Né de la fusion de trois Bovins Croissance il y a cinq ans, Alsoni Conseil Elevage a pris un virage plus technico-économique, intégrant les promesses des nouvelles technologies tout en répondant aux défis climatique et sociétal.

Un accompagnement de plus en plus pointu !
On assiste à une modernisation du contrôle de performances qui passe par une réorientation des services vers plus de technique.

Une fois n’est pas coutume, l’assemblée générale d’Alsoni Conseil Élevage a eu lieu en Saône-et-Loire le 28 avril dernier. Depuis la fusion avec la Nièvre et l’Allier en 2017, l’assemblée générale d’Alsoni est organisée dans l’un des trois départements de la zone et en 2020 et 2021, le Covid a perturbé sa tenue, d’où un parfum de retrouvailles cette année à Vendenesse-lès-Charolles.

Depuis cette fusion, une modernisation du contrôle de performances s’est enclenchée passant par « une réorientation des services vers plus de technique ». En allant vers « une valorisation plus large des données génétiques relevées dans les élevages, notre souhait est de créer un service intégrant la génétique comme un outil incontournable de la rentabilité économique », présentait le président Nicolas Bouchard. En 2021, les équipes d’Alsoni ont été renforcées pour accélérer le déploiement du conseil en exploitation, la formation des agents tout en assurant les missions auprès des éleveurs du Rhône, indiquait le président. Le virage pris par l’association a impliqué « un changement de méthode de travail pour pouvoir être reconnu comme organisme de conseil en élevage par les adhérents ». Une mutation qui demandera encore des efforts afin d’offrir « un service technique pertinent, au service de l’économie des exploitations, le tout à un coût supportable », confiait Nicolas Bouchard.

Coût de production, diagnostic environnemental…

Concrètement, la carte des services d’Alsoni s’est étoffée avec, notamment, des offres d’analyse économique : calcul de coûts de production, du prix de revient et de la rémunération du travail grâce à l’outil CouProd. Alsoni propose aussi un diagnostic environnemental (Cap2ER) et le suivi alimentation monte en puissance (lire encadré) tandis qu’un service dédié à l’herbe et à la production fourragère vise à parfaire l’autonomie des exploitations.

2021 aura aussi vu la mise en place d’un nouveau service portant sur l’analyse des gènes d’intérêt. Largement souscrit par les adhérents d’Alsoni, ce sont 1.900 analyses qui ont été réalisées en partenariat avec le laboratoire Terana pour cette première campagne (lire encadré).

L’outil de contrôle de performances de demain

La récente naissance d’Éliance, fruit de la fusion entre la fédération nationale regroupant le contrôle laitier et bovins croissance (FCEL) et la fédération des entreprises d’insémination artificielle (Allice), ouvre de nouvelles perspectives pour faire face au défi climatique, au défi social et aux nouvelles technologies, annonçait Nicolas Bouchard. Alsoni va ainsi investir dans la modernisation de la collecte de données avec le projet de proposer dès 2024 la technologie imagerie 3D pour le pointage et la pesée. C’est un projet national porté par Éliance avec l’Institut de l’Élevage et Races de France. « Il sera porté par le comité de filière des organismes de conseil en élevage viande et nos partenaires au travers d’un consortium », indiquait le président. « Les premiers investissements auront lieu dès 2022 pour la recherche et développement et l’achat des premiers prototypes. Alsoni sera très impliquée dans ce projet avec sa participation au comité d’experts et au comité de pilotage ». Cette innovation, qui représente « l’outil de contrôle de performances de demain, va créer une rupture avec nos pratiques actuelles », prévenait Nicolas Bouchard. Ce projet Pheno 3D a fait l’objet d’une présentation par Hervé Godet, président du groupe Bovins Croissance au sein d’Éliance.