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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 08-08-2019]

Sécheresse

La FNSEA en appelle au pragmatisme

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Pour pallier les déficits de fourrage, des opréations de solidarité sont orgnaisées par le réseau FNSEA.
Le 29 juillet, Christiane Lambert a rencontré Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’alimentation. Avant la pause estivale, ils ont ainsi pu échanger sur les priorités et les actualités, notamment la sécheresse. La FNSEA estime avoir été entendue, cependant, elle appelle le gouvernement à faire preuve de plus de pragmatisme.
« Au niveau national, la situation est catastrophique, le cumul sécheresse et canicule a entraîné de fortes pénuries d’eau », s’est désolée Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, le 29 juillet, à la sortie d’un rendez-vous avec le ministre de l’Agriculture. La situation est particulièrement préoccupante pour les éleveurs qui ont de forts besoins en fourrage en raison de la sécheresse. Durant le rendez-vous avec le ministre, il a ainsi été convenu de mettre en place une cellule de coordination pour le transport du fourrage afin de lever le frein que représente le coût de transport. Christiane Lambert évoque ainsi la possibilité de rendre les péages gratuits, elle appelle toutefois à être vigilant afin que ces mesures ne profitent pas à des transporteurs étrangers. Afin d’augmenter les disponibilités de fourrage, le ministre a également décidé d’élargir à 27 nouveaux départements supplémentaires la dérogation pour cas de force majeure afin de permettre aux éleveurs concernés par un manque de fourrage de valoriser leurs jachères, 60 départements sont donc désormais concernés. Pour la présidente de la FNSEA, cela devrait permettre d’augmenter les stocks, d’autant plus que des opérations de solidarité sont organisées par le réseau de la FNSEA depuis le 1er mai. L’organisation syndicale reste tout de même attentive quant à l’évolution des conditions climatiques dans les autres départements de manière à soutenir cette même demande qui pourrait émaner de nouveaux départements.

Dérogation pour les SIE
Au regard des conditions climatiques difficiles, et à la demande de la FNSEA, le ministre a décidé de permettre aux exploitants qui le demandent de décaler au 20 août la date de début de présence obligatoire des cultures dérobées. Cette dérogation sera accordée en fonction de l’évolution de la situation climatique. Les exploitants dont les cultures n’auraient pas levé ou partiellement levé du fait des conditions climatiques doivent déposer une demande de dérogation. Pour la présidente de la FNSEA, il est nécessaire que les préfets, en charge d’accorder ces dérogations, soient facilitateurs et évitent les lourdeurs administratives. La FNSEA regrette ainsi que les agriculteurs qui auront valorisé leurs jachères déclarées en SIE doivent adresser un courrier à leur DDT et que sa demande visant à étendre le cas de force majeure à un niveau « régionalisé », sans information individuelle afin de limiter la charge administrative, n’ait pas été retenue. Christiane Lambert exprime le même regret concernant l’exonération de la taxe foncière non bâtie. Si elle apprécie que le dégrèvement automatique ait été retenu, elle se désole qu’il se fasse sous condition d’effectuer des zonages. La FNSEA invite ainsi les agriculteurs à se rapprocher de leurs DDT afin qu’elles identifient les pertes de récolte consécutives à la sécheresse sur les communes impactées.

Mieux anticiper et mieux protéger
Sur le volet assurance-récolte, le ministre a été interpellé sur la nécessaire installation d’un « filet de sécurité » en cas d’arrêté d’interdiction d’irrigation, rarement pris en charge par les assureurs, et excluant les indemnisations, tant par les assureurs que par le Fonds des calamités. À défaut de réponses claires du ministre, ce point essentiel devra être intégré dans les réflexions en cours sur la mise en place d’une « assurance généralisée ». Afin de mieux protéger les cultures et atténuer l’effet des sécheresses dans les années à venir, Christiane Lambert appelle à favoriser plus largement l’irrigation pour permettre de protéger les cultures. « Les assureurs disent que sans l’irrigation les montants des indemnisations vont augmenter de 150 % », insiste-t-elle. « L’alternance inondations -sécheresse nous le démontre : il faut changer nos habitudes. Les agriculteurs ont déjà beaucoup adapté leurs pratiques, l’eau est plus efficace en agriculture. Pourtant, la France ne stocke que 2,7 % des eaux de pluie, c’est bien trop peu », ajoute la présidente. Elle souhaite donc que sur ce sujet, comme sur celui du stockage de l’eau le débat soit plus pédagogique, plus sain, plus pragmatique d’autant plus que la révision de 2015 offre des possibilités. « Il est possible d’effacer les craintes, nous savons être plus efficaces dans notre utilisation d’eau et nous sommes pour le partage de la ressource », appuie la présidente de la FNSEA.

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