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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 19-06-2019]

Foncier

Safer : le pari de l’installation

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« Près de 70 % de nos terres libres et disponibles vont à l’installation », souligne Jean-Luc Desbrosses, président de la Safer Bourgogne Franche-Comté.
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Tableau 1 Prix des terres et prés non bâtis en 2018 (Prix moyens triennaux en euros courants par hectare)
Malgré la progression des superficies vendues, plus de 30 000 ha au niveau régional, la pression foncière est toujours présente. La Safer est intervenue sur un volume de 7 000 ha en faveur de l’installation et de l’étoffement des exploitations.
« L’activité est restée globalement soutenue au niveau foncier en 2018, malheureusement, comme dans beaucoup de régions de France, le renouvellement des générations se fait avec plus ou moins de difficultés. Le département du Doubs, avec une installation pour un départ, fait figure d’exception », note d’entrée Jean-Luc Desbrosses, président de la Safer BFC, lors de l’assemblée générale qui s’est tenue le 7 juin à Dole. Les nombreux départs en retraite suscitent beaucoup de vente. Le challenge pour les organismes agricoles et la Safer est de trouver des repreneurs.

7 000 ha rétrocédés
Malgré la progression des ventes sur le marché foncier régional, la pression foncière est toujours présente. Cela se ressent au niveau de la Safer : avec 3 517 candidatures pour 989 lots attribués par la Safer BFC, la moyenne est de 3,6 candidats par lot (2,6 en moyenne en France). Et en moyenne 5,4 candidats par dossier viticole traité par la Safer.
L’activité de la Safer BFC en 2018 a permis de rétrocéder 7 075 ha à un peu plus de 1 000 bénéficiaires pour l’installation et l’étoffement des exploitations. La Safer a également transmis 3 300 ha en location, une activité qui progresse, notamment dans le Jura avec 1 180 ha en location. Un important travail est réalisé pour contacter les bailleurs et aider à l’écriture du bail, notamment pour les candidats hors cadres familiaux.
Dans ce contexte, l’installation agricole reste plus que jamais une priorité pour la Safer avec plus de 4 900 ha soit 68 % des surfaces libres maîtrisées (ventes et locations).
« Le dynamisme de l’installation est fortement lié au dynamisme des filières en BFC qui est également hétérogène », souligne Jean-Luc Desbrosses.

Regard sur l’avenir
La Safer cherche à développer des projets qui rendent plus fluides la recherche des candidats.
Parmi les projets qui doivent aboutir d’ici début 2020, le directeur de la Safer BFC, Philippe de Segonzac cite la mise en place de dématérialisation des candidatures depuis le site internet et d’un système d’alerte mail sur les annonces légales en s’inscrivant sur le site de la Safer BFC. Il est également prévu de développer des actions en faveur de l’installation par une convention avec le Crédit Agricole pour le portage de foncier et un système de garantie des fermages avec Groupama.

L’évolution des structures
L’assemblée générale s’est poursuivie avec l’intervention de Laurent Piet, chercheur à l’Inra de Rennes sur l’évolution des structures agricoles en France et dans l’UE.
Une projection à l’horizon 2025, à partir des données MSA et du recensement agricole 2010, ferait arriver la ferme France à 245 000 exploitations, avec une perte de -2,5 % des exploitations par an. Les exploitants français sont certes âgés mais la situation est pire dans d’autres pays d’Europe comme l’Autriche, la Pologne ou l’Allemagne, tempère le chercheur. La tendance générale va, on le sait, vers moins d’exploitations et plus grandes. « Mais toutes les exploitations s’étant agrandies, le ratio d’hétérogénéité est toujours le même. La diversité des formes d’exploitations qui s’éloignent du modèle “1 ferme = 2 UTA” oblige à se centrer sur l’emploi et l’évolution des structures plutôt que sur les exploitations », conclut Laurent Piet.
Pour le président Jean-Luc Desbrosses, « le contrôle des structures et le statut du fermage ont joué leur rôle : ils ont permis d’investir en sécurité et aux exploitations de se développer. Il est nécessaire de continuer à travailler sur ces sujets, sans oublier l’installation ».

Le marché des terres et prés en 2018
Le marché des terres 2018 enregistre une baisse en valeur à 2 930 euros (-3 %) mais laisse apparaître une disparité entre les grandes cultures et les zones d’élevage bovin. Cette baisse fait suite à une hausse de l’année dernière de 6 %.
• En Côte d’Or, même si les valeurs se maintiennent globalement, les zones d’élevage sont en difficulté, d’où une légère baisse des valeurs des prés.
La situation est équivalente pour les terres en zone céréalières de faible potentiel. Les achats par les fermiers en place sont nombreux.

• Le marché nivernais est d’une grande stabilité. Les écarts s’expliquent selon le type de biens vendus. Les superficies acquises par les exploitants en place doublent par rapport à 2017.
Si la tension reste importante sur les zones de culture, les zones à dominante élevage sont toujours en perte d’attractivité.

• Dans l’Yonne, l’accès au foncier libre reste très limité avec une augmentation des prix sur la Puisaye et une baisse sur la vallée et le Pays d’Othe. Le prix des locations progresse dans ces trois petites régions agricoles.
Dans le département, les acquisitions par les fermiers sont stables en surface mais diminuent en valeur. Conséquence directe des dernières années difficiles mettant à mal la rentabilité des outils de production.

I. R.

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