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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 29-08-2019]

Conditions météorologiques

Les abeilles font les horaires décalés

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Damien Dumant, sa femme Katia et leurs enfants Arnaud (à droite) et Adrien, de la ferme Caprices d’abeille, constatent un impact important des conditions climatiques sur la production de miel par les abeilles.
Avec les grosses chaleurs survenues cet été, il n’y a pas que les hommes qui ont souffert. Les animaux aussi. C’est le cas des abeilles qui ont dû s’adapter aux fortes températures pour continuer à fabriquer du miel. Mais avec les plantes qui ont mal supporté la météo, les conséquences sur la récolte s’en sont fait ressentir.
Qui dit grosses chaleurs dit adaptation. Cet été, ce n’est pas un scoop, il a fait chaud. Très chaud même à certains moments. Alors, les animaux, comme nous, ont souffert et ont dû s’adapter aux conditions climatiques difficiles. Comme les abeilles, qui n’ont pas pris de vacances pour assurer une production de miel qui bat de l’aile cette année. «En général, par fortes chaleurs, les abeilles vont se mettre à travailler dès le matin, au lever du soleil, où il fait le plus frais et vont reprendre tard le soir, à la fraîche. Car les fleurs aussi s’expriment. S’il faut trop chaud, le nectar s’évapore plus vite et les fleurs se referment», indique Damien Dumant, de la ferme Caprices d’abeille, à Champigny-sur-Yonne.
Pour autant, les apiculteurs veillent à ce que leurs petites protégées ne souffrent pas trop de la chaleur. «On a des abreuvoirs dans chaque coucher pour les abeilles. On met des fûts de 200 litres d’eau que l’on met dans le rucher avec une partie flottante pour qu’elles puissent s’abreuver sans se noyer», explique-t-il. «Après, il y a aussi un travail de ventilation de leur part. Elles vont s’activer pour ventiler et essayer d’évacuer la chaleur dans la ruche».

Veiller à ce que l’abeille ait suffisamment de réserves
Mais pour que cela soit efficace, Damien Dumant prend soin de bien choisir l’emplacement des ruchers. «La plupart sont en sous-bois, dans des endroits ombragés pour éviter qu’elles ne supportent de trop fortes chaleurs. Car s’il fait plus chaud dehors que dans la ruche, la ventilation ne sert plus à rien. Et la cire d’abeille va ramollir avec les cadres qui vont commencer à s’affaisser avec le poids du miel. Si la reine se retrouve coincée dans le miel fondu, c’est toute une colonie qui est morte».
Pour cela, l’apiculteur prévoit suffisamment d’isolation dans la ruche pour que la pénétration de la chaleur soit atténuée. Mais les grosses chaleurs étaient si fortes qu’un rucher a fini par s’affaisser, le 25 juillet, sans toutefois que la reine et les colonies ne soient détruites.
«Il faut aussi que l’on surveille si l’abeille a suffisamment de réserves. Car s’il y a moins de miellée, elle doit vivre sur ses réserves. Alors il faut s’assurer qu’elle passe ces périodes de disette».
En effet, cette année, la miellée est moindre que les années précédentes. Une conséquence une nouvelle fois à des conditions météorologiques particulières. «La problématique a commencé à l’automne de l’année dernière. La sécheresse a fait que les colzas n’ont pas levé. Et le colza est une floraison importante pour le démarrage au printemps. Au-delà même de la miellée, il permet le démarrage des colonies», indique Damien Dumant.

Des miellées très courtes
Là encore, pas de scoop : la production de colza a été très limitée cette année. Aussi, le printemps plutôt froid et pluvieux n’a pas permis une bonne miellée à cette période. «Le coup de gel qui a suivi a brûlé les bourgeons de fleurs d’acacia. On craignait qu’il n’y ait pas du tout de floraison d’acacia. Au final, il y a quand même une floraison qui s’est faite, mais la fleur ne s’est pas exprimée», détaille-t-il. «La miellée n’a duré que trois jours car le cœur de la fleur est resté fermé. Il n’y avait pas l’odeur de la floraison c’est pour cela que les abeilles se sont détournées de l’acacia pour aller sur d’autres choses comme des troènes et des buissons».
Cela s’est vu à l’extraction. «Cette année, on n’est pas sur un miel acacia pur mais un peu plus teinté. Le goût change aussi. Pour le miel d’acacia pur, normalement on est sur des notes douces et vanillées. Là, le miel est davantage plus fruité et marqué», commente Damien Dumant.
Quant à la floraison de châtaigniers ? Elle aussi n’a duré que quelques jours à cause de la canicule de juin, avec des fleurs qui ont grillé. «Les abeilles se sont réfugiées dans les ronces en sous-bois, plus protégées de la chaleur. Alors, la miellée n’a pas été bonne non plus».
La miellée de tournesol a été sur la même lignée que celles de l’acacia et du châtaignier, voire légèrement meilleure, sans être exceptionnel.

Christopher Levé

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