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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 23-03-2020]

Diversification

Un atelier, pour ne pas mettre ses œufs dans le même panier

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Joffrey Delaire (à droite) a rejoint son père, Philippe sur l’exploitation familiale, il y a 7 ans.
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Le bâtiment, qui peut accueillir entre 30 000 et 40 000 poules pondeuses, est doté de systèmes d’aération très efficaces.
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L’atelier est prolongé par un dispositif de collecte des œufs pondus et destinés à la grande distribution.
À Sainte-Colombe-sur-Seine, dans le nord de la Côte-d’Or, Joffrey Delaire, jeune agriculteur de 31 ans, a choisi de se diversifier dans les poules pondeuses. Une orientation qui s’appuie sur un outil ambitieux.
Sa SCEA se nomme Gallinae, soit «Les poules» en latin : Joffrey Delaire ne pouvait pas être plus clair sur la voie qu’il s’est choisie. Ce jeune agriculteur de 31 ans, installé avec son père, Philippe, dans le nord de la Côte-d’Or sur une exploitation de grandes cultures a fait le choix d’une diversification qui se traduit par un investissement important (1,6 million d’euros, dont 5 % d’aides bâtiment et installation) dans un atelier de poules pondeuses. Celui-ci était inauguré le 9 mars, à Sainte-Colombe-sur-Seine, près de Châtillon-sur-Seine et il devait accueillir ses premières volailles le 19 mars. Le bâtiment est conçu pour abriter entre 30 000 et 40 000 gallinacées. Nous sommes là sur un atelier de poules pondeuses en plein air ce qui signifie que les animaux sont libres de leurs allée et venues. Il se compose de cinq systèmes de volières. Dans chacun, les poules ont la possibilité de se percher, de manger et elles disposent d’un nid. L’animal peut coloniser les différents étages de la volière. Les poules qui ont intégré le bâtiment le 19 mars sont âgées de 17 semaines après avoir été élevées dans une poussinière présentant une configuration très proche de celle de l’atelier. Une fois la phase d’accoutumance menée à son terme (10 ou 15 jours après l’arrivée des poules dans l’atelier) ces dernières vont pouvoir sortir du bâtiment vers leur 22e semaine. Elles disposent d’un parcours qui s’étend sur 16 hectares (4 mètres carrés de parcours par poule). Selon le cahier des charges propres à Cocorette, les poules vont rester en moyenne 13 mois dans l’atelier. Le bâtiment fonctionne en «bande unique» : on ne mélange pas les lots de poules. Entre chaque bande, le bâtiment sera entièrement vidé, nettoyé, curé et désinfecté. Un vide sanitaire qui durera en moyenne 28 jours.

Intertitre : Un vrai projet d’installation
Un projet de cette ampleur ne pouvait se monter seul. Joffrey Delaire l’a construit en partenariat avec la société Cocorette, la coopérative Dijon Céréales, la société Soreal spécialisée dans la nutrition animale, et le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne. «Ce projet», explique Joffrey Delaire, «a été lancé en 2017. Je me suis beaucoup inspiré d’un atelier du même type monté en Côte-d’Or par Jean-Pascal Sommant. Le permis de construire a été déposé en juin 2018». Le jeune exploitant précise aussi qu’un tel projet de diversification s’est imposé à la suite de constats liés à la problématique climatique, et aux assolements. La voie de la diversification devenait incontournable pour dégager de la rentabilité. «C’est aussi, avant tout, la concrétisation d’un projet d’installation», poursuit Joffrey Delaire. «Avec le souci de ne pas rester sur un seul type de production agricole. Il y a, par ailleurs, un intérêt agronomique dans les poules pondeuses, notamment avec la valorisation des fientes, qui seront stockées dans un hangar spécifiquement dédié, ou encore un marché de l’œuf qui se développe et qui est en profonde mutation». Autant d’éléments convergents qui l’ont incité à franchir le pas, avec deux préoccupations : le bien-être animal d’une part et l’aspect sanitaire. Le projet a aussi été soutenu par la commune de Sainte-Colombe-sur-Seine ainsi que les communes environnantes de Cerilly, Châtillon-sur-Seine, Buncey ou encore Ampilly-le-Sec. Dans ce soutien, la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or, le Conseil départemental, la Région Bourgogne Franche-Comté ainsi que la FDSEA et JA ont aussi pris une part active. «Il faut noter que pour la construction du bâtiment, nous avons eu la volonté de faire travailler des entreprises locales». L’accompagnement de Dijon Céréales sur un projet de ce type démontre aussi la prise en compte, par la coopérative, d’une agriculture de plus en plus «plurielle» comme le notait son directeur, Christophe Richardot. «Nous sommes présents sur ce dossier «protéine», précisait-il, «mais aussi sur de la réimplantation de vignes dans le val de Saône, ou sur des projets de méthanisation. Les sources de diversification du revenu de nos adhérents sont plus que jamais d’actualité. Joffrey Delaire fait partie de ces gens qui montrent la voie».

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Un marché de l’œuf en forte progression

Pascal Lemaire est pdg du groupe Cocorette. Il était présent le 9 mars à l’inauguration de l’atelier de poules pondeuses de Joffrey Delaire. Il est revenu sur la configuration du marché de l’œuf. La France produit 14 milliards d’œufs chaque année, avec 46 millions de poules. «Actuellement on vit un basculement de l’œuf en cage vers l’œuf alternatif, c’est-à-dire produit en plein air, comme sur l’atelier de Sainte-Colombe-sur-Seine, mais aussi l’œuf bio ou l’œuf label». La principale région productrice à ce jour est la Bretagne (42 % des volumes) mais, progressivement, on assiste à un décalage de la production sur d’autres régions dans un but simple : être le plus près possible des consommateurs. «Dans la production d’œufs, précise le dirigeant de Cocorette, la régionalisation est aujourd’hui devenue une donnée très importante. La volonté de Cocorette c’est de devenir une marque nationale avec des stratégies régionales. C’est pourquoi nous soutenons des projets du type de l’atelier de Sainte-Colombe-sur-Seine». Cocorette emploie 280 salariés pour un chiffre d’affaires de 135 millions d’euros. L’entreprise fédère 650 producteurs partout en France et vend leurs œufs à la grande distribution. «Notre particularité”, précise Pascal Lemaire, “c’est que nous sommes uniquement sur de l’œuf alternatif depuis 1983. De plus, notre groupe a décidé de passer tous ses aliments en non-OGM, nous mettons des algues dans les aliments pour les poules dans le but d’utiliser moins d’antibiotiques. Par ailleurs, nous avons signé un partenariat avec une société allemande pour pratiquer le sexage in ovo, permettant d’éviter le broyage des poussins». La marque a assisté, ces derniers jours, à une forte augmentation de ses ventes, liée à la crise du coronavirus et aux achats dans les grandes surfaces. Au-delà de cet aspect conjoncturel, Pascal Lemaire confirme que le marché de l’œuf est en croissance dans notre pays.

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