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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 05-03-2020]

Sociologie

Agricultrices : on est encore loin de la parité

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(Crédit photo : S. Fraisse-Cniel ) En France, une exploitation sur quatre est dirigée par une femme. Mais elles sont encore trop peu nombreuses au sein des organisations professionnelles.
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À l’occasion de la Journée de la Femme, qui a lieu le 8 mars, arrêtons nous un instant sur le contexte dans lequel évoluent les agricultrices.
L’agriculture, comme l’enseignement agricole d’ailleurs, se féminise. On le constate dans les exploitations agricoles, de plus en plus sur les marchés de producteurs, dans les réunions ou salons professionnels, et, à l’approche de la Journée de la Femme, le 8 mars, les chiffres le confirment. Selon les statistiques de la Mutualité sociale agricole (MSA), une exploitation sur quatre est dirigée par une femme. Parmi elles, on recense 110 300 cheffes d’exploitation ou d’entreprise agricole et 23 500 collaboratrices d’exploitation, soit un total de près de
134 000 femmes. Si elles sont bien présentes dans les exploitations agricoles, les agricultrices sont encore peu nombreuses à accéder aux responsabilités dans les organisations professionnelles agricoles et encore moins à s’engager dans les instances gouvernantes de la profession. Pour aller vers plus de mixité dans les Chambres d’agriculture, les règles électorales ont été modifiées par un décret du 29 juin 2012 qui a fixé l’obligation pour chaque liste de comporter un tiers de femmes, et ce dès les élections de 2013. Sur un total de 4 051 élus, les femmes sont désormais
1 100 à siéger, soit 27,15 %. Si l’on est encore loin de la parité, et si la mixité s’est améliorée au sein des organismes consulaires par l’obligation juridique, en regardant de plus près la composition de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture (APCA) suite aux dernières élections de 2019, on ne compte que deux femmes au conseil d’administration et plus qu’une seule au bureau.

Christiane Lambert, la pionnière
Au sein des syndicats majoritaires FNSEA et JA, la présence de femmes à des postes de responsabilité régionaux et nationaux est encore timide. Même si Christiane Lambert, pionnière en la matière, a été la première femme à présider le Centre national des jeunes agriculteurs (devenu JA) de 1994 à 1998 et a renouvelé « l’exploit » en accédant à la tête de la FNSEA en avril 2017, ce sont encore beaucoup d’hommes qui obtiennent la présidence de sections et commissions techniques et économiques ou siègent autour de la table des conseils et bureaux. Christiane Lambert a été élue par un conseil d’administration de 69 personnes, dont 17 % de femmes. Même constat pour Jeunes agriculteurs qui ne compte que deux femmes sur les 37 membres du bureau et du conseil d’administration, soit seulement 5,4 %. Lors d’un colloque sur la situation des agricultrices organisé par la Délégation aux droits des femmes du Sénat le 22 février 2017, Jacqueline Cottier la présidente de la commission nationale des agricultrices de la FNSEA a évoqué les freins qui empêchent les agricultrices de prendre des responsabilités dans les instances agricoles  : « Le premier frein, c’est le manque de temps. C’est aussi le manque de confiance en soi. Le soutien du conjoint est également un élément important. Les choix doivent être assumés et partagés par la famille », a-t-elle dit.

Double journée
Christine Valentin, vice-présidente de l’APCA, présidente de la Chambre d’agriculture de Lozère constate que les femmes qui exercent des responsabilités ont souvent une double journée lorsqu’elle rentre à la ferme. « La femme s’occupe de l’administratif, de la ferme, des stagiaires, des enfants, des repas... Au-delà du service de remplacement pour les travaux de la ferme, il serait opportun de faire appel à d’autres associations d’aide à domicile comme les ADMR pour soulager les femmes responsables. Un meilleur accès aux crèches et aux différentes solutions de garde serait aussi une manière d’alléger les obligations des agricultrices. » Un constat et une demande partagés par Élise Michallet, secrétaire générale de la FDSEA du Rhône, élue à la Chambre d’agriculture et à Groupama :  « Le service de remplacement, c’est bien mais il manque quelque chose aux responsables féminines car en plus de la ferme il y a la maison, les enfants à gérer et c’est là toute la différence avec un homme ». Une demande portée par Jacqueline Cottier, présidente de la commission des agricultrices de la FNSEA mais qui peine à aboutir : « il serait intéressant que les femmes puissent bénéficier d’un crédit d’impôt immédiatement défiscalisé à 50 %. Nous aimerions évoquer le sujet avec Marlène Schiappa (Secrétaire d’État chargée de l’Egalité entre les hommes et les femmes) mais malgré nos sollicitations, elle n’a jamais repris contact avec nous ».

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Un Club des administratrices

La coopération agricole n’est pas mieux lotie en administratrices. Seulement 8,4 % des administrateurs de coopératives agricoles sont des femmes. D’où l’initiative en 2018 au sein de Coop de France de créer Le club des administratrices pour « susciter des vocations et aider les femmes à prendre confiance, à avoir de l’ambition et de sensibiliser les membres des conseils sur l’intérêt de la présence des femmes ». Le club se propose d’identifier « les principaux points de blocages, les résistances, les contraintes, freins… liés au contexte de la coopération agricole ou aux individus eux-mêmes ». Son objectif est de contribuer à l’augmentation de la présence des femmes dans les conseils d’administration mais aussi leurs bureaux. Le club se propose d’identifier « les principaux points de blocages, les résistances, les contraintes et les freins liés au contexte de la coopération agricole ou aux individus eux-mêmes ». Son objectif est de contribuer à l’augmentation de la présence des femmes dans les conseils d’administration mais aussi les bureaux.

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