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[Article mis en ligne le 01-08-2019]

Ceta

«­ Le gouvernement lâche les éleveurs français »

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Pour Emmanuel Bernard, le gouvernement abandonne le principe de précaution.
Mardi 23 juillet les députés ont ratifié l’accord de libre-échange entre la France et le Canada. 265 parlementaires ont voté pour, 211 se sont opposés et 77 se sont abstenus dont les deux députés nivernais. Emmanuel Bernard, président de la section Bovine de la FDSEA parle d’un abandon du principe de précaution. Entretien.
• Quels est votre réaction à l’issue de cette adoption ?
Emmanuel Bernard : « C’est la culture des paradoxes. L’année 2018 et début 2019 a été consacrée à l’attaque contre le réchauffement climatique et à une montée en gamme de notre agriculture au travers des États Généraux de l’Alimentation qui ont découlé sur la loi Égalim. Et puis à la première décision difficile à prendre qui aurait pu faire changer notre modèle, on peut s’apercevoir que la sphère politique n’est pas prête. C’est simplement que nous sommes dans un contexte de stratégie politique très verticale où il n’y a qu’une seule personne qui prend les décisions à savoir le Président de la République. C’est un calcul politique de sa part, et la filière viande bovine est la première à être sacrifiée. Derrière cela, il faut bien avoir en tête qu’il va y avoir de la destruction d’emplois. C’est pour moi un non-sens sur le plan environnemental, social et économique ».

• Quelles peuvent être les conséquences de cette ratification pour le monde agricole ?
Emmanuel Bernard : « Les discussions liées aux Mercosur ou au Ceta ont débuté il y a vingt ans. À l’époque a émergé l’idée d’un standard européen. Aujourd’hui au-delà de l’avenir des éleveurs qui est en pointillé, c’est l’abandon du principe de précaution, qui est pourtant inscrit dans la constitution française. La protection du consommateur est elle aussi remise en cause au niveau européen avec cette ratification. En trois semaines, si vous ajoutez le Ceta, et le Mercosur, le tonnage supplémentaire importé est équivalent au cheptel race à viande français en termes de production. L’Europe et la France sacrifient le modèle d’élevage complémentaire au lait. Pour moi, nous allons droit vers la logique d’un plan social où l’on peut imaginer que le gouvernement donne aux éleveurs de l’argent pour stopper leur activité. Comment peut-on imaginer s’installer dans le futur en tant qu’éleveur lorsque dans le même temps de la viande de normes inférieures inonde le marché ? Pas plus tard qu’il y a 10 jours, la Chine a interdit l’importation de viande canadienne. Les Canadiens peuvent très bien à terme envoyer ce volume de viande initialement prévue en Asie chez nous en France».

• Y a-t-il encore des marges de manœuvre ?
Emmanuel Bernard :« Nous allons continuer de nous battre, il reste à convaincre les sénateurs qui, je le pense, voteront contre ce texte. Nous avons quand même pour nous protéger l’article 44 de la los Égalim qui interdit la commercialisation de produits agricoles ne respectant pas les normes européennes, c’est déjà un élément fort. Il y a un vrai risque de perdre des marchés si jamais l’Italie décide d’importer de la viande canadienne. Enfin, nous ne pouvons pas comprendre qu’on mette des protections pour sauvegarder la biodiversité et qu’on puisse voter de type d’accord. Pour nous, le gouvernement lâche les éleveurs».

Propos recueillis par Théophile Mercier

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