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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 20-02-2020]

Diversification

«L’année 2016 nous a fait réfléchir»

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Francis et Véronique Laville se sont notamment lancés dans le forçage d’endives.
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Les endives sont recueillies après 21 jours de pousse, dans des conditions bien spécifiques.
Un piteux exercice il y a quatre ans a engendré bon nombre d’évolutions à l’EARL des Houblonnières, près de Mirebeau-sur-Bèze.
Quand rien ne va, mieux vaut se mettre autour de la table et remettre en question ce qui peut l’être. «C’est ce que nous avons fait en 2016, année pluvieuse au cours de laquelle ni la qualité, ni la quantité, ni les prix de nos différentes productions n’étaient au rendez-vous», se rappelle Véronique Laville, agricultrice à Viévigne avec son mari Francis. Leur ferme de polyculture-élevage a connu de nombreux changements depuis cette année-là. «Nous sommes tout d’abord partis sur des rotations plus longues dans nos productions végétales, celles-ci sont passées de quatre à sept cultures et comprennent aujourd’hui du blé, du colza, du tournesol, du pois d’hiver, du soja, de l’orge de printemps et de l’orge d’hiver. L’objectif était multiple : tenter de solutionner la problématique des mauvaises herbes, raisonner au mieux la fertilisation et répartir le risque économique sur plusieurs cultures, devant les aléas climatiques qui se répétaient déjà à l’époque». L’atelier d’engraissement bovin, présent sur la ferme, a considérablement diminué dans le même temps : «nous achetons des broutardes d’un an pour les revendre en génisses deux ans plus tard. Depuis 2016, le cheptel est passé de 80 à seulement 14 bêtes, ce choix a été motivé par la baisse des cours et le manque de rentabilité. Nous allons garder ce nombre d’animaux pour pouvoir rebondir si la demande redevient intéressante». Les deux Côte-d’oriens, par cette diminution d’activité, ont davantage de foin à leur disposition : une cinquantaine de tonnes sont ainsi vendues chaque année, principalement à des exploitants du secteur.

Une envie d’endives
L’EARL des Houblonnières recherchait une nouvelle production pour combler le manque à gagner lié à ses bovins : «il nous fallait trouver une nouvelle production, si possible en hiver, qui est la période durant laquelle nous avions davantage de temps libre. Notre affinité avec le végétal nous a orientés vers le maraîchage, des rencontres ont été très intéressantes avec le GPFL21, le groupement des producteurs de fruits et légumes de Côte-d’Or, qui compte une vingtaine d’adhérents. Dans un premier temps, nous avions envisagé de cultiver sous serre des betteraves, des carottes et des choux. Cette orientation nous faisait malheureusement rentrer en concurrence avec d’autres producteurs du département, ce n’était pas du tout le but recherché ! Nous avons donc continué notre réflexion». Véronique et Francis Laville sont alors «tombés» sur la production d’endives : «celle-ci est bien développée dans d’autres régions de France, la valorisation se fait parfois en circuits courts. Nous avons récupéré quatre adresses de producteurs dans l’Aube et nous sommes allés les rencontrer. Cette production nous a séduits. Nous avons éliminé le modèle industriel pour lui préférer le forçage d’endives, en agriculture biologique».

Un travail méticuleux
Le couple de Viévigne a investi dans un local de production pour un montant de 60 000 euros, subventionné à hauteur de 30 % par le Conseil régional et le Conseil départemental. L’approvisionnement en chicorées est réalisé chez l’un des quatre exploitants aubois qu’ils avaient préalablement rencontrés. Ces racines, arrivées à destination, sont stockées dans une chambre froide à 2 °C pendant au moins une semaine, le forçage d’endive débute alors avec une technique très minutieuse : «il y a beaucoup de travail manuel, en amont et à l’issue de la phase de développement du végétal. L’ambiance dans la salle est déterminante : il doit y avoir exactement 2 °C d’écart entre l’eau dans laquelle baignent les racines et l’air ambiant. Si cet écart de température est supérieur à 2 °C, les endives poussent trop vite et éclatent. Si nous sommes à moins de 2 °C, il n’y a aucune pousse. L’hygrométrie, le renouvellement de l’air et la luminosité sont d’autres critères très importants». Véronique et Francis produisent aujourd’hui 350 kg d’endives par semaine, mais ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin : «nous espérons atteindre la barre des 500 kg, ce qui représente notre potentiel de production. Le forçage s’effectuera jusqu’à fin mars - début avril, et prendra fin quand nous aurons écoulé les chicorées que nous avons en stock. Nous recommencerons cette activité l’hiver prochain». Les produits de l’EARL des Houblonnières se retrouvent aujourd’hui à la Ferme du château de Chevigny-Saint-Sauveur, au drive fermier de Dijon, à la Ferme des Louvières à Saint-Julien, à Multiferm à Asnières-lès-Dijon, à Intermarché à Mirebeau et Saint-Apollinaire, au Carrefour Contact de Saint-Julien, à l’épicerie Colibri de Varois-et-Chaignot, ainsi qu’à la Clé des champs à Dijon. L’EARL des Houblonnières ouvre ses portes chaque samedi de 9 heures à 12 heures.

Aurélien Genest

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