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NIEVRE

[Article mis en ligne le 03-10-2019]

Syndicalisme

La colère monte !

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Plusieurs bâches comme celle-ci ont été accrochées aux bennes des tracteurs.
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Au micro, Pascal Lebel explique les pertes économiques liées à la sécheresse aux côtés de Joël Limouzin.
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À l’image de Michel Loison, les agriculteurs ont vivement exprimé leur ras-le-bol.
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Cyril Forest au centre a relayé les revendications de la profession au sous-préfet de Cosne, Laurent Vignaud.
La FDSEA et les JA avaient appelé le monde agricole à se mobiliser mercredi 25 septembre à Cosne-sur-Loire et simultanément à Château-Chinon pour alerter sur la situation catastrophique de la sécheresse, dénoncer les accords Ceta - Mercosur et dénoncer la pression autour du débat sur les Zones de Non Traitement.
Plus de 150 à Château-Chinon et 50 à Cosne-sur-Loire. C’est le nombre d’agriculteurs qui ont répondu à l’appel conjoint lancé par la FDSEA et les JA pour à la fois alerter sur la «catastrophique sécheresse que traverse pour la troisième année consécutives les agriculteurs nivernais», dénoncer ensuite les accords de libres-échanges Ceta-Mercosur et s’opposer à la pression actuelle autour du débat des Zones de Non Traitement. La mobilisation a d’abord pris la forme d’une réunion syndicale sur l’exploitation de Pascal Lebel à Dommartin en présence de Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA en charge notamment des dossiers liés aux risques climatiques et sanitaires. Les échanges ont principalement tourné autour du fond des calamités. Pour l’élu national de la FNSEA, il est inconcevable de toucher au dispositif du fonds d’aides des calamités, mais il va falloir trouver une autre solution. «Il y a une urgence sur le volet prévention, j’ai le sentiment que l’on va être obligé de mettre plus d’argent de la Pac dans le système assurantiel. Cependant nous sommes opposés à la FNSEA au système d’assurance obligatoire, nous préférons réfléchir à la meilleure manière de sécuriser les exploitations. Je rappelle que les agriculteurs qui se sont assurés cette année ont touché plus d’argent que le fond calamité. Je pense qu’il va falloir se résoudre à s’assurer comme vous le faites déjà contre les risques d’incendies de vos bâtiments. Une assurance climatique doit être considérée comme une aide en cas de coup dur, mais où met-on le curseur ? C’est toute la question. C’est la raison pour laquelle, nous avons le devoir de faire expertiser nos exploitations» a lancé Joël Limouzin aux agriculteurs.

Changement de ton à Château-Chinon
Les agriculteurs se sont rendus ensuite devant le parvis de la sous-préfecture de Château-Chinon où certains de leurs collègues avaient installé des tracteurs pour bloquer complètement la rue. Ironie de la situation, la pluie s’est invitée dans les échanges sans pour autant perturber la manifestation. «On veut juste vous nourrir sans mourir» ou «Sécheresse + prix en baisse = finances sec : que fait l’État ?» pouvait-on lire sur les bâches accrochées aux bennes des tracteurs. Emmanuel Bernard, Président de la section bovine de la FDSEA a pris la parole en premier pour lancer les débats et donner le ton : «Nous sommes une des professions les plus vertueuses et nous sommes toujours prêts à dialoguer et à échanger nos idées. Mais comment voulez-vous que l’on reste calme lorsque l’on ne veut plus nous écouter comme lors de notre dernière réunion sur les ZNT où le Conseil Départemental et Régional ne se sont pas déplacés ? La situation est d’une extrême gravité et n’avons pas besoin de petites réponses mais plutôt d’orientations car la France a encore besoin de nous !» a lancé Emmanuel Bernard à Colette Lanson, la sous-préfète et à Sylvain Rousset, DDT adjoint présent. «L’année dernière, les banques nous ont prêté de l’argent, et nous devons rembourser, mais avec quel argent, sachant que nous avons 100 euros de moins par broutard ? Certains agriculteurs vont donc devoir faire un emprunt pour rembourser ce qu’ils ont emprunté. Jusqu’à quand cette situation peut-elle tenir» a interrogé Pascal Lebel à destination de Colette Lanson qui dit entendre et comprendre la situation tout en promettant de faire remonter les revendications. Mais cette réponse ne plaît évidemment pas aux agriculteurs à l’image de Michel Loison qui laisse soudain éclater sa colère : «On se fout de nous, cela fait trente ans que je viens ici et trente ans que l’on nous dit que l’on va faire remonter, mais faites plutôt descendre et amenez-nous des bonnes nouvelles !» a crié l’éleveur passablement énervé sous les applaudissements de ses collègues. «À force d’attendre, vous n’aurez bientôt plus d’exploitants. Il y a un agriculteur qui se suicide par jour et personne n’en parle» a lancé un autre agriculteur aux représentants de l’État.
Des échanges qui se sont poursuivis jusqu’en fin d’après-midi sans déboucher sur des annonces concrètes. Néanmoins, les agriculteurs ont pu avec dignité exposer leurs revendications et leur colère du moment.

Théophile Mercier

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