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YONNE

[Article mis en ligne le 08-08-2019]

Projet R2D2

Une solution possible pour sauver la production de colza

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L’introduction d’espèces mellifères comme les féveroles permet de nourrir les auxiliaires, néfastes aux insectes ravageurs.
Porté par Terres Inovia, en partenariat avec Arvalis - Institut du végétal, l’Inra, l’union des coopératives SeineYonne, Soufflet agriculture, Dijon céréales et la Chambre d’agriculture de l’Yonne, le projet R2D2 est un projet ambitieux visant à relancer la production de colza dans l’Yonne, face aux attaques des insectes ravageurs.
Initialement, dans l’Yonne, et ce depuis plusieurs dizaines d’années, le colza représente l’une des plus grosses productions de culture au sol avec 66 000 hectares cultivés, c’est-à-dire près de 25 % de la production totale du département. Mais cette année, la production est bien en dessous de celle espérée avec près de 60 % de surface cultivée en moins par rapport à l’année précédente (qui était déjà à la baisse), avec des rendements qui vont de 4 à 36 q/ha.
Alors, Terres Inovia, en partenariat avec Arvalis - Institut du végétal, l’Inra, l’union des coopératives SeineYonne, Soufflet agriculture, Dijon Céréales et la Chambre d’agriculture de l’Yonne, s’est lancé dans un projet ambition visant à relancer la production de colza dans l’Yonne : le projet R2D2 (Restauration de la régulation naturelle et augmentation de la robustesse des systèmes de culture pour une réduction durable de la dépendance aux insecticides).
« C’est un projet qui vise à remettre de l’agronomie et à retravailler avec les auxiliaires, c’est-à-dire les prédateurs des insectes qui nous posent souci, sur un territoire qui fait 1 200 hectares », explique Gilles Robillard, agriculteur à Méré et secrétaire général de la FDSEA de l’Yonne, qui suit le projet R2D2 avec Terres Inovia. « Jusqu’à présent, on s’est toujours concentré sur les insectes qui nous sont nuisibles mais jamais sur ceux qui peuvent nous aider à les détruire ».

Créer des réservoirs de biodiversité
Pour cela, le projet vise à travailler sur une zone expérimentale à travers des jachères fleuries et en remettant des espèces mellifères afin de donner à manger aux prédateurs. « Ça va aussi passer par une gestion agronomique, c’est-à-dire essayer de diversifier un peu plus les assolements sur les exploitations pour éviter de revenir en rotation trop rapidement », poursuit Gilles Robillard.
Autre élément qui ressort du projet R2D2 : celui d’éviter d’utiliser des insecticides sur les parcelles pour ne pas détruire les prédateurs. Aussi, « ça va être de travailler au maximum en semis directs pour éviter de chambouler le sol et de perturber les auxiliaires, pour leur laisser un habitat. Et de faire des bandes enherbées avec des plantes fleuries, des haies pour faire des réservoirs de biodiversité et pouvoir coloniser toute la zone. C’est d’essayer de recréer un équilibre naturel face à notre problème », détaille Gilles Robillard.
Pour ce dernier, le projet R2D2 est une véritable opportunité pour les agriculteurs qui n’arrivent plus à faire du colza. « Ça va leur apporter un conseil adapté. Mais il faut arriver à trouver le juste équilibre sans perdre économiquement tout en arrivant à redévelopper la culture du colza sur les exploitations ».

Un projet sur six ans
Le projet R2D2 est un projet d’expérimentation, sur six ans, à l’échelle d’un territoire. « Si on arrive à trouver une solution sur cette zone-là, on pourra l’appliquer partout », indique Gilles Robillard. Mais pourquoi faire ce projet sur une zone de 1 200 hectares ? « Pour que ce soit plus pertinent en termes de production et de suivi d’insectes. Il y a des comptages d’insectes, des suivis de reproductions, d’aménagements, d’habitats », répond-il. « Il y a une régulation naturelle qui prend du temps ».
Le projet R2D2 ne s’applique pas uniquement au colza. « Les agriculteurs concernés continuent leurs productions classiques (orges, colzas, pois chiches…). Le but est de travailler sur le système, pas sur une production particulière ». Et les agriculteurs volontaires sont accompagnés par Terres Inovia. « Des ingénieurs interviennent pour trouver le bon angle d’attaque, sans perturber les systèmes d’exploitation pour que l’agriculteur puisse continuer à travailler », assure Gilles Robillard. « Ils sont suivis. Il y a des tours de plaines, des réunions… On leur donne tous les moyens pour y arriver. Et s’ils veulent réintroduire du colza, ils ont une chance d’y arriver avant tout le monde », conclut-il.

Christopher Levé

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