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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 23-03-2020]

évolution

Des idées pour le terrain

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Lors de la première réunion Agoragri du 10 mars à Bretenière, un public très diversifié a participé.
Agoragri est un nouveau concept destiné à rassembler des acteurs multiples autour d’une problématique précise afin de faire émerger des solutions innovantes. La première réunion de ce type s’est tenue à la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or et a porté sur l’abreuvement du bétail face à des sécheresses récurrentes.
Des agriculteurs, des techniciens de Chambre, des chercheurs, des entrepreneurs… Le public rassemblé à la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or le 10 mars, à l’occasion de la première réunion Agoragri était diversifié. C’est justement tout l’esprit de ces évènements voulus par la profession agricole dans son ensemble dans un objectif clair : s’organiser et passer à l’action de manière concrète afin de relever les grands défis, notamment climatiques, qui se posent à l’agriculture. Pour cette première, la thématique retenue était «L’abreuvement du bétail dans un contexte de changement climatique. Quelles actions de recherche et développement, d’innovation ou initiatives de collectifs actuelles ou à venir ?» Agoragri découle en fait de la mise en place d’un comité de pilotage destiné à traiter de l’innovation, de la Recherche et du développement (R&D), au sein duquel sont réunis la Draaf, la Région Bourgogne Franche-Comté, le pôle Agronov, les instituts techniques, par le biais de l’Acta, le réseau des Chambres d’agriculture, Agrosup et Inrae. «Le principe, explique Delphine Fouchard, du pôle Innovation, recherche, développement et formation (IRD-F) de la Chambre d’agriculture de Bourgogne Franche-Comté, c’est de travailler à partir de besoins identifiés d’agriculteurs et de mettre en face les solutions d’innovation et de R&D (IRD) ou autres, collectives ou individuelles, à venir ou actuelles, des projets à mettre en œuvre, afin de voir si ces solutions peuvent couvrir les besoins. Le cas échéant, cela peut aussi déboucher sur la mise en place de projets multipartenariaux».

Processus inédit
Ces éventuels projets étaient forgés lors d’ateliers organisés dans la seconde partie de cette journée (voir encadré). «L’objectif principal, souligne Delphine Fouchard, c’est que les idées qui peuvent émerger se retrouvent sous forme de solutions concrètes dans les cours de fermes». Ce processus de réflexion est inédit et veut se caractériser par sa pertinence et la réactivité dont il peut faire preuve. Le 10 mars avait valeur d’expérimentation mais Agoragri va perdurer et pourrait s’organiser au rythme de deux évènements par an. Toutefois, priorité est donnée à la souplesse : si les besoins l’exigent, des Agoragri pourraient se tenir plus fréquemment. Sur la question de l’abreuvement du bétail, après le constat de deux années fortement marquées par la sécheresse en Bourgogne Franche-Comté, le temps fort de cette première journée était constitué par la restitution des résultats d’une enquête sur les besoins des éleveurs, réalisée par Sandrine Petit (Inrae) et Denis Lepicier (Agrosup).
Cette enquête s’appuie sur les réponses de près de 200 éleveurs de la région. «L’intérêt d’un dispositif tel qu’Agoragri, souligne Delphine Fouchard, c’est qu’il peut permettre d’imaginer des solutions adaptées à des configurations précises. L’enquête montre qu’à l’échelle d’une région comme la nôtre, ce qui marche ici ne fonctionne pas forcément là, d’où l’intérêt de réfléchir collectivement pour trouver les réponses les plus adaptées. Nous serons aussi les garants de la diffusion et du transfert de l’information qui en ressortira».

Baisse du potentiel
La réunion a donc permis de dresser un état des lieux sur les campagnes 2018-2019, marquées par des sécheresses sévères, avec un phénomène d’évapotranspiration très prononcé. Conséquences de ces conditions : des animaux qui ont du mal à paître avec des températures supérieures à 25 degrés, des stocks de fourrage utilisés plus tôt et des volumes récoltés à la fenaison plus faibles.
En août 2019, certaines prairies de Bourgogne, en particulier en Côte-d’Or et Saône-et-Loire, n’ont produit qu’à 65 % de leur potentiel. Quand on sait qu’une vache allaitante alimentée avec du fourrage sec consomme jusqu’à 130 litres d’eau par jour, et qu’une vache laitière en consomme 300, on comprend la gravité du problème. Face à cela, les réponses possibles envisagées par les éleveurs et révélées par l’enquête présentée lors de cet Agoragri sont diverses : créations de retenues ou de points d’eau, recherche de nouvelles sources, créations de puits et de forages, mais aussi réduction du cheptel…

Berty Robert

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Des pistes de réflexion

Des ateliers qui se sont tenus dans le cadre de ce premier Agoragri : voici ce qui est sorti :
1) Stocker de l’eau selon le type d’usage à un coût qui reste viable pour l’exploitation. À partir d’un diagnostic de vulnérabilité puis proposer des solutions et dans le même temps informer les agriculteurs sur la réglementation. Les outils nécessaires : Aides à l’investissement, des compétences scientifiques, réglementaires et techniques (qui existent mais à partager, voir compléter ou réactualiser), des connaissances hydrologiques.
2) Gestion collective de la ressource en eau : pour mieux anticiper et entreprendre un projet de gestion collective porté par une commission multi-acteurs, qui s’appuierait sur des connaissances sur la ressource en eau, des schémas globaux au niveau local, les outils et connaissances existantes…
3) Accompagner les exploitations dans la recherche de solutions en mobilisant les compétences, redonner du sens au métier d’éleveur. En proposant un diagnostic eau simplifié à l’échelle de l’exploitation (a minima contrôle de cohérence basé sur les volumes) et le cas échéant : proposer des solutions d’adaptation et d’aménagement en considérant une dimension stratégique et globale d’analyse des situations. Anticiper en mettant à disposition des outils, en sensibilisant les futurs repreneurs et futurs cédants. Pour que cela fonctionne, il faut : un accompagnement qui mobilise les différentes compétences (éco-réglementaires, techniques, environnementale) pour aiguiller l’exploitant vers des pistes de solution. Une mobilisation collective pour communiquer positivement sur les adaptations et changements et les services rendus par l’agriculteur/l’élevage sur le territoire (place dans le cycle de l’eau dans l’aménagement et entretien des paysages).

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