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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 23-03-2020]

Viande bovine

Coup de colère de la FRB sur les prix

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Michel Joly (à gauche) président de la FRB Bourgogne Franche-Comté, en compagnie d’Emmanuel Bernard, (deuxième à droite) vice-président de la FNB, et d’autres éleveurs présents au conseil d’administration d’Interbev, le 12 mars à Pouilly-en-Auxois.
Le dernier conseil d’administration d’Interbev Bourgogne Franche-Comté aura été le théâtre d’un mouvement d’humeur de la part des représentants de la Fédération régionale bovine (FRB). Ils ont symboliquement quitté la table.
Il y a parfois loin des intentions affichées au résultat tangible : c’est exactement ce que ressentent les représentants de la Fédération régionale bovine de Bourgogne Franche-Comté. Le 12 mars dernier, alors qu’ils participaient au conseil d’administration de l’interprofession Interbev, en Côte-d’Or, à Pouilly-en-Auxois, ils ont marqué symboliquement leur ras-le-bol en quittant la réunion. Un ras-le-bol qui se résume malheureusement de manière assez simple : d’un côté, il y a des exigences dues à des labellisations et des promesses, de la grande distribution, notamment. De l’autre, des prix de viande absolument pas à la hauteur des espoirs nés des contractualisations. La grande distribution s’était engagée, il y a deux ans, sur une juste rémunération des éleveurs et une véritable montée en gamme, mais les résultats sur la viande Label Rouge ne sont pas au rendez-vous et de nombreux éleveurs se débattent dans de profondes difficultés économiques. «Pour nous, rappelle Michel Joly, éleveur de la région d’Autun, en Saône-et-Loire, et président de la FRB, l’interprofession est importante : c’est là que doivent se dérouler toutes les discussions et que l’on fixe des orientations pour la filière. Il y a deux ans, le Président Macron a lancé les États généraux de l’Alimentation (EGA). Il en était ressorti que chaque filière devait définir un plan de filière. Nous étions précurseurs avec notre démarche Éleveurs et Engagés grâce à laquelle nous avions entamé une montée en gamme de nos productions, en contrepartie d’un prix plus rémunérateur. Le plan filière a été constitué et signé par tous les membres».

Des volumes pas au rendez-vous

Le président de la FRB rappelle qu’en 2012, lorsque la viande bovine était à 4,50 euros le kilo, les exploitations avaient redonné des couleurs à leurs trésoreries, réinvesti dans du matériel et pouvaient vivre. «Ce plan filière, reprend Michel Joly, comprend une montée en gamme, en faisant plus de viande labellisée, sachant que le label est marquant pour le consommateur, avec un volume suffisamment élevé pour que cela ait réellement un impact sur le revenu des éleveurs». Mais c’est bien sur cette question du volume que le bât blesse : aujourd’hui, la plupart des éleveurs ne passent qu’une ou deux bêtes par an en Label Rouge, qui ne représente que 3 % des volumes distribués en magasins, et ce qui est très en dessous de l’objectif fixé au lancement du plan filière (40 % dans les rayons d’ici à 2023). La mécanique de construction du prix qui allait avec cet objectif devait permettre de rémunérer les éleveurs et de suivre l’évolution des charges. Les Égalim et l’interprofession avaient proposé que le label soit contractualisé, en tenant compte des indicateurs de coût de production définis par l’Institut de l’élevage. Tout cela devait déboucher sur un mécanisme clair pour tout le monde. «Cet accord interprofessionnel, poursuit Michel Joly, a été étendu, c’est-à-dire qu’il est devenu obligatoire et aujourd’hui, toute bête labellisée doit être vendue sous contrat entre l’éleveur, ou son groupement, et le distributeur. À partir du moment où la bête est vendue sous ce contrat, s’applique un prix qui, remonte dans les cotations et, mécaniquement, nous aide à faire remonter les cours, et donc à vivre et faire vivre toute la filière». Sauf que, pour la FRB, dans cette vaste partie, personne ne joue le jeu.

Sentiment de trahison
«Le problème, c’est que si nous restons en l’état, avec de la viande d’importation qui continue d’arriver dans les collectivités, les choses ne peuvent pas aller bien. Les politiques nous disent depuis longtemps qu’il faut aller sur la labellisation et la contractualisation. Du coup, nous y sommes allés en confiance, mais nous nous sentons aujourd’hui trahis. La restauration collective dans les collèges, les lycées, les Ehpad, c’est de la responsabilité des élus. Lors du salon de l’agriculture, il y a des choses qui se sont signées et qui ne sont pas légales, l’État doit donc immédiatement les briser. La grande distribution n’a pas à imposer ses vues autre part que sur ce qui a été signé dans le cadre du plan de filière. L’amont de la filière doit proposer des prix et non se les faire imposer». À ce jour, en France, plus de 15 000 élevages bovins sont qualifiés en Label Rouge, mais le tonnage de viande commercialisée sous ce signe ne dépasse pas 17 330 tonnes. C’est l’équivalent de trois animaux par élevage et par an.

Berty Robert

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10 %, mais pour quoi faire ?

Emmanuel Bernard, éleveur dans la Nièvre, et vice-président de la FNB, est revenu, pour sa part, sur la problématique de l’attribution de 10 % du budget d’Interbev Bourgogne Franche-Comté, en théorie destinés à financer des opérations de promotion de la viande labellisée : «La construction du budget d’Interbev est faite en fonction des priorités, et à partir du moment où nous sommes partis dans un plan de filière qui priorise le label, il a été décidé, sur le plan national, qu’un minimum de 10 % des budgets des comités régionaux d’Interbev seraient fléchés sur des animations de promotion du label en boucheries ou en grandes surfaces. Nous sommes plutôt favorables à ce choix, mais à la condition que cette communication ne soit pas faite pour vendre le prix du bovin tel qu’il est actuellement, c’est-à-dire trop bas, mais avec des exigences de production très hautes. Nous voulons un prix rémunérateur pour l’éleveur ! Nous n’avons aucune garantie que les animations label qui vont être faites nous rapporteront bien cela. Quand un éleveur participe à une animation, nous voulons la preuve que l’animal a été vendu sous les conditions contractuelles définies par le plan de filière. Aujourd’hui, nous constatons qu’il se fait toujours du label, mais qu’il n’y a pas de contrat. Les discussions ne sont pas rompues pour l’instant avec la grande distribution, mais nous voulons mettre la pression, afin de montrer que nous ne raserons pas gratis… Si les choses n’aboutissent pas, cela nous amènera peut-être à des actions directes dans la grande distribution, où nous serons certainement moins gentils».

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