Étude
Des échanges entre générations

Chloé Monget
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Le 15 décembre dernier, était présentée une étude retraçant 5 ans de données sur deux groupes d'agriculteurs dans le secteur du Sud-Morvan. 

 

Des échanges entre générations
La restitution publique du suivi des jeunes agriculteurs du canton de Luzy a eu lieu le 15 décembre dernier à Luzy. Crédit photo : CA 58

«Nous voulions pouvoir fournir un suivi approfondi des jeunes installés après leur installation via une analyse technico-économique sur 5 ans » pointe Frédérique Marceau, conseiller d’entreprise à la Chambre d’agriculture de la Nièvre, avant d’ajouter : « en parallèle, nous avons suivi un autre groupe d’agriculteurs plus expérimentés sur le même secteur afin de mettre les données en miroir pour voir les différences et les points à améliorer pour les diverses exploitations ». Bernard Villette, responsable de ces deux groupes réunis sous l’intitulé « groupe de travail Transmission / Installation » détaille : « en accompagnant ces personnes, nous voulions créer du lien entre les générations afin qu’un dialogue s’engage sur leurs pratiques. En somme, nous sommes partis de la situation individuelle pour arriver à un projet de groupe ». C’est ainsi qu’au bout de 5 ans, l’intégralité de l’étude « l’économie agricole en Sud-Morvan : de l’individuel au collectif » a été présentée le 15 décembre dernier.

Prises de conscience

« La mise en relation des cédants avec les jeunes installés leur a permis de prendre conscience que les exploitations trop grandes étaient de plus en plus difficiles à transmettre d’un point de vue financier, mais aussi car elles ne sont plus adaptées aux projets de la majorité des jeunes. En effet, pour la plupart, ils restent sur des exploitations « à taille humaine » relève Frédérique Marceau. Bernard Villette rebondit : « Dans la Nièvre, la pyramide des âges est telle que les cédants devront probablement faire des concessions lors de la transmission. Les échanges entre les parties étaient là pour aider les jeunes dans les premières années mais aussi aider les cédants à prendre leur retraite dans de bonnes conditions ».

Des imprévus

Si l’étude est aujourd’hui terminée, le suivi n’a pas été un long fleuve tranquille : « Pendant que l’étude était en cours, il y a eu la redéfinition des Communautés de communes, ce qui a fait changer nos interlocuteurs à ce niveau. Enfin, la crise sanitaire ne nous a pas non plus facilité la tâche surtout dans les échanges et la confiance que nous voulions créer entre les participants ou encore les différents acteurs. Certaines réunions n’ont pas pu avoir lieu à cause du confinement. De plus, un voyage à Rungis était prévu, mais il n’a pu se réaliser à cause des restrictions sanitaires. Mais, malgré tout, nous sommes parvenus à nous rencontrer à de nombreuses occasions et à obtenir nos résultats. Enfin, nous avons effectué des rendus individuels à chacun » développe Bernard Villette. Il ajoute : « Étant un projet pilote, l’étude n’est pas parfaite, mais donne une idée de ce qu’il se passe ». Frédérique Marceau conclut : « Si nous pouvons réitérer l’opération, nous le ferons afin d’avoir plus de données, toujours dans le but d’aider l’installation et la transmission ».

L'étude

Au total une vingtaine d'exploitants (jeunes et expérimentés) ont bénéficié de la réalisation d'une expertise technico-économique sur les exercices de 2016 à 2020. Les exploitations étaient principalement des systèmes d’élevage bovin allaitant avec quelques ateliers diversifiés (ovins, veaux de boucherie, équins, volailles, etc.) avec une production majoritaire d'animaux maigres (broutards, génisses, vaches de réforme). Trois synthèses annuelles des résultats économiques ont été réalisées par la Chambre d'Agriculture de la Nièvre. Deux formations ont été organisées avec une partie des membres du groupe. Le projet global a été financé par le Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural de la Région Bourgogne-Franche-Comté (FEADER). « Grâce à cela, une démarche innovante de conseil agricole économique a pu être testée auprès des jeunes agriculteurs d'un territoire ciblé correspondant à l'ancien canton de Luzy » insiste Frédérique Marceau.