Installation
La jeune pousse du maraîchage

Chloé Monget
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Olivier a monté son exploitation de maraîchage de légumes de plein champ en 2018. Cette année marque le début d'évolutions puisque c'est la première fois qu'il ouvre la vente de plants aux particuliers et que Prescilia, sa compagne, le rejoint sur le terrain. 

 

La jeune pousse du maraîchage
La ferme de l'Huis Périgou est ouverte au public pour la vente de plants à la ferme : le lundi, mardi et jeudi après-midi ; le samedi toute la journée et le mercredi de 17 h à 19 h30. Olivier et Prescilia vendent aussi leurs produits sur le marché de Moulins-Engilbert le samedi matin de 10 h à 12 h 30. Pour les professionnels, la vente de plants se fait sur catalogue.

« Cela était une évidence » explique Olivier Boursillon, maraîcher à l’Huis Périgou. Sur environ 3,5 ha, il cultive 5 000 m2 de légumes de plein champ et dispose d’une serre multi-chapelle ainsi que de 3 tunnels. « Au départ, le terrain était une grande friche… mais petit à petit cela prend forme ». Si c’est la première année que la vente de plants est ouverte aux particuliers, l’activité principale de son exploitation reste la vente aux professionnels.

De l’assiette à la terre

Du haut de ses 32 ans, Olivier a beaucoup bougé, entre l’Auvergne, la Corrèze et Paris. « Je voulais devenir cuisinier, au grand désespoir de mes parents qui à l’époque pensaient que cela était une voie de garage. Mais, j’y suis arrivé ». S’il est heureux au départ, il déchante assez vite car la qualité des produits n’était pas toujours là. C’est ainsi qu’il décide de s’installer dans la Nièvre pour produire des plants dédiés aux professionnels avec, en complément, une activité de maraîchage. Aujourd’hui, Olivier fournit trois restaurants.

Retour aux racines

« J’ai habité 18 ans à Évry (91), et en partant en Corrèze j’ai retrouvé une vie agréable… Vivre en cité, je sais ce que c’est et je ne veux pas y retourner. Le choix de la Nièvre, c’est fait tout seul, car ma grand-mère habitait là. On venait la voir durant les vacances scolaires pour « Faire le jardin de la mamie ». J’adorai ça. C’est d’ailleurs grâce à elle que je voulais devenir cuisinier et que j’ai toujours aimé jardiner » se souvient-il. Depuis, Olivier a laissé tomber ses culottes courtes pour les bottes : « Devenir professionnel dans ce domaine n’a pas été simple, mais quand on veut faire quelque chose qui nous tient vraiment à cœur, et qu’on se donne à fond, on y arrive ».

Pas de cailloux dans les bottes

« Je me suis installé hors cadre familial, et quand on a toutes les démarches administratives qui nous tombent dessus, on se sent tout petit. Mais, la Chambre d’agriculture de la Nièvre, Bio Bourgogne ou encore le CFPPA de Château-Chinon m’ont beaucoup aidé notamment grâce à l’aide DJA ou encore l’étude prévisionnelle. C’était un projet bien réfléchit puisque j’ai travaillé deux ans chez un maraîcher avant de me lancer. Je voulais voir ce que cela représentait vraiment comme charge de travail notamment. Puis, lorsque j’ai commencé j’ai été cotisant solidaire pendant 1 an auprès de la MSA. Mais dans tous les cas, une fois qu’on est sûr de ce que l’on veut faire, tout l’administratif est juste une étape à passer pour pratiquer ce que l’on aime ».

Changement de vie

De son côté, Prescilia, 40 ans, se destinait à une carrière dans le monde équestre, mais cela n’a pas abouti. Elle enchaîna donc les petits boulots. « On travaillait en face l’un de l’autre avec Olivier, lorsqu’il était cuisinier en Auvergne, c’est comme cela qu’on s’est rencontré ». Depuis, ils ne se séparent plus vraiment : « on a travaillé ensemble pendant deux ans chez le même maraîcher avant de s’installer, puisque son projet lui paraissait, comme à moi, une évidence. Et, aujourd’hui, je le rejoins enfin sur la ferme, car un salaire fixe n’est plus nécessaire pour vivre et que notre activité subvient à nos besoins ni plus, ni moins. C’est un bonheur ». Tous deux se répartissent les missions de l’exploitation, même si Prescilia se charge de la vente sur les marchés. « Le contact avec les gens est primordial, et c’est agréable ». Si elle a toujours aimé la nature et le jardinage, le projet d’Olivier l’a tout de suite séduite : « C’est une manière de revenir à l’essentiel. Nous n’avons pas besoin de grand-chose pour vivre, mais faire un métier qu’on aime n’a pas de prix. Et puis, ce n’est pas vraiment travailler ». Olivier réagit : « Avec l’arrivée de Prescilia, nous gagnons en temps et en confort de travail ».

Les projets

Pour la suite, les deux maraîchers ont déjà des idées à mettre en place. « Nous voudrions faire évoluer la ferme pour qu’elle soit plus vertueuse et plus pratique pour tout le monde. À terme, nous voudrions embaucher une personne à mi-temps sur la ferme et une autre qui pourrait être dédiée à de la livraison. Mais, dans tous les cas, nous voulons proposer des produits abordables, afin que tout le monde puisse avoir accès à la qualité » conclut Olivier.

Aide de voisinage

« On pourrait penser que mon arrivée dans le coin aurait pu mal se passer, mais pas du tout. Lorsqu’on a signé pour les terres avec Prescilia, il y avait des bêtes de l’éleveur d’à côté dessus. Il voulait les retirer, mais on lui a expliqué que cela ne nous gênait pas car nous n’étions pas prêts à installer quoique ce soit dessus et qu’avec leur présence, le terrain était entretenu. Nous avons de très bons rapports avec tous nos voisins, ainsi qu’avec les collègues maraîchers. Si l’un à un trop-plein de produit et que l’autre en manque, on échange. C’est très agréable de travailler en bonne intelligence » pointe Olivier.