Grandes cultures
En attendant le printemps

AG
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Petit tour de plaine en compagnie d'un agriculteur du Châtillonnais, plutôt satisfait de ses productions végétales à l'approche du mois de février.

En attendant le printemps
Laurent Baudin, dans l'une de ses parcelles de blé.

R.A.S. : rien à signaler. Le cycle des grandes cultures suit parfaitement son cours dans le département et notamment du côté de Meulson, en haute Côte-d’Or, sur les terres du Gaec Develet Baudin Langel. « Les cultures sont bien implantées, c’est positif. Elles n’ont pas un développement ni un tallage énormes mais il n’y a rien d’anormal compte tenu des nombreux précédents maïs et tournesol que nous avions », commente Laurent Baudin, l’un des trois associés de l’exploitation, en charge des productions végétales. Les seuls « pépins » à déplorer pour l’instant concernent une fois encore les dégâts de sangliers, particulièrement nombreux dans le secteur.

Variétés adaptées

Dans le blé, la nouveauté de l’année est à mettre à l’actif de la variété Junior, qui vient en complément des valeurs sûres nommées Fructidor et Absalon : « nous sommes en agriculture raisonnée et tentons de limiter les IFT. Le choix des variétés peut avoir son importance, nos préférences se tournent souvent vers celles qui possèdent le gène PCH1, synonyme de tolérance au piétin verse. Nous privilégions également les blés résistants à la septoriose. Le choix des variétés, associé aux OAD, ne peut être qu’un avantage en vue d’une utilisation moindre de produits phytosanitaires ». L’agriculteur de 51 ans, technicien chez Dijon Céréales de 1994 à 1997, dresse également un tableau positif en orge d’hiver : « l’implantation est intéressante, la culture présente plutôt bien elle aussi. Mais pour dire vrai, notre préoccupation pour l’orge, ce n’est pas encore pour maintenant : je fais allusion ici au risque de gel tardif, en avril et mai. Cela fait plusieurs années de suite que nous subissons ce genre d’aléa dans le Châtillonnais. Malgré des parcelles souvent prometteuses en sortie d’hiver, il n’est pas rare de nous retrouver avec de nombreux épis vides au printemps, suite à des problèmes de méiose notamment. Pour essayer de limiter la casse, nous utilisons trois variétés différentes cette année, à savoir Étincel, Visuel et Salamandre qui fait son retour dans notre assolement. Cette dernière variété résiste plutôt bien au gel. En plus, les cours de la mouture sont remontés et cela nous permettra de la vendre à des prix espérés corrects si la production ne passe pas en brasserie ».

On repart en colza

Le colza, lui, n’est présent « que » sur 17 des 420 ha de grandes cultures de l’exploitation. « C’est tout de même 17 de plus que l’an passé ! », fait remarquer Laurent Baudin, qui s’explique : « nous n’en avons pas fait en 2021 dans l’idée d’apprécier les bénéfices d’un vide sanitaire. Comme beaucoup de monde, nous avions été poussés vers la sortie à cause des altises. Du colza, nous en faisions encore une centaine d’hectares il y a trois ans. Les plantes sont aujourd’hui très belles. Même s’il y a encore un peu d’altises, la pression paraît moins importante. Des tests Berlèses sont actuellement réalisés et nous en diront davantage les prochains jours. Dans l’Yonne aussi, là où cette problématique avait commencé bien plus tôt que chez nous, quelques agriculteurs retentent leur chance. Nous verrons bien, l’année semble en tout cas propice pour le colza. Mais un nouveau problème va très prochainement se poser avec l’arrêt quasi-certain du Boravi. Cet insecticide est depuis longtemps sur la sellette… D’après certains bruits de couloir, 2022 serait sans doute sa dernière année d’utilisation ».

Bientôt les semis

Le Gaec Develet Baudin Langel prépare ses semis de printemps, particulièrement nombreux depuis la diminution du colza. Laurent Baudin débutera avec du pois autour du 20 février, dès que les sols seront ressuyés : « nous sommes en train de faire germer les semences, sachant qu’il n’y a plus beaucoup de disponibilités… Nous refaisons du pois depuis trois ans mais les résultats ne sont jamais à la hauteur de nos attentes, du moins pour l’instant ». Les orges de printemps prendront le relais dans la foulée : « cette culture, nous avons l’habitude d’en faire et nous allons continuer. L’orge de printemps est intéressante pour faire baisser les IFT. Ici, nous n’avons pas fait le choix de modifier notre fonctionnement : nous ne sommes pas passés en semis direct, nous utilisons peu de glyphosate, mais nous labourons toujours l’hiver de manière à enfouir les graminées. Le but est de ne pas désherber les graminées dans les orges de printemps ».

Sur la fin

Le tournesol et le maïs seront les dernières cultures semées sur l’exploitation de Meulson, courant avril. Laurent Baudin espère enregistrer les mêmes niveaux de rendements qu’en 2021 : « nous n’avons jamais fait autant que l’an passé. En tournesol, le rendement final avait atteint 35 q/ha. Le maïs avait lui aussi battu des records avec près de 15 tMS/ha, alors que nous avons l’habitude d’être plus proches des 10 tMS/ha. Oui, nous signons tout de suite pour une récolte du même niveau ! ».

Des débuts en seigle

Administrateur Dijon Céréales, Laurent Baudin est très impliqué dans le projet Sécalia. Son exploitation cultivera, à terme, 60 ha de seigle destinés à la méthanisation. Dix-sept premiers hectares ont été semés en septembre dernier sur le deuxième site de l’exploitation situé à Touillon près de Montbard. « Nous démarrons les stocks, pour une mise en route de l’unité programmée en 2023. Environ 850 ha de seigle sont aujourd’hui en culture, chez les 150 adhérents du projet », informe le Côte-d’orien.