Le dernier conseil d’administration d’Interbev BFC aura servi de cadre à un débat autour de la question de l’engraissement de bovins en Bourgogne-Franche-Comté.

Conseil d'administration d'Interbev BFC
L'engraissement de bovins en BFC est une option que l'on regarde avec de plus en plus d'attention.

L’engraissement constitue-t-il une orientation pertinente pour la filière bovine en Bourgogne-Franche-Comté (BFC) ? La question mérite réflexion alors que les enjeux de l’élevage à viande ont considérablement évolué ces douze derniers mois. Elle était au cœur du dernier conseil d’administration d’Interbev BFC, l’interprofession régionale bétail et viande, organisé le 13 octobre à Pouilly-en-Auxois, en Côte-d’Or. Interbev BFC avait été sollicité par le Conseil régional en mars dernier sur la question, lors du Salon de l’Agriculture. L’objectif était de réfléchir aux moyens de favoriser l’engraissement régional, en ciblant plus particulièrement les jeunes femelles. Existe-t-il en BFC les capacités de développement pour ces pratiques d’engraissement ? Pour en avoir une vision claire, l’interprofession a mis en place un groupe de travail avec la filière, en septembre. Cela a abouti à la création d’une feuille de route. Les opérateurs régionaux semblent prêts à se lancer, mais il leur faut des débouchés, notamment du côté de la restauration collective. Un levier sur lequel le Conseil régional de BFC peut agir, étant en charge des lycées. Dans le cadre du travail de réflexion ainsi mené, Interbev a contacté le Système professionnel d’informations sur l’élevage (Spie) qui traite les données du secteur. En BFC, on trouve, aujourd’hui, déjà un peu d’engraissement mais la filière va devoir se développer.

Atouts, freins et outils

L’interrogation tourne autour des financements nécessaires pour accompagner le développement des ateliers d’engraissement. En attendant, au niveau d’Interbev, on rappelle les atouts et les freins liés à cette activité. Du côté des atouts : un travail moins contraignant pour les éleveurs que de faire naître des veaux, l’intérêt agronomique de la pratique, la prise en compte de l’engraissement dans la nouvelle PAC, en lien avec les protéines, la possibilité d’approvisionnements locaux pour la restauration collective, l’évitement d’une fuite de valeur ajoutée régionale vers d’autres circuits. Mais il existe aussi des freins identifiés : les incertitudes sur l’approvisionnement régulier en fourrages, d’une année sur l’autre, et les variations climatiques. La nécessité de développer l’engraissement régional est pourtant réelle afin d’éviter la fuite des broutards et laitonnes à l’export, et celle des vaches de réformes (allaitantes et laitières) vers les autres régions. L’objectif est aussi de favoriser une bonne rémunération des éleveurs, grâce à la contractualisation et de faire tourner les outils d’abattages locaux en garantissant des approvisionnements réguliers, et enfin de limiter la dynamique de décapitalisation actuellement à l’œuvre. Quoi qu’il en soit, le développement de l’engraissement ne se décrétera pas : il réclamera la mise en place d’outils et de mesures spécifiques (voir encadré).

Le groupe de travail mis en place par Interbev a listé quelques éléments qui favoriseraient le développement d’un engraissement régional :

-former les éleveurs à de nouvelles conduites d’élevage avec les OP et les Chambres d’agriculture

-former les cuisiniers pour leur apprendre à travailler cette viande et la carcasse dans sa globalité

-mettre en place des contrats juridiques et techniques

-aider financièrement les installations en s’appuyant sur les OP plutôt que les banques, via des subventions régionales

-inciter le Conseil régional à s’approvisionner auprès de cette filière

-rechercher des financements