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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 12-03-2020]

Sécurité

Face au loup, mieux vaut prévenir que guérir

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De gauche à droite : Delphine Chenesseau (OFB), Laurent Tisné et Jean-Christophe Cholley (DDT).
La Chambre d’agriculture a organisé une réunion destinée à présenter les dispositifs de soutien aux éleveurs victimes d’attaques de loup. Ces dernières sont encore très rares en Côte-d’Or mais, dans ce domaine, la situation peut vite évoluer. Autant prévenir, donc.
Neuf faits référencés depuis 2013 et un montant d’indemnités versé d’un peu plus de 9 000 euros : voilà aujourd’hui le constat que l’on peut dresser sur les attaques de troupeaux (ovins dans leur grande majorité) imputables au loup en Côte-d’Or. Autant dire, pas grand-chose. On aurait pourtant tort de prendre la menace à la légère. Car si notre département semble encore relativement épargné, des situations plus graves, et plus fréquentes, ont déjà été constatées récemment, notamment dans l’Yonne et la Nièvre. Il n’y a aucune raison de penser que l’on puisse encore longtemps passer « au travers des gouttes ». D’où la nécessité de faire le point sur la menace, sur les dispositifs d’indemnisation en cas d’attaque, et sur les soutiens possibles pour les éleveurs qui souhaiteraient protéger leurs troupeaux. C’était tout l’objet de la réunion organisée le 5 mars à Pouilly-en-Auxois, à l’initiative de la Chambre d’agriculture. Elle avait convié les services de la Direction départementale des territoires (DDT) ainsi que Delphine Chenesseau, représentante de la direction régionale de l’Office français de la biodiversité (OFB), afin de fournir une information la plus complète possible aux éleveurs venus nombreux pour l’occasion.

« Jeunes, solitaires, en quête d’un territoire »
L’animatrice du réseau Loup-Lynx au sein de la direction régionale de l’OFB a dressé le « portrait-robot » du prédateur : « le loup est un animal qui se disperse sur de grandes distances. Les foyers de meutes, en ce qui nous concerne, sont situés dans les Alpes mais les animaux que l’on peut croiser dans nos régions sont jeunes, solitaires, et en quête d’un territoire avec des proies ». Selon cette spécialiste, on considère qu’un loup est installé sur une zone précise si l’on a des preuves de son existence pendant deux hivers consécutifs. En cas d’attaque, il faut prévenir l’OFB et le faire rapidement, sans trop toucher à ce qui peut être comparé à une scène de crime. Les agents de l’OFB qui vont procéder aux constats de dommages ouvrant le processus d’indemnisation doivent pouvoir récupérer un maximum d’indices, afin de déterminer si l’attaque est bien l’œuvre d’un loup. Les éleveurs doivent laisser le ou les animaux tués sur place, mais penser à les recouvrir d’une bâche, afin d’éviter la surconsommation par des charognards, ce qui pourrait fausser les données. « Le délai de déclaration», précise Delphine Chenesseau, «doit être au maximum de 72 heures à partir de la découverte de l’attaque. Il existe un numéro d’astreinte(1) et les agents de l’OFB travaillent tous les jours de la semaine. La réalisation du constat par ces agents se fait en 48 heures maximum ». À la suite de ce constat, une analyse technique destinée à identifier la cause de la mort est réalisée par la DDT ou l’OFB, ce qui ouvre ensuite l’instruction administrative pouvant donner lieu à indemnisation. Celle-ci prend en compte le ou les animaux tués par le prédateur, mais aussi ceux dont la mort est liée à l’attaque (noyade, chute…) « Il faut garder à l’esprit», soulignait pour sa part Jean-Christophe Cholley, du service Préservation et aménagement de l’espace à la DDT 21, «qu’en cas d’attaque, et même si on ne parvient pas à démontrer avec certitude qu’il s’agit d’un loup, le doute bénéficie toujours à l’éleveur ».

Difficile à protéger
Il est aussi important de préciser qu’en Côte-d’Or, pour l’instant, l’indemnisation de l’éleveur n’est pas subordonnée au fait qu’il aurait ou non protégé son troupeau. Elle concerne les animaux tués, euthanasiés, disparus, ceux blessés, ainsi que le remplacement ou la réparation de matériel. De nouvelles dispositions pourraient bientôt être mises en œuvre mais, comme le précisait Laurent Tisné, en charge des espaces et espèces protégés à la DDT, le préfet va devoir définir un zonage de récurrence des attaques (voir encadré). Il existe des aides à l’achat et à l’entretien de chiens de protection des troupeaux mais certains éleveurs, bons connaisseurs du dossier, incitent à la méfiance sur l’acquisition de chiens qui ne sont pas toujours de bonne qualité. L’administration peut aussi accompagner financièrement des éleveurs souhaitant s’équiper en dispositif permettant de protéger les parcelles où se trouvent leurs animaux. Une possibilité sur laquelle Vincent Lavier, président de la Chambre d’agriculture 21 est revenu : « il ne faut pas oublier que la Côte-d’Or a une spécificité : nous avons beaucoup de petits troupeaux dans des parcelles différentes, donc plus difficiles à protéger. Il faut néanmoins saluer l’anticipation de la DDT sur le dossier du loup ».

*En cas d’attaque d’un troupeau, appelez l’Office français de la biodiversité (OFB)
au 03 80 29 43 91.

Berty Robert

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Relever le plafond de prélèvement des loups

Le CAF Loup (organisation qui fédère la FNSEA, JA, les Chambres d’agriculture, la Fédération nationale ovine (FNO), son homologue pour les bovins (FNB) et équins (FNC)) a demandé, le 4 mars, un relèvement du plafond de prélèvement des loups. Celui-ci avait déjà été relevé en juillet 2019. En 2019, le nombre d’attaques imputées au loup en France a fortement augmenté : 3 464 contre 3 097 en 2018. Le CAF Loup demande que le plafond de prélèvement puisse être augmenté de 2 % en 2 % sans limitation, chaque fois que des troupeaux sont attaqués et que les plafonds de prélèvement sont atteints.

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