Depuis le 1er mai, Florian Jolly, 30 ans, est associé du Gaec de l'Ombre (Villevelle). Son installation fut possible par la reprise des terres de Lionel Andriot (Beaujard à Verneuil).

Travailler pour soi
Lionel Andriot et Florian Jolly soulignent l'aide du CER et de la Chambre d'agriculture dans le déroulé des installations et des cessions.

« Cela fait trois ou quatre ans que je souhaite m’installer » explique Florian Jolly, désormais associé du Gaec de l’Ombre, avant d’ajouter : « mais mon intégration dans cette société devait obligatoirement s’accompagner d’ajout de terres ». Ainsi, il a pu trouver 160 ha en location avec un rachat d’une centaine de vaches pleines.

Soutien

Il précise : « Mon installation a été possible car c’est le Gaec qui a pris à sa charge une partie du rachat. Sans cela, je n’aurais pas pu m’installer à cause des coûts de reprise. Je ne remercierai donc jamais assez les autres associés (Yves Saulin, Véronique Leprovost et Aurore Saulin), car par cet investissement ils me permettent de faire ce dont j’ai toujours rêvé : travailler pour moi. Pour mon entrée dans le Gaec, j’ai racheté la moitié des parts d’Yves. J’acquerrai le reste lorsqu’il partira à la retraite, dans trois ans ». Aurore Saulin insiste : « cela nous paraissait normal que Florian prenne la suite de mon père, car il travaillait déjà là. Avec son arrivée comme associé, l’entente familiale basée sur la confiance est conservée ».


Le jeu du hasard

Avec l’arrivée de Florian, le Gaec possède désormais environ 370 ha pour 300 vêlages, 250 brebis et une dizaine de chevaux. Pour trouver les terres nécessaires à son installation, c’est plus ou moins le hasard qui s’est mis en œuvre. En effet, durant les recherches de Florian, Lionel Andriot, exploitant à Verneuil, a dû, de son côté, changer son fusil d’épaule.

Arrêt forcé

« Pour des raisons de santé j’ai dû arrêter mon activité » explique Lionel Andriot avant d’ajouter : « face à cet impératif, j’ai dû prendre une décision drastique car je n’avais pas d’autre choix ». Connaissant déjà Florian, la transaction entre les deux et les propriétaires des terres se réalise simplement.

Les liens du cœur

« Connaître le repreneur depuis très longtemps permet d’avoir confiance. Et, j’étais ravi qu’il puisse s’installer » spécifie Lionel Andriot. Par la force des choses ce dernier laisse donc 18 ans d’expérience comme chef d’exploitation derrière lui : « Je ne me voyais pas faire autre chose mais la vie est pleine de surprises bonnes et moins bonnes ». De toutes ces années, les souvenirs sont trop nombreux pour n’en garder qu’un même si certains touchent nettement plus que d’autres. De son cheptel, Lionel ne conserve qu’une vache : Kikitte. Du haut de ses 17 ans, Kikitte est définie par Lionel - en souriant - comme une « une vache de cirque » avant de préciser : « je la garde pour mes enfants qui l’adorent ! ». Pour la suite, Lionel Andriot a quelques idées de reconversion, et de son côté, Florian Jolly voudrait qu’au départ d’Yves Saulin le Gaec réduise un peu le cheptel pour que la société soit « plus viable » mais cela n’est, pour le moment, pas mis en œuvre.

Précipitation

Florian Jolly conclu : « pour ceux souhaitant s’installer, ils doivent s’accrocher. En effet, les démarches administratives sont lourdes et demandent du temps, mais il faut le prendre pour appréhender le tout à tête reposée et sereinement. La précipitation n’est pas forcément une bonne chose ».

 

 

 

Bon à savoir

Durant les échanges, un point a été soulevé : les indemnités chômage. En effet, selon la situation d’un chef d’exploitation cessant son activité, il peut ne pas recevoir de compensation financière de la part de Pôle emploi pour ces années de travail. Cela étant, des solutions existent pour pallier cela, notamment via les assurances. En fonction de la situation de la cession d’activité, l’exploitant agricole peut bénéficier de l’allocation des travailleurs indépendants (ATI) sous certaines conditions : https://www.chomage-independant.fr/conditions