Mémoire
L’empreinte de l’histoire dans les paysages ruraux

Chloé Monget
-

Michel Petit, 89 ans, est un retraité actif qui s'efforce de retracer l'histoire rurale de certains lieux par l’analyse géographique et la connaissance des archives publiques et privées.

L’empreinte de l’histoire dans les paysages ruraux
Michel Petit, 89 ans, est un ancien professeur d'université en géographie physique. Il a passé une grande partie de sa carrière à Madagascar, aux Antilles ou encore au Congo.

Ancien professeur d’université en géographie physique, Michel Petit s’attèle aujourd’hui à rassembler des informations autour de la ruralité nivernaise et particulièrement du Sud Morvan. « C’est en discutant que l’on peut avoir accès aux archives privées, qui sont des mines d’or pour comprendre les évolutions de notre territoire rural. En effet, il y a encore aujourd’hui dans les structures agraires des échos de la Révolution sans compter les témoignages inscrits dans les étangs, les forêts, les prairies par les Chartreux d’Apponay mais personne n’y prête attention » souligne Michel Petit.

L’amour du Morvan

« Après mon départ en retraite, en 1995, j’ai réalisé quatre articles de morphologie sur le Morvan pour la Société de Sciences Naturelles d’Autun. J’ai donc beaucoup arpenté ce territoire. Mais, j’ai dû arrêter. Comme j’ai horreur de perdre mon temps, j’ai troqué mes promenades dans le Morvan pour l’histoire locale et ce par hasard ».

Prendre le temps

C’est en discutant avec un ami que les portes d’archives privées m’ont été ouvertes. De là, Michel Petit se dit : « il ne faut pas que ces éléments tombent dans l’oubli ». Partant de ce constat, il commence à engranger les informations. « J’ai mis deux ans environ pour réaliser le premier essai, recherche, rédaction et impression comprises. Cela demande du temps car il faut discuter avec les héritiers s’il en reste, accéder aux archives, faire le tri des éléments, les classer et les contrôler… C’est très méticuleux. Mais, dans tous les cas, c’est toujours un plaisir de découvrir une source inconnue ou perdue depuis longtemps ». Sans compter l’apport des Archives départementales !

L’écho du passé

« Pour moi, toutes ces archives sont de l’histoire concrète que l’on retrouve aujourd’hui. Il serait intéressant d’aborder ces sujets dans les classes au collège ou au lycée, car ces témoignages vivants permettent de toucher de très près à l’histoire des manuels - à l’image de la spoliation de certaines terres appartenant à des nobles lors de la Révolution — Ce qui est fou, c’est que tout le monde en a une vague connaissance mais personne ne s’en soucie vraiment. Mon but est de sortir de l’oubli ces archives riches d’enseignements, de les retrouver sur le terrain, d’en saisir les variations avec les aléas de l’histoire ». Il conclut : « Cela serait fantastique de voir toutes les archives privées numérisées et accessibles à tous, afin que le partage de connaissance sur un territoire donné puisse se faire plus simplement ».

Une mémoire qui perdure

Tout ce travail réalisé par Michel Petit ne tombe pas dans l’oubli, puisque des publications y sont liées. Si son premier ouvrage est dédié au Pays forestier de Fours et la Chartreuse d’Apponay, le second se focalisera lui sur la Sologne Bourbonnaise. L’ouvrage publié à compte d’auteur sera mis en vente, d’ici la fin de l’année, dans les commerces de Cercy-la-Tour (12 euros) et sera consultable à la médiathèque de Nevers, à Decize ainsi qu’aux Archives départementales

 

Une aide discrète

Michel Petit n'est pas totalement seul dans son travail. En effet, Bernadette, son épouse et ancienne enseignante de Lycée en Histoire-Géographie, l'aide : « Je participe par la force des choses car nous discutons beaucoup de ses recherches. De plus, je réalise, en partie, la rédaction sur ordinateur car l'informatique n'est pas son truc ». Au-delà du fait que ces recherches sont intéressantes, elle explique « Michel colle à la géographie, sur un site précis dont il analyse la vie économique et sociale à la lumière des documents d’archive pour comprendre et mettre en avant les évolutions qui ont encore des impacts aujourd'hui ».

Bon pied, bon œil

Si Michel n’évoque aucune difficulté particulière pour réaliser ses ouvrages, il signale tout de même : « plus on remonte dans le temps moins la lecture est facile. À partir des XVIe et XVe ainsi que pour les siècles précédents, il faut être un spécialiste pour comprendre les documents ». Outre cela, il ajoute qu'« avoir accès à des archives privées est un luxe précieux. Les propriétaires sont souvent attachés aux documents que je dois consulter chez eux sauf exception, ce qui, là encore, demande du temps » mais est riche de contacts…

 

Michel et son ouvrage