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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 20-02-2020]

Plantes

Une pérenne pour la méthanisation

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En Allemagne, les méthaniseurs explorent de nouvelles pistes pour concilier production énergétique et demandes sociétales. La silphie perfoliée, productive et mellifère, semble remplir le cahier des charges.
La silphie perfoliée est une astéracée vivace qui ne forme au cours de sa première année de culture qu’une rosette de feuilles étalées au sol. À partir de celle-ci, dès la deuxième année, d’avril à mai, s’élancent plusieurs tiges de section carrée qui atteignent 2 à 3 mètres de hauteur. Chaque plante produit 5 à 10 tiges par an. La période de floraison s’étend de début juillet à la fin septembre. La maturation des graines débute en septembre et se poursuit jusqu’à fin octobre. Les avantages écologiques de la silphie perfoliée résident dans la couverture permanente du sol et la réduction du risque d’érosion associée. De plus, la plante est visitée par de nombreux insectes et peut être considérée comme mellifère. Bien que la silphie perfoliée ait été initialement testée comme plante fourragère pour les ruminants et les petits animaux, elle est actuellement principalement utilisée en Allemagne dans les unités de production de biogaz. Selon les connaissances actuelles, la longévité de cette culture pour la production de matière fermentescible pour les unités de méthanisation est au minimum de 15 ans. La silphie perfoliée prospère très bien dans les conditions pédoclimatiques d’Europe occidentale et n’a pas d’exigence particulière vis-à-vis du climat, compte tenu de sa résistance absolue au gel et de sa relativement bonne tolérance à la sécheresse.

Plante peu exigeante
Vous pouvez facilement la cultiver à des altitudes supérieures à 700 m, comme dans les secteurs où la température annuelle moyenne est inférieure à 6 °C. En ce qui concerne le sol, la plante est relativement peu exigeante. Cependant, elle poussera mieux dans des endroits riches en humus et bien drainés. Pour préparer la parcelle d’implantation, il faut travailler soigneusement le sol et soigner particulièrement le désherbage, éviter les terrains avec un pH inférieur à 5,0 ainsi que les sols hydromorphes, de même que les sols sablonneux recevant de très faibles précipitations. La silphie n’a aucune exigence particulière vis-à-vis du précédent cultural, si ce n’est d’éviter les cultures de colza, tournesol et de soja. Idéalement une céréale d’hiver, pour optimiser le désherbage. La silphie s’implantera préférentiellement après un labour d’hiver. Au printemps, il est conseillé de travailler le sol à plusieurs reprises, afin de contrôler les mauvaises herbes qui ont poussé et de stimuler la germination d’autres graines. La surface (3-5 cm) doit être travaillée de manière fine afin de protéger l’équilibre hydrique du sol et d’assurer la capillarité nécessaire au semis de la Silphia. Un lit de semences bien affiné et friable, sans mauvaises herbes doit être réalisé pour le semis. Si le sol est trop meuble, il convient de le rouler avant le semis afin d’assurer une mise en place uniforme des semences. La récolte des graines a lieu de fin août à fin septembre, et s’effectue en général à la main en plusieurs passes. Les graines ont un PMG de 16 à 20 g. Les graines récoltées ainsi ont une forte dormance et ne conviennent pas au semis direct, car le taux de germination ne dépasserait pas 20 %. De plus, les plantules ne se développent que lentement, ce qui fait qu’un semis avec des graines non traitées peut entraîner des problèmes considérables, en raison d’une compétitivité insuffisante vis-à-vis des mauvaises herbes. Pour sécuriser la réussite de la culture, il est préconisé d’utiliser des semences prétraitées à haut pouvoir germinatif, ce qui permet une levée rapide et homogène, indépendante des effets du gel et de l’alternance des températures. Veillez à semer les graines traitées dans les 8 semaines suivant leur réception. Celles-ci doivent être stockées dans un endroit frais et sec jusqu’au semis. Ces derniers seront réalisés de la mi-avril à début juin, lorsque les conditions seront favorables en termes d’état structural du sol et de portance, et surtout après plusieurs faux semis destinés à réduire au maximum les levées de mauvaises herbes en culture. Le sol doit être suffisamment réchauffé. L’écart souhaitable entre les rangs est de 15-50 cm, mais peut aller jusqu’à 75 cm, selon la technologie de semis disponible et le matériel de désherbage mécanique présent sur l’exploitation. La mise en place de jalons facilitera les passages ultérieurs, tant pour les opérations de désherbage que de fertilisation. En termes de densité, on vise une plante tous les 12-16 cm sur des rangs espacés de 50 cm, soit 15-18 plantes levées par m² et une dose de semis de l’ordre de 2,5-3,0 kg/ha. Si les conditions de sol sont défavorables, on augmentera cette dose de semis de 10 %. L’utilisation de semoirs conventionnels est possible.

Rendements élevés
Un essai à blanc est recommandé, pour vérifier le bon positionnement des graines. La profondeur de semis sera de 1 à 2 cm. Si le sol est meuble, roulez après le semis, pour favoriser le contact sol graine. D’après les différents essais conduits en Allemagne, le contrôle des adventices passe par la combinaison de moyens chimiques et mécaniques lors de la première année d’implantation de cette culture. L’utilisation d’une herse rotative jusqu’au stade 3-4 feuilles permet d’établir un mulsch de surface et de désherber. Si les mauvaises herbes envahissent les jeunes plants de silphie, il est préconisé de pailler les peuplements jusqu’à environ 10-15 cm au-dessus du sol. Cette mesure peut être répétée si nécessaire. Un peuplement dense et régulier en 1ère année est gage de rendements élevés dès la 2ème année, mais aussi de faibles coûts de protection et d’entretien de la culture par la suite. Une autre condition essentielle pour obtenir des rendements élevés est l’apport suffisant de macronutriments (N, P, K, Mg, Ca). L’état calcique du sol peut être analysé et corrigé par chaulage si nécessaire. Les besoins azotés de la plante sont de l’ordre de 100 kg/ha pour la première année. Compte tenu de la fourniture du sol, cela correspond généralement à une fertilisation azotée de 40 à 60 kg/ha. Cela peut être fait de manière minérale, ou sous forme de digestat voire de lisier avant le semis ou la plantation. L’épandage d’engrais organiques après le semis n’est pas souhaitable, car il est susceptible de gêner les plantules et d’introduire des graines adventices. Étant donné que le silphia nécessite environ 0,9 kg d’azote par tonne de matière sèche, en fonction des rendements attendus, on ajustera la fertilisation à hauteur de 120 à 150 kg N/ha, idéalement au début du printemps, selon la météo de l’année, de fin mars à fin avril. Les besoins annuels de phosphore sont de l’ordre de 25 à 30 kg /ha, et ceux de potassium de 200 à 250 kg/ha (Mg = 50-70 kg/ha, Ca = 200-300 kg/ha). Des analyses de sol pour le P, K et Mg ainsi qu’une analyse de la valeur du pH sont recommandées.

Alexandre Coronel

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