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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 20-02-2020]

Interview

«Ambition Bio 2022 n’a d’ambition que le nom…»

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( Frédérique Touitou ) Pour le sénateurAlain Houpert le financement du développement du bio n’apparaît pas assuré.
Un récent rapport du Sénat se montre très critique à l’égard du pilotage de l’agriculture biologique en France. Alain Houpert, sénateur de Côte-d’Or et co-auteur du rapport revient pour nous sur ce document.
«Un pilotage qui manque de rigueur», «Un modèle fragile» Le rapport du Sénat intitulé «Les financements publics liés à l’agriculture biologique», co-réalisé par Yannick Botrel, sénateur (PS) des Côtes d’Armor et Alain Houpert, sénateur (PR) de Côte-d’Or a livré, lorsqu’il a été rendu public le 29 janvier, un verdict sévère. Il intervient alors que les surfaces agricoles bios ont été multipliées par quatre en quinze ans en France. Cette croissance n’est manifestement pas correctement accompagnée pour les auteurs du rapport. Alain Houpert est revenu pour nous sur certains aspects qui y sont pointés.

- Comment en êtes-vous venu à traiter de ce sujet ?
Alain Houpert : «Au sein de la commission des Finances je suis, avec Yannick Botrel, rapporteur spécial du budget de l’agriculture. Nous nous sommes intéressés à la chaîne des paiements agricoles et nous avons constaté de nombreuses irrégularités auprès des agriculteurs biologiques. C’est ce qui nous a poussés à réaliser ce rapport».

- Le bio est en fort développement dans notre pays. Votre rapport pointe-t-il des fragilités dans cette expansion ?
AH : «Le plan Ambition Bio 2022 est un projet politique du gouvernement, initié en 2018 par le ministre de l’Agriculture d’alors, Stéphane Travert. Nous considérons qu’il n’a d’ambition que le nom. Sur la mobilisation des surfaces agricoles en bio, nous en sommes à 7,5 % de la Surface agricole utile (SAU) national et nous avons de nombreux doutes sur la manière dont ces surfaces sont décomptées. En parallèle, la demande des consommateurs est en expansion importante mais nous y répondons, en France, parce que nous importons 30 % de produits. Cela conduit à une dégradation de notre commerce extérieur agricole. Les objectifs de 15 % de surfaces agricoles en bio et de 1 % de repas bio en restauration collective ne seront pas atteints avant 2026, bien après 2022 donc. Nous avons le sentiment que ce plan Ambition, c’est avant tout de la communication. C’est une politique à bas coût pour les finances publiques, mais à prix élevé pour les consommateurs. Tout est fragile. Il y a des effets limitants au regard de l’objectif d’expansion de l’offre bio, de la satisfaction de la demande… Les consommateurs payent les bienfaits pour la planète de cette agriculture bio, en acceptant de payer le prix fort. Ils compensent les carences des politiques publiques alors que le gouvernement ne cesse de se gargariser avec le bio».

- Comment faire pour continuer à avoir une vision ambitieuse ?
AH : «Pour l’instant, les bovins lait et la viticulture sont les seuls à avoir profité du bio. Mais pour le reste, et notamment les grandes cultures, j’ignore comment on va faire puisque le coût de la conversion des exploitations en agriculture biologique va augmenter de manière forte et les sommes nécessaires n’ont pas été budgétées au niveau gouvernemental. Par ailleurs, l’État se goinfre : il profite des surprix des produits bios pour récupérer davantage de TVA. Le marché du bio en France, c’est 10 milliards d’euros ! Il se comporte comme un passager clandestin, sans retour pour l’agriculteur et le consommateur».

- Le bio est-il un «géant aux pieds d’argile ?»
AH : «La question de la fragilisation du bio se pose, surtout quand on regarde le manque d’honnêteté intellectuelle de ce projet politique. On peut aussi se poser des questions sur le pilotage du bio, notamment sur le maintien de l’agence bio, dont la gouvernance est très problématique. Il y a aussi les conditions dans lesquelles sont financés les certifications et les contrôles, qui sont génératrices de conflits d’intérêts. Nous demandons un audit de l’Agence bio».

Propos recueillis par Berty Robert

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