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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 12-03-2020]

Pratiques culturales

Et si on repartait du sol...

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François Stuck, producteur et réalisateur du film (avec la casquette) entouré de trois agriculteurs de Côte-d’Or qui travaillent selon des préceptes de la conservation des sols (de gauche à droite) : Pascal Tatigny, Benoît Lavier et Bernard Darosey.
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Le 4 mars, la projection à la salle Pierre Lescure de Selongey a attiré la foule.
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Bienvenue les vers de terre a été projeté à plus d’une centaine d’occasions, partout en France et même en Belgique, depuis un an.
À travers son film intitulé Bienvenue les vers de terre, François Stuck donne la parole à des agriculteurs qui réfléchissent au rapport qu’ils entretiennent avec le sol et à la manière dont ils cherchent à renouveler l’usage qu’ils en ont. Une projection-débat a eu lieu en Côte-d’Or, à Selongey.
La grande vertu des périodes de doutes, c’est qu’elles obligent à repenser les manières de vivre et de travailler. Dans un contexte de débats multiples, où la bêtise et les outrances ne sont pas rares, découvrir des agriculteurs qui repartent d’un élément aussi fondamental dans leur profession que le sol, pour interroger leurs pratiques, a quelque chose de passionnant.

C’est ce que propose Bienvenue les vers de terre, un film produit et réalisé par François Stuck consacré à l’agriculture dite «de conservation et de régénération des sols». Sorti en janvier 2019, il a, depuis, été projeté plus de cent fois un peu partout en France et même en Belgique, souvent à l’initiative d’agriculteurs convaincus de l’intérêt de ce type de pratique culturale. C’était le cas, le 4 mars à Selongey, commune située au nord de Dijon. Dans une salle comble, le public a pu découvrir, pendant un peu plus d’une heure, ces agriculteurs, du Lot notamment (département où vit le réalisateur), mais aussi de Côte-d’Or, qui parlaient de leur prise de conscience d’un appauvrissement du sol lié à la manière de le travailler.

La logique de base étant qu’un sol est en bonne santé à partir du moment où on lui permet d’être le réceptacle d’une vie foisonnante, où les fameux vers de terre, par les innombrables galeries qu’ils creusent, permettent aux racines de s’épanouir et, au final, à la terre de respirer. L’agriculture de conservation des sols repose sur des notions telles que le semis sous couvert végétal ou encore l’absence de labour.

Travail exploratoire
Des techniques, mais pas un dogme : c’est tout l’intérêt du film qui présente des agriculteurs non pas pétris de certitudes, mais plongés dans un vaste travail de réflexion exploratoire, conscients que ce qui marche ici peut ne pas fonctionner là, qui cherchent à tirer enseignement de leurs avancées, mais aussi de leurs échecs. Et sans prétendre détenir une vérité suprême. «En fait», explique Benoît Lavier, agriculteur dans le nord de la Côte-d’Or qui témoigne dans le film, «le but n’est pas de se battre sur les outils de l’agriculture, mais sur les missions qu’on lui fixe, dans le contexte global de la société». Lui, comme Bernard Darosey ou Pascal Tatigny, deux autres cultivateurs du département venus témoigner ce soir-là à Selongey, explique qu’il a pris conscience du fait que le système agricole selon lequel il fonctionnait n’était pas satisfaisant. «Je voulais redonner de la vie à mes sols» précise-t-il. Cela passe par d’autres manières de les travailler mais aussi par l’instauration de partenariats, par exemple en permettant à un autre exploitant de faire paître ses animaux sur le champ. C’est ce que fait Pascal Tatigny, à Chaignay, près d’Is-sur-Tille, instaurant du même coup d’autres liens entre agriculteurs. Se met ainsi en place une utilisation plus diversifiée des sols, qui contribue à favoriser leur vie interne. Ce va-et-vient, entre des préoccupations purement agricoles et leur impact sociétal est une sorte de «fil rouge» qui traverse le film de François Stuck. «Mon film», précise-t-il, «est né de ma rencontre avec des agriculteurs qui travaillent sur la conservation des sols. En les écoutant et en les regardant, j’ai considéré qu’ils étaient porteurs de quelque chose qui devrait nous interpeller, en tant que citoyens. Ils ont décidé de faire de l’agriculture en partenariat avec la nature. Ils réinscrivent leur activité dans le vivant…»

«Recréer du dialogue»
Le réalisateur l’avoue : la principale difficulté pour lui fut de tourner un film parlant de l’agriculture, mais sans l’imagerie traditionnelle que l’on associe à ces métiers (tracteurs, labours…) Il reconnaît aussi se sentir très encouragé par le fait que les projections sont organisées et soutenues par des agriculteurs. «L’idée avec ce film», poursuit François Stuck, «c’est de générer des rencontres entre agriculteurs et grand public, et de recréer du dialogue autour des enjeux agricoles. L’intérêt de l’agriculture de conservation des sols, c’est qu’elle s’adresse aussi bien aux gros qu’aux petits. C’est une vraie solution environnementale, économique et sociale». Au cours des 110 projections qui ont déjà eu lieu, le réalisateur a pu constater combien les agriculteurs appréciaient d’expliquer leurs pratiques dans ce cadre. Le film rencontre aussi beaucoup d’écho au sein des collectivités territoriales qui y trouvent matière à réflexion face à la problématique de l’érosion des sols. Bienvenue les vers de terre a, par ailleurs, été projeté à l’Assemblée national et a reçu le prix du meilleur film au festival des Possibles, à Sens, en novembre.

Berty Robert

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«Vous ne parlez pas du bio…»

À l’issue de la projection du film Bienvenue les vers de terre, le 4 mars à Selongey, un débat s’est engagé entre les spectateurs, le réalisateur et trois agriculteurs de Côte-d’Or venus apporter leur témoignage. L’un des spectateurs présents s’est étonné qu’à aucun moment dans le film, il ne soit fait référence à l’agriculture biologique. Mais pour une raison simple : l’agriculture de conservation n’est pas une agriculture biologique et les agriculteurs présents ont expliqué qu’ils avaient recours à des produits phytosanitaires, mais de manière très réfléchie, optimisée et avec la volonté de réduire ce recours. Pour autant, ils n’ont parfois pas d’autre choix. «Le but», expliquait Pascal Tatigny, l’un des agriculteurs venu témoigner, «n’est pas de dire « nous faisons bien et les autres font mal » mais de montrer des solutions et des agriculteurs qui pensent les problèmes dans leur globalité. Dans toute technique agricole, il y a du bon et du mauvais, nous tentons de faire progresser nos pratiques mais, dans certains cas, le recours aux pesticides est inévitable. Cela ne remet toutefois pas en cause l’intérêt à long terme de réfléchir à la manière dont vivent les sols que nous travaillons».

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