Litière plaquette
Une envie de recommencer

AG
-

Un éleveur de Pellerey a testé avec succès la litière plaquette pour ses bovins.

Une envie de recommencer
Nicolas Boucherot réutilise de la paille cet hiver, suite à une belle récolte, mais l'éleveur n'exclut pas de revenir rapidement aux plaquettes.

Son élevage bovin et ovin consomme beaucoup de paille, à tel point qu’un approvisionnement extérieur est nécessaire chaque année à hauteur de 50 % des besoins. Les dernières sécheresses ont été rudes et, il y a un an, les disponibilités étaient devenues plus que limitées dans le secteur et même au-delà. « Ce contexte avait précipité les choses, il fallait trouver une solution assez rapidement pour passer l’hiver 2020-2021 assez sereinement », se rappelle Nicolas Boucherot, en Gaec avec son frère Romain et leur sœur Lorraine à Pellerey, près de Saint-Seine-l’Abbaye. L’éleveur bio de 38 ans est entré en contact avec Olivier Jacquand, agriculteur à Francheville, qui mettait justement à disposition de la plaquette forestière : « un article venait de passer dans Terres de Bourgogne, c’était l’occasion de faire un essai. Je suis revenu chez moi avec une première benne de 25 m3 ». Les plaquettes ont été déposées sur les 840 m2 de l’atelier bovin du Gaec comptant 80 vaches Blondes d’Aquitaine, Montbéliardes et Simmental, ainsi que leurs veaux : « les animaux se sont très vite habitués à cette nouvelle litière. Un effet de surprise a tout de même été observé au début, mais le lendemain matin, tout le monde était tranquillement couché». La litière a été remuée une dizaine de jours plus tard, puis paillée la semaine suivante.


Satisfait de la propreté et du confort de ses animaux, Nicolas Boucherot est retourné « faire ses emplettes » chez Olivier Jacquand. « J’ai ramené une seconde benne. Après cette nouvelle utilisation, nous sommes allés chercher du bois mort en forêt, une entreprise nous a broyé l’équivalent de 50 m3, ce volume nous a fait tenir jusqu’à l’arrivée de l’été », poursuit l’éleveur, particulièrement séduit par la démarche : « nous avons utilisé du bois non marchand, qui n’aurait pas servi autrement. Cette valorisation de la ressource locale est vraiment intéressante. La plaquette forestière pourrait nous permettre de gagner en autonomie, de mieux maîtriser notre production de litière. Le broyage de nos haies pourrait être envisagé et valorisé, nous y réfléchissons de plus en plus ». Nicolas Boucherot a profité de l’occasion pour réaliser un test d’épandage dans deux parcelles de blé conduites selon le même itinéraire technique, une seule d’entre elles ayant reçu un fumier avec des plaquettes. L’éleveur dressera un premier bilan au printemps.

 

Le mot de la Chambre

La chambre d’agriculture de Côte-d’Or, en partenariat avec le Conseil départemental, a édité des fiches pratiques sur la gestion et valorisation des haies. Ces fiches sont disponibles sur demande auprès de Sylvie Lemaire (Sylvie.Lemaire@cote-dor.chambagri.fr). Ces fiches mentionnent plusieurs généralités sur les plaquettes. Pour que celles-ci soient de qualité, plusieurs étapes doivent être respectées, que ce soit en matière de coupe, de déchiquetage de stockage ou de séchage. « Mieux vaut faire appel à des professionnels, ou mutualiser l’achat et l’utilisation de matériel grâce aux Cuma », souligne la Chambre d’agriculture, qui ajoute que 4 m3 de plaquettes remplacent une tonne de paille, les économies réalisées pouvant aller jusqu’à 20 % des coûts de revient de la litière. Les interrogations des éleveurs portent sur les impacts de ce type de litière sur la santé et le bien-être animal : globalement il n’y a pas de changement de comportement des animaux, et surtout le constat est fait de moins de boiteries, moins de coliques et de gros nombrils chez les animaux. Ceci s’explique par la diminution du nombre de pathogènes (le bois contenant des composés antifongiques et antibactériens naturels) et par une meilleure stabilité de la litière. Il n’y a aucun retour de phénomène d’occlusion intestinale causé par l’ingestion de plaquettes. De plus, cette litière est plus isolante, moins glissante et dégage moins de poussière qu’un paillage classique. En revanche, la litière est plus froide et plus salissante lors des vêlages, et on peut observer un possible refus de léchage des veaux par les mères. Les éleveurs laissent en général les veaux sur une litière 100 % paille.