La MSA Bourgogne a tenu son assemblée générale à Beaune. Dominique Bossong, son président, insiste sur l’évolution du rôle de l’organisme et souligne un contexte de travail où la normalité n’est plus de mise, entre crise sanitaire, aléas climatiques, et revalorisation des retraites.

AG de la MSA Bourgogne
A la tribune, Dominique Bossong, au centre, entouré d'Armelle Rutkowski, directrice générale de la MSA Bourgogne, et de François-Emmanuel Blanc, directeur général de la caisse centrale de la MSA.

Pour bénéficier de conditions presque normales, l’assemblée générale 2021 de la MSA Bourgogne avait dû se tenir en fin d’année, le 26 novembre. À peine cinq mois plus tard intervenait donc, le 15 avril, l’assemblée générale 2022 qui a renoué, elle, avec un « timing » habituel. N’était la présence encore forte de masques, on pouvait néanmoins considérer qu’elle concrétisait l’après-Covid, ce dont personne ne se plaindra. Près de 200 personnes ont fait le déplacement au palais des congrès de Beaune pour assister à cet événement, marqué par la présence du directeur général de la caisse centrale de la MSA, François-Emmanuel Blanc (voir son interview en page 03 de ce même numéro). Parmi les nombreux points abordés, la question de la prise en charge de cotisation, intervenue en écho à la crise sanitaire, faisait partie des grands thèmes désignés par Dominique Bossong, le président de la MSA Bourgogne. « Mais il y a aussi, précisait-il, la question de la revalorisation des petites retraites, dont la mise en place a été un peu compliquée dans les territoires ».

« Valoriser le rôle des élus »

Par ailleurs, l’accent a été mis sur ce que la MSA nomme sa « stratégie d’influence » : apparaître non plus seulement comme la protection sociale des agriculteurs, mais comme un acteur qui compte dans les dynamiques qui traversent et structurent la ruralité. La concrétisation la plus flagrante de cette volonté étant l’implication de la MSA dans les Maisons France Services (l’organisme en porte quatre en Bourgogne, à Charolles et Tournus, en Saône-et-Loire, et Montbard et Saint-Jean-de-Losne, en Côte-d’Or). « Plus largement, souligne Dominique Bossong, nous voulons mieux nous faire connaître, valoriser le rôle de nos élus et gagner en réactivité ». Dans ce cadre, lors de l’AG, une nouvelle application numérique permettant la mise en relation de l’ensemble des délégués du réseau a été présentée. Ces délégués pourront aussi obtenir par ce biais des informations sur lesquelles ils pourront s’appuyer afin de défendre la MSA sur les territoires. Par ailleurs, lors de cette assemblée générale a été annoncée l’organisation d’une semaine d’actions, en octobre prochain et par toutes les caisses MSA, sur le thème de l’alimentation. « Chaque caisse, précise le président de la MSA Bourgogne, va choisir une action en fonction de son territoire. Nous avons sensibilisé nos délégués à cette action. Cela intervient dans le prolongement de nos journées nationales organisées en novembre dernier à Biarritz, et qui portaient sur ce thème ». La question de la revalorisation des retraites aura aussi jalonné les échanges. « En Bourgogne, nous avons été alertés par les aînés, explique Dominique Bossong, et avec eux nous avons mis en place des réunions d’information sur les territoires. Nous sommes partis du principe qu’il fallait expliquer très rapidement afin que les personnes impliquées dans les organisations d’aînés soient nos relais auprès de leurs voisins, amis, collègues… Nous avons été réactifs et nous avons envoyé des techniciens dans les réunions. Les gens étaient demandeurs de réponses concrètes. La question de la revalorisation des retraites de conjoints et des aides familiaux risque aussi de faire poser des questions à beaucoup ».

Le gel, gros dossier de 2021

Parmi les problématiques que la MSA de Bourgogne a eues à gérer l’an passé figure évidemment l’épisode de gel du printemps. « La MSA a été extrêmement réactive, précise Dominique Bossong, et a immédiatement mis en place des reports de paiement de cotisation. Mais la profession impactée a aussi réclamé la mise en place de procédures de calamité et il fallait que tout cela s’intègre dans un dispositif européen, ce qui réclame du temps pour la mise en place. Finalement, nous allons donc intervenir à la fin du processus. Si le viticulteur peut bénéficier de calamités, il va toucher une enveloppe, s’il était assuré sur les aléas climatiques, il va être indemnisé. C’est seulement ensuite que la MSA versera un restant de prise en charge, calculé au prorata de ce à quoi il avait droit. Ce sera du cas par cas, qui va réclamer un travail énorme et nous opérons en partenariat avec les DDT ».

Les temps forts de l'année

Comité paritaire d’action sanitaire et sociale :

- la politique ASS a vu ses moyens financiers augmentés

- plan d’aide exceptionnel (chèques vacances pour les familles, aides financières pour les retraités) en lien avec la crise sanitaire

- mise en place du parcours Attentionné nouvel installé, pour les jeunes exploitants agricoles Sur le numérique :

- en 2021, 1 266 745 connexions à Mon espace privé, sur le site de la MSA, en progression de 19 % par rapport à 2020

- près de 100 000 particuliers sont inscrits sur le site, ainsi que 23 000 exploitants

- huit nouveaux services en ligne sont venus renforcer l’offre existante

Sur la Santé Sécurité au travail :

- en 2021 il y a eu plus de 8 000 visites en médecine du travail

- 19 M d’euros de dépenses liées aux accidents du travail ou aux maladies professionnelles Sur la prise en charge de cotisations :

- il y a eu 1 053 bénéficiaires d’une prise en charge partielle de cotisations, pour un montant de 2,7 M d’euros

- 1 457 échéanciers de paiement accordés pour un montant de 10,73 M d’euros