Assemblée générale des JA 58
Une volonté face aux incertitudes

Chloé Monget
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L’assemblée générale des JA 58 a eu lieu le 8 avril dernier à Montreuillon. Outre la validation du rapport d’activité et financer ainsi que des administrateurs, une table ronde s’est déroulée.

Une volonté face aux incertitudes
Les invités de la table ronde étaient : Nicolas Roche (Chargé de mission études et références CER France), Emmanuel Berthon (expert financement agriculture Crédit Agricole), Martin Bloch (Chef de service économie des entreprises à la Chambre d’Agriculture), Christophe Chatet (Administrateur JA National).

Afin d’avoir quelques chiffres et explications sur les problématiques actuelles, les JA 58 proposaient une table ronde sur le thème « Quel avenir pour l’installation dans ce contexte économique imprévisible ? » lors de leur assemblée générale du 8 avril à Montreuillon.

Problématique

« Le contexte est plus qu’incertain (crise sanitaire et guerre en Ukraine) » explique Martin Bloch, chef de service économie des entreprises à la Chambre d’Agriculture de la Nièvre et invité à la table ronde. Nicolas Roche, chargé de mission études et références au CER France, rappelle d’ailleurs : « que la moyenne d’âge en grandes cultures, bovins viande et système mixte avoisine les 50 ans » tout en nuançant « que pour les productions ovines, la moyenne d’âge est moindre ». Une donnée s’expliquant notamment par le coût des reprises : « une production ovine requiert moins de matériel que les autres » pointe Martin Bloch avant d’ajouter : « ces montants de transmissions, souvent importants, ne favorisent pas le renouvellement ». Face à cela, certains leviers ont été présentés pour trouver des solutions sur les exploitations.

Différents leviers

Parmi les solutions évoquées : la diversification (ateliers de transformation, circuits courts, etc.), l’installation à plusieurs (GAEC ou autres) ou encore la vente de carbone ou d’énergie (photovoltaïque). Toutefois, Nicolas Roche insiste : « il faut prendre en compte l’environnement économique et réglementaire puis s’y adapter avec efficacité. Pour réaliser cela, la mutualisation des compétences peut être une solution envisageable… ». Dans tous les cas, l’autonomie sur les exploitations a été maintes fois évoquée comme point d’ancrage pour un système viable.

Attention

Martin Bloch a précisé qu’il existe des points de vigilance à avoir en tête avant l’installation comme « la l’adéquation entre la production choisie, la filière et la localisation (afin de cibler les débouchés possibles de commercialisation). J’enfonce sûrement des portes ouvertes, mais il est nécessaire de faire une piqûre de rappel notamment pour les productions atypiques, car nous avons encore trop de projets qui ne sont pas cohérents sur cette adéquation indispensable ». Nicolas Roche poursuit : « pour s’installer, il faut choisir un costume à sa taille. Il faut s’intéresser à la variabilité économique et se poser les bonnes questions sur la maîtrise de toutes les facettes de son système ».

Le goût de la vie

Emmanuel Berthon, expert financement agriculture Crédit Agricole, a rappelé que dans tous les cas, les financements suivaient « uniquement si les projets étaient viables et vivables pour les exploitants car nous avons toujours en tête qu’un agriculteur n’est pas seul et que toute une famille est là avec lui. C’est d’ailleurs une valeur ajoutée dans les territoires ruraux, qu’il ne faut pas négliger » et de Christophe Chatet, administrateur JA national, de rajouter : « Il faut créer des points attractifs à nos terres rurales afin que des jeunes s’y installent avec plaisir (cinéma, café, lieu de rencontre, etc.). Ensuite, ils doivent pouvoir trouver une solution qui leur corresponde afin de travailler avec passion et engagement tout en ayant l’espoir d’un avenir ». Florian Guyard, coprésident des JA 58 conclu : « nos métiers manquent d’attrait de même que notre territoire. Il faut commencer par les valoriser en communiquant sur nos pratiques. Il faut remotiver les jeunes que ce soit pour reprendre des exploitations ou pour devenir salariés agricoles. En somme, nous devons tous travailler sur une communication positive afin d’offrir un avenir à notre profession ».

 

Les administrateurs

Liste départementale : Cédric Bernier, Clément Blandin, Florent Point, Bertrand Larue, Jean-Charles Seutin.

Château-Chinon : Valentin Jeanguyot, Grégoire Bazot, Jérôme Lebel, Maxime Petit ;

Châtillon : Adrien Laporte, Julie Rhoumy ;

Fours : Romain Bruriot ;

Luzy : Jérôme Berthier, Jodie Perraudin ;

Lormes : Valentin Saget ;

Montsauche-les-Settons : Thomas Lemée ;

Moulins-Engilbert : Frédéric Allaire, Luc Laporte ;

Guérigny : Rémi Thibaudat ; Nevers : Julie Cadiot ;

Saint-Benin-d’Azy : Benjamin Maillault, Vivien Gaume ;

Saint-Saulge : Simon Gauche, Quentin Hecht ;

Brinon-sur-Beuvron : Thomas Beaumier ;

Corbigny : Kévin Aulard, Emmanuel Lorré, Denis Guillien ;

Tannay : Florian Guyard, Benjamin Guyard.

Bientôt un nouveau bureau

Après l’annonce des administrateurs par canton, Florian Guyard, coprésident des JA 58, rappelait : « 2022 est une année d’élection pour les JA 58, dont le bureau doit se renouveler ». Afin d’attirer un ou des candidats à la présidence, il soulignait : « Cette expérience de coprésidence a été très enrichissante pour moi, notamment grâce à l’engagement de chacun dans nos actions. Certes, nous avons vécu des moments particuliers (crise sanitaire), mais l’envie de faire était toujours là. Ma présidence et celle de Frédéric Allaire arrivent à leur fin. Il va donc falloir que l’un de vous s’empare de cela afin de poursuivre les activités ». Frédéric Allaire, rebondit : « Une coprésidence permet de diviser les tâches, ce qui est assez pratique. Mais il faut bien s’entendre. Que ce soit seul ou à deux, il faudra continuer d’avoir un bureau JA 58 efficace pour la suite ». Florian Guyard conclu : « On est JA pour soi mais aussi et principalement pour les autres ».

Législation

Durant les échanges, la loi Égalim 2 a aussi été abordée et plus particulièrement la difficulté à la faire appliquer. « Nous avons un outil qui a été pensé pour que nous puissions vivre dignement de notre travail. C’est à nous de nous en emparer collectivement afin que cette loi trouve sa place dans les transactions » souligne Christophe Chatet. Pour sa part Florian Guyard insiste : « nous devons nous poser les bonnes questions sur la presque non-application de cette loi. Elle existe, mais il semble que les grands groupes n’en tiennent simplement pas compte. C’est donc à nous de les forcer à le faire. Encore une fois, nous devons nous battre ».