Productions
Bilan de la récolte de soja

Terres Inovia
-

Terres Inovia dresse le bilan des récoltes 2021 pour le soja : le rendement moyen national s’établit à 29 q/ha en 2021, en hausse de 13 % par rapport à la moyenne quinquennale, et les surfaces à 157 000 ha, soit 14 % de plus qu’il y a 5 ans. La dynamique de cette culture devrait bénéficier en 2022 de la volonté politique affichée par le plan Protéines français.

En Bourgogne-Franche-Comté, les rendements se positionnent dans la moyenne nationale à 29 q/ha, avec de meilleurs résultats pour les semis de fin avril début mai (35-40 q/ha). L’état sanitaire des sojas a été bon. Hormis en début de cycle, le soja a été épargné par les ravageurs. La présence de maladies a été hétérogène à cause des conditions humides de l’été. La variabilité des attaques est due principalement à la fréquence de retour sur la parcelle de cultures hôtes (colza, soja, tournesol…), la pluviométrie et la correspondance plus ou moins importante entre floraison et sporulation du champignon. Les conditions de récoltes ont été favorables dans le Sud-Ouest mais difficiles dans le Nord à cause des pluies de septembre et octobre et d’une maturité parfois retardée. Que ce soit en conduite pluviale ou irriguée, les évolutions du contexte économique devraient entraîner une augmentation marquée des marges brutes du soja entre 2020 et 2021, estimée à + 38 % pour une même gamme de rendements. Pour un prix de vente compris entre 400 et 500 €/t, la marge brute du soja se situerait en conduite irriguée autour de 1 100 €/ha et de 760 €/ha en conduite pluviale. La maîtrise de la date de semis et le choix variétal constituent deux éléments cruciaux pour sécuriser la récolte et limiter des frais de séchage en augmentation à cause du renchérissement de l’énergie. Pour la campagne 2022, dans un contexte de forte augmentation du coût des engrais, le soja pourra valoriser son indépendance vis-à-vis des engrais azotés.

Économie en unités d’azote

Les effets économiques positifs du précédent soja sur le maïs seront également renforcés. La culture du soja permet, par exemple, une économie de 30 à 50 unités d’azote dans la fertilisation azotée du maïs suivant par rapport à un précédent maïs (soit 30 à 60 €/ha d’économie de charges). Ses faibles résidus permettent de réduire les coûts d’implantation de la culture suivante. La PAC (2023-2027) renforcera les moyens apportés à la culture au travers du premier pilier par un système d’éco-régime et par une aide couplée sectorielle. La tension du marché sur le tourteau de soja non OGM d’importation est très forte en Europe. L’écart de prix entre le tourteau de soja 48 % (de protéines) d’import non OGM et standard (c’est-à-dire OGM) dépasse +450 €/t sur la campagne en cours 2021-2022 alors qu’il était compris entre +100 et +150 €/t de tourteau entre 2012 et 2020. Cette tendance renforce l’intérêt de développer et consolider une filière française durable de soja tracé origine France, au bénéfice de la souveraineté alimentaire française. En 2021, dans le cadre du projet « Accroître la compétitivité et la durabilité des productions oléoprotéagineuses » du programme Cap Protéines, un réseau de 12 observatoires agronomiques pluriannuel a été suivi, soit 185 parcelles représentatives d’un contexte de production et adossées au minimum à un essai servant de support à une ou plusieurs problématiques locales. L’ambition est d’accompagner les agriculteurs et d’augmenter les surfaces, de façon à atteindre l’objectif de 250 000 ha en 2025 fixé par Terres Univia et l’ensemble de la filière.