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[Article mis en ligne le 01-08-2019]

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La FDSEA et les JA en soutien des agriculteurs

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Le visage grave, les agriculteurs tentent de faire entendre leur point de vue à Johanna Donvez.
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Image impressionnante de la parcelle de moha d’Yves et Karine Hennebert. Sur 18 ha de semés, seulement 1 ha a pu résister à la sécheresse.
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La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs étaient sur le terrain ce jeudi 25 juillet aux côtés de la DDT pour activer à la fois la dérogation à l’implantation des SIE et lancer la procédure calamités.
Obtenir une dérogation à l’implantation des dérobées SIE et mettre le pied à l’étrier pour lancer la procédure « calamités », tels étaient les deux objectifs de la visite de terrain organisée par la FDSEA et les JA. La matinée a commencé sur l’exploitation de Christophe Bonnard. Ce viticulteur installé depuis 1985 possède 10 hectares en appellation Pouilly Fumé sur le domaine de Congy. Il exploite également 360 hectares de céréales. Sur son secteur, il n’a pas plu depuis le 9 juillet où 15 mm d’eau étaient tombés. « Mes rendements en cultures sont catastrophiques, j’ai par exemple réalisé 4 q/ha pour les lentilles et pour le colza d’hiver. Mes vignes souffrent également notamment mes repiquages d’avril qui manquent d’eau. En tous les cas, cette situation ne donne plus envie de semer des cultures de printemps » déplore-t-il. La thématique de cette première étape de la visite concernait le règlement des SIE notamment pour les agriculteurs ayant fait le choix d’implanter des cultures dérobées pour atteindre les 5 % de SIE au titre des aides PAC. Cette année la période de semis a été fixée entre le 5 août au 29 septembre.
À ce sujet, la même question se pose que l’an passé à savoir semer ou ne pas semer ? C’est une question que se pose évidemment Christophe Bonnard : « J’ai bien essayé de travailler mon sol avec une herse, mais à part endommager le matériel c’est tout ce que je peux faire » se désole-t-il. Venus en voisins à cette première étape, certains agriculteurs ont tenté d’interpeller Johanna Donvez, cheffe du Service Économie Agricole à la DDT de la Nièvre, sur le caractère répétitif de ces aléas. « Ne peut-on pas mieux anticiper et éviter d’arriver au pied du mur ? Cela pourrait nous éviter de demander des dérogations alors qu’il est presque déjà trop tard » a estimé un exploitant. « Pour les SIE, vous avez une obligation de moyen qui consiste à démontrer que la semence n’a pas été semée. C’est une disposition que nous impose l’Europe » a détaillé la cheffe de service. Pour cette dernière, il va être de plus en plus difficile à l’avenir de justifier le caractère exceptionnel de l’aléa sécheresse au vu de la répétition des événements d’années en années. Elle a ajouté que la tendance désormais pour le gouvernement est d’inciter les exploitants
agricoles à se tourner vers le système assurantiel.

Les éleveurs laitiers ne sont pas épargnés
La seconde étape de cette visite de terrain à fait escale au Gaec des Battants chez Yves et Karine Hennebert situé à Poucelanges lieu-dit de la commune de Prémery. Depuis 15 jours, les vaches taries sont affouragées avec le foin du pré. Impossible de faire autrement tant les parcelles sont grillées. Il en va de même pour les cultures et notamment avec le sorgho qui à l’œil nu ne dépasse pas les 10 cm de pousse. Les volumes de luzerne de l’exploitation sont également catastrophiques. « Habituellement, j’en ramasse au moins 10 tonnes mais cette année j’en ai réalisé à peine 800 kg. Mon moha a aussi grillé, il m’en aurait fallu 3 tonnes pour rentrer dans mes frais » se désole Yves Hénnebert. Il faut préciser que l’agriculteur avait acheté une semence qui était censée être résistante à la sécheresse, or sur les 18 hectares de semés, seulement 1 ha a réussi à pousser.
L’an passé l’exploitation avait déjà été touchée par la sécheresse et Yves Hénnebert avait été contraint d’acheter 150 tonnes de fourrage pour nourrir ses vaches laitières et garantir un niveau de lactation suffisant. Pour l’heure pas de pénurie de foin en vue pour la ferme mais les frais en abreuvement vont être conséquents.
« Chaque année, j’ai une facture d’eau de 15 000 euros. Avec cette sécheresse qui est plus précoce, j’imagine que la facture va être plus importante » a estimé Yves Hénnebert.

Demander rapidement la calamité agricole
Marie-Bernard Benoist, polyculteur éleveur sur la commune d’Alluy a accueilli la dernière étape de la visite de terrain. La problématique du manque de fourrage a plus particulièrement focalisé les débats. Autour de la ferme de cet exploitant il n’y a plus rien si ce n’est les chardons qui résistent encore à la sécheresse. Comme l’an passé, l’agriculteur n’a pas réussi à faire ses stocks de fourrage, il lui en manque environ 90 tonnes. « Habituellement je rentre 350 bottes et cette année j’en ai stocké 120. J’ai dû acheter 27 tonnes de malt d’orge à 150 euros la tonne pour compenser » explique-t-il a la représente de l’État.
Présent également Patrice Save, céréalier sur Alluy s’est fait le porte-parole de ses collègues : « Quel est l’intérêt économique et de semer des SIE si nous savons pertinemment qu’il n’y aura pas d’eau. N’oublions pas que derrière, il y a un intérêt écologique. Pour ma part, je me suis assuré à 100 %, mais pour être indemnisé il faut retrouver des bonnes années » a-t-il expliqué à la cheffe de service de la DDT qui s’est engagée à faire remonter au plus vite les demandes des agriculteurs rencontrés sur le terrain.

TM

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