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[Article mis en ligne le 09-09-2020]

Plan de relance

Plus d’un milliard pour l’agriculture, mais pour quoi faire ?

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(Photo Xavier Remongin, ministère de l’Agriculture)
Comme les autres activités économiques, l’agriculture est éligible au plan de relance à hauteur de 1,2 milliard d’euros sur les 100 milliards annoncés par le Premier ministre. Une somme principalement affectée à la conversion vers une agriculture plus écologique et au développement des circuits courts ainsi qu’au plan protéines et à la forêt.
« La France de 2030 devra être plus verte, plus respectueuse du climat. C’est pourquoi France Relance vise à accélérer la conversion écologique de notre économie et de notre système productif. La transformation de nos exploitations agricoles vers le bio et la qualité, l’investissement dans les énergies de demain comme l’hydrogène sont aussi à l’ordre du jour […] La France devra être plus indépendante, plus compétitive, plus attractive. Il s’agit de ne pas dépendre des autres pour les biens essentiels, de ne pas risquer des ruptures d’approvisionnement critiques. France Relance a été conçue comme un accélérateur de souveraineté », notamment dans la santé et l’agroalimentaire. En introduction du document adopté en Conseil des ministres, le Président de la République donne le ton sur le contenu agricole de ce plan. Sur les 100 milliards d’euros annoncés par le Premier ministre, Jean Castex, 1,2 milliard est affecté à la filière agroalimentaire.

Renforcer, accélérer
Ainsi que l’a précisé le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, cette enveloppe vise à renforcer l’indépendance et la souveraineté de l’agriculture française mais surtout à accélérer la transition agroécologique et à lutter contre les effets du changement climatique. Sur le premier volet, l’indépendance et la souveraineté alimentaire, le ministre a évoqué le plan protéines, attendu depuis longtemps et qui sera doté de 100 millions d’euros. Objectif principal : réduire les importations de soja en doublant la superficie en légumineuses d’ici 2030. La filière bénéficiera également du Plan d’investissements d’avenir (PIA) recherche et développement. Sur ce volet, 250 millions d’euros seront affectés à la biosécurité et au bien-être animal. Le ministre a justifié cette enveloppe par « la sensibilité sociétale vis-à-vis des abattoirs ». Elle servira essentiellement à les accompagner dans leurs investissements de modernisation de façon à concilier « les injonctions sociétales aux réalités économiques de terrain ». L’accompagnement concernera aussi les agriculteurs qui font des efforts en ce sens. Dans ce volet également, Julien Denormandie a insisté sur le renouvellement des générations en agriculture. Pour la favoriser, le ministère de l’Agriculture va lancer une grande campagne de communication sur l’attractivité des métiers du vivant, de l’agriculture et de l’alimentation.

Développement des Programmes alimentaires territoriaux
Quant aux jeunes qui s’installent, ils bénéficieront gratuitement d’un diagnostic carbone de leurs sols qui permettra d’identifier les leviers d’amélioration. Mais, pour le gouvernement, l’accélération de la transition écologique, deuxième volet du plan pour l’agriculture, passe surtout par le bio et l’agriculture à Haute valeur environnementale (HVE). Le fonds bio sera doté de quelques dizaines de millions d’euros supplémentaires et les agriculteurs engagés dans la HVE seront éligibles à un crédit d’impôt. Surtout, les circuits courts, « qui ont été plébiscités pendant le confinement », selon le ministre de l’Agriculture, seront encouragés. « Je veux que nos concitoyens mangent des produits frais français », a-t-il insisté. Le Premier ministre, Jean Castex, a évoqué le développement des Programmes alimentaires territoriaux (PAT) en précisant qu’il « faudra permettre l’assouplissement des règles de la commande publique et établir des incitations financières pour que les collectivités locales puissent s’approvisionner près de chez elles ». Sur ce sujet, Julien Denormandie a annoncé un plan de soutien aux cantines scolaires pour atteindre l’objectif déjà fixé de produits bio ou de proximité dans les menus ainsi que le déblocage d’une enveloppe de 80 millions d’euros pour la structuration des filières en circuits courts. 50 millions d’euros seront également affectés à la plantation de haies qui permettent de stocker le carbone ainsi que la création d’une prime à la casse pour favoriser la conversion des agroéquipements chez les agriculteurs vers des matériels plus adaptés aux exigences environnementales (pulvérisateurs par exemple) (150 millions d’euros). Quant à la lutte contre les effets du changement climatique, il s’agit d’accorder une aide aux investissements, aux arboriculteurs et aux viticulteurs pour se protéger contre les aléas tels que des filets anti-grêle. 100 millions d’euros y sont consacrés. À cela s’ajoutent 200 millions d’euros pour le renouvellement et la plantation de 50 millions d’arbres sur une superficie de 45 000 hectares.

D'après Actuagri

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