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NATIONAL

[Article mis en ligne le 01-04-2020]

Interview

L’agriculture en première ligne !

Entretien avec Luc Guyau, ancien président de la FAO (Food and Agriculture Organisation : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture)
- Vous avez été un des dirigeants et représentants français au sein de la FAO. Quel message souhaitez-vous transmettre pour que la France, premier acteur agricole de l’Union Européenne, puisse y avoir un rôle significatif ?
« La FAO est au cœur de la crise mondiale actuelle, autant que l’OMS pour la santé. En effet s’assurer de l’approvisionnement alimentaire pour les populations est prioritaire sinon c’est un handicap supplémentaire pour les populations en particulier pour les Pays les plus pauvres ou en guerre et accueillant des migrants.
À la FAO nous avons toujours dit que nous avions besoin de toutes les agricultures et la situation actuelle le prouve encore. Nous avons toujours affirmé que chaque Pays devait tendre à l’autosuffisance ou tout du moins à l’indépendance alimentaire locale, sinon c’est la double peine.
Beaucoup d’efforts ont été faits mais nous sommes loin d’une situation satisfaisante et les différents conflits ou gestion politique totalitaire nous en éloignent malheureusement.
La France dans tout cela et bien sûr l’Europe compte tenu de notre situation géographique, politique, sanitaire et climatique ne doit pas ajouter au désarroi des Pays en développement ou émergents en étant demandeur net de production agricole ou marine sur le plan mondial. La France et l’Europe doivent contribuer à l’équilibre alimentaire mondial, c’est un devoir !
La France et l’Europe doivent montrer l’exemple sur l’accompagnement des politiques locales et exporter à bon escient et non pas uniquement en dégagement de marché, en évitant de détruire les marchés locaux des pays concernés. Le pillage des matières premières est aussi à proscrire pour assurer un développement équilibré des pays partenaires c’est une question de déontologie responsable.
La France et l’Europe doivent aussi assurer leurs engagements politiques et financiers dans le cadre des décisions internationales (contributions promises et codéveloppement…) sans oublier l’appui aux différentes associations humanitaires qui œuvrent en permanence».

- La crise sanitaire liée au Covid-19 oblige au confinement, ce qui empêche également le recrutement de 200 000 personnes (la plupart du temps des saisonniers étrangers). Pensez-vous que cela aide les Français à mieux connaître l’importance de l’agriculture ? Quels liens seraient à établir ?
«Il faut sortir de notre attitude d’enfants gâtés pour notre alimentation. Quel dommage qu’il faille des crises comme le Covid-19 pour que les consommateurs se rendent compte que manger trois fois par jour n’est pas le fait du hasard. Les agriculteurs dans leur diversité travaillent toute l’année pour assurer la sécurité alimentaire de tous, la permanence en quantité, qualité, régularité, et sécurité sanitaire.
Aujourd’hui, avec le printemps et le temps des cueillettes qui arrivent, le choc avec le Covid-19 ne permet pas à des saisonniers habituels de passer les frontières pour assurer les récoltes qui ne peuvent pas se décaler. Les règles ne sont pas faciles à maîtriser certes, mais c’est l’occasion peut être pour de nombreux Français au chômage total ou partiel d’assurer cette double mission, de récolter et de reprendre contact avec l’agriculture. Plus il y aura de Français à aller à la rencontre des agriculteurs dans les champs ou par l’achat direct en ferme plus il y aura de la compréhension de l’agriculture d’aujourd’hui et pas seulement des clichés. Les Français pourront comprendre que l’alimentation a un prix et que le travail des agriculteurs doit être rémunéré pour assurer leur vie mais aussi la sécurité des citoyens consommateurs. Vouloir toujours des prix les plus bas c’est ruiner les agriculteurs et exposer les consommateurs aux risques sanitaires, environnementaux. La bataille contre le CO2 passe aussi par l’alimentation. Il ne faut pas importer l’agriculture que l’on ne veut pas en France ».

Propos recueillis par Laurent Dornon, chargé de mission « agriculture » du Carrefour des Acteurs Sociaux

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