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YONNE

[Article mis en ligne le 13-08-2019]

Viticole

Tractoriste : un autre métier de la vigne

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Brice Dollet, tractoriste au domaine William Fèvre, à Chablis, a suivi une formation en interne pour accéder au métier.
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Le désherbage se fait grâce à l’interceps, qui va se glisser sous les premières racines, sans entrer très profondément dans le sol.
Si l’on parle beaucoup du métier d’ouvrier viticole, nécessaire au bon développement de la vigne, le tractoriste a aussi son rôle à jouer, tout au long de l’année, pour veiller à mettre la plante dans les meilleures conditions possible, en vue de la récolte
D’une vendange à une autre, il y a tout un processus qui est réalisé dans la vigne, tout au long de l’année. Car le raisin n’arrive pas tout seul. C’est le fruit d’un long travail, effectué tant par l’ouvrier viticole que par le tractoriste. «Après la récolte, on a un petit passage pour la tarière, c’est-à-dire pour enlever les ceps morts et faire les trous pour mettre les nouveaux plants», indique François Ménin, chef de culture du domaine William Fèvre, à Chablis. «Ensuite, à l’automne, il va y avoir tout ce qui va être positionnement d’amendement ou d’engrais organique. Il peut également y avoir du griffage et du buttage, qui vont à nouveau être faits en février, comme l’épandage».
Lorsque la période redémarre pour le végétal, le tractoriste va s’atteler au débuttage et aux travaux de sols au niveau interceps. «L’interceps travaille sous le rang. C’est la majeure partie du travail en bio, car comme on ne désherbe pas, il faut enlever l’herbe mécaniquement», poursuit François Ménin.

Le certiphyto obligatoire pour manipuler les produits
Va suivre la période de traitement. «On peut commencer fin avril, début mai, en fonction du stade du bourgeon, jusqu’à début août, où il y aura plusieurs feuilles étalées. Il n’y a pas d’obligation, c’est au ressenti du domaine», assure François Ménin. «Le but est de protéger la récolte contre la maladie. Sur Chablis, les maladies les plus connues sont le mildiou, l’oïdium, le black-rot et le botrytis (la pourriture, ndlr)».
Si, au domaine William Fèvre, la stratégie de traitement pour la campagne est établie par le chef de culture (ailleurs, elle peut être établie par le vigneron ou encore des entreprises extérieures comme Soufflet, ndlr), l’application peut être faite par le tractoriste, si ce dernier à son certiphyto. Un document de l’État obligatoire pour avoir le droit de manipuler des produits phytos, qu’il est possible de passer au CFPPA. «Le certiphyto est là pour sensibiliser l’applicateur à respecter les normes de sécurité. Il faut porter des EPI (équipements de protection individuelle) et avoir des pratiques responsables, c’est-à-dire de bien mettre les produits phytos dans un local à part, de connaître la dose des produits, ou encore de bien lire les étiquettes, entre autres».
Un certificat que possède Brice Dollet, tractoriste au domaine William Fèvre. «Ça me permet de préparer ma bouillie moi-même (en suivant les instructions listées par le chef de culture, ndlr) et je de la mettre dans le tracteur, avant de la pulvériser avec les rampes, dans la vigne».
À cette période, il y a aussi le rognage. Ça permet de contrôler la vigne de façon ce que ce soit structuré et plus facile pour la taille. Le rognage commence début juin jusqu’au moment des vendanges », reprend François Ménin.

Une formation au CFPPA ou en interne
Alors, quelles formations sont nécessaires pour accéder au métier de tractoriste. Il y a deux cas de figure. La première est de suivre la formation proposée au CFPPA du lycée La Brosse. «On prend souvent un jeune issu de cette formation, qu’il suit en alternance», commente François Ménin. «Il a une partie en cours où il voit toute la théorie autour du travail effectué avec le tracteur, le placement, comment fonctionne un moteur, comment on branche tel type d’interceps ou tel type de rogneuse, comment fonctionne une pulvérisation, comment on fait les débits», détaille-t-il. «Il a aussi un peu de pratique chez des viticulteurs pendant les cours. Après, chez nous, on leur montre le métier de vigneron à pied et en tracteur, à faire de la mécanique, de l’entretien, des vidanges».
Mais le jeune n’est pas livré à lui-même les premiers temps. «Il est encadré par les chauffeurs en place, il regarde comment se placer dans la vigne. Ce n’est pas la même chose en cours que sur le terrain. Des fois il y a des endroits qui sont beaucoup plus compliqués à appréhender», affirme François Ménin. «Il apprend aussi à manipuler les interceps, car les modèles sont différents d’un domaine à un autre, comme les branchements qui changent d’un tracteur à un autre».
Au fur et à mesure de l’année, le jeune a de plus en plus de liberté pour être autonome à la fin de la saison.
Second cas de figure est possible : la formation en interne, comme ce fut le cas pour Brice Dollet. «Lorsque je suis arrivé, on m’a montré comment fonctionner le tracteur. Puis j’ai appris sur le tas. Il y avait les collègues qui étaient là pour m’expliquer les réglages à faire car c’est le plus compliqué», confie-t-il. «Il faut régler les profondeurs, les alignements, les écartements. Toutes les vignes n’ont pas les mêmes écartements alors il faut savoir les régler pour ne pas arracher les pieds de vigne. Par exemple, sur le servomoteur, il y a une tige qu’il faut placer précisément pour que ça soit au plus près du pied, pour ne pas laisser de l’herbe». Une mécanique à appréhender mais qui fait aussi tout le charme du métier.

Christopher Levé

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