personnel et la poursuite du service aux adhérents, dans le cadre de ce qui est possible. Christophe Richardot, son directeur général, revient sur ce qui a été mis en place.
- Le groupe que vous dirigez a adopté un fonctionnement «de crise» depuis plusieurs jours. Quel premier bilan en tirez-vous ?
Christophe Richardot : «Après les directions que nous avons décidé de prendre à partir du 16 mars, on y voit aujourd’hui plus clair. Dans notre mode de fonctionnement, je suis agréablement surpris de voir à quel point nos équipes sont capables de s’adapter très rapidement. Certaines décisions, qui auraient pu prendre plusieurs mois dans un cadre normal, par exemple concernant des fermetures de sites ou des réorganisations, ont été prises en quelques heures. Les gens ont bien compris quels étaient, en l’espèce, les objectifs de l’entreprise avec deux priorités : la santé des collaborateurs et celle des adhérents. Nous voulions aussi insister sur le bien-être au travail. Il n’était pas question de laisser des gens aller au travail avec la peur au ventre. Enfin, nous voulions aussi permettre aux adhérents de bénéficier des services de la coopérative, même dans un mode dégradé».

- Ce mode «dégradé», comment se présente-t-il concrètement ?
C R : «Nous avons fermé dix sites, nous en avons une quinzaine en ouverture partielle et onze sites stratégiques qui sont ouverts complètement. Nous nous sommes autorisés à mettre une partie de notre personnel en confinement afin de constituer des équipes «réserve». C’est un principe qui m’a été inspiré par mes confrères directeurs de coopératives alsaciennes qui avaient quatre jours d’avance sur ce que nous vivons. Cela a été extrêmement bien perçu par toutes les équipes, autant celles qui sont demeurées sur le terrain que celles placées en confinement. D’ailleurs, parmi les personnes que nous avons invitées à rentrer chez elles pour être placées en réserve, certaines exprimaient leurs regrets, soulignant qu’elles voulaient aussi être « au front ». Mais elles y sont, d’une autre manière… En parallèle, nous avons mis en place une cellule d’écoute constituée de quatre salariés de notre service Ressources humaines (RH), chargés d’appeler, chaque matin, entre 50 et 60 personnes ce qui nous permet d’avoir une vision sur le ressenti du personnel et son évolution. Depuis le 20 mars, tous les soirs, au niveau de la direction générale, nous établissons une synthèse par rapport à ce qui a été recueilli. En grande majorité, le moral est bon pour l’instant et cette tendance reste stable. Les gens estiment que la crise est bien gérée».

- Des craintes s’expriment-elles, malgré tout ?
C R : «Les équipes ont une inquiétude sur la durée du confinement et pour l’instant nous n’avons pas de réponse à cette question. Néanmoins, nous expliquons que nous nous préparons pour la durée. Les gens craignent aussi pour leur travail. Il est évident qu’il peut y avoir une baisse d’activité, il y aura des mesures de chômage partiel, mais pour l’instant c’est le cas uniquement pour le personnel administratif. Là, des personnes commencent à être mises en chômage partiel. C’est le cas aussi dans les magasins Gamm Vert où la moitié des effectifs est dans cette situation. Les gens s’inquiètent pour leur santé, mais ils sont surtout préoccupés par le fait de ne pas devenir des vecteurs de la maladie. Sur les 740 salariés du groupe, avec ses filiales, nous avons immédiatement mis en place une base de données actualisée au quotidien par les patrons d’activités pour informer sur les modifications ou changements de statut des personnes. Cela nous a permis de détecter quelques personnes qui étaient à risque mais qui se trouvaient toujours dans l’entreprise. À ce jour (le 25 mars ndlr), nous avons 76 personnes à risque (femmes enceintes, personnes avec des fragilités cardiaques…) au sein de notre personnel».

- Du côté des adhérents, comment ces mesures sont-elles perçues ?
C R : «Les adhérents ont tous bien compris qu’on n’entre plus dans les locaux. Tout le monde a révisé ses comportements et applique les règles de gestes barrière et les directives que nous avons imposées. Globalement, les gens comprennent très bien que le service soit un peu dégradé par rapport à la normale. Après plus de dix jours, nous ne regrettons aucunes décisions prises. Nous travaillons actuellement à l’étude d’une phase 3 qui pourrait se traduire par une fermeture plus drastique de certains sites, mais cela se ferait au fur et à mesure de l’évolution des effectifs. Si ces derniers ne varient pas on ne touchera à rien. Mais si nous avons des suspicions de Covid-19, la personne sera renvoyée chez elle. Il est très important de préparer l’avenir parce que nous savons que cela va être long et il faut que les équipes tiennent le coup sur la longueur. Mais même avec des moyens de communication à distance, nous sommes en capacité de faire tourner l’entreprise. Notre cellule d’écoute peut nous permettre d’ajuster nos décisions de management durant cette période. Globalement, je pense que tout ce qui a été mis en place dans ces circonstances particulières ne sera pas à jeter, une fois la pandémie passée. Sur ce dossier, il y aura forcément un avant et un après».

- Dans ce contexte, comment préparez-vous la prochaine moisson ?
C R : «Pour l’instant, la priorité c’est de passer le cap des trois premières semaines de confinement. Nous commencerons à travailler sur la préparation des moissons ensuite. Aujourd’hui, il nous faut gérer l’urgence, mais fin avril, cette question-là sera sur la table».

Propos recueillis par Berty Robert

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Gestes de solidarité

Au sein du groupe Dijon Céréales, ces derniers jours ont été marqués par des actions de solidarité en lien avec les conséquences de la pandémie. Ainsi, le groupe a contribué à l’approvisionnement des établissements de santé en matériels de protection et de sécurité. Près de 500 combinaisons jetables, 600 paires de gants, 500 lingettes désinfectantes et 300 masques FFP2 ont été acheminés auprès des différents organismes de santé de Côte-d’Or : Ambulances Jussieu, hôpitaux dijonnais, infirmières libérales… Plusieurs adhérents ont également fait don de leurs masques et gants jetables pour approvisionner les centres de soins locaux. Le Gamm Vert de Semur-en-Auxois s’est associé à l’initiative des Ateliers d’Armançon qui ont arrêté leur production habituelle de maroquinerie de luxe pour fabriquer des masques à destination du personnel soignant. Une centaine de bobines de fils de fer ont été offertes aux équipes du maroquinier pour leur permettre de confectionner ces masques. Par ailleurs, la filiale de logistique du groupe, Logivia, a décidé, en lien avec la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) d’ouvrir son site aux chauffeurs routiers de passage dont le rôle reste essentiel pour assurer la chaîne logistique dans le pays. Ils peuvent profiter des sanitaires, douches et du parking, alors que les aires d’autoroutes, restaurants routiers etc. étaient fermés du fait de la crise.

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