FDSEA
Ne rien lâcher

Lucie Lecointe, FDSEA 58
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En parallèle de la visite dédiée à l’approvisionnement des collèges, la FDSEA de la Nièvre organisait d’autres rencontres avec les acteurs de la filière sur le respect de la Loi Égalim 2 et sur l’avenir de l’abattoir de Cosne.

Ne rien lâcher
Une visite de l'abattoir de Cosne a eu lieu le 1er avril en présence de représentants du Conseil départemental.

Le 1er avril était l’occasion de faire le point sur divers sujets pour l’avenir de la filière viande dans la Nièvre.

Auchan

Il y a environ 1 an (voir Terres de Bourgogne n° 1621), la section bovine de la FDSEA 58 orchestrait une demi-journée d’action au magasin Auchan de Cosne-sur-Loire. Après cela, un contrat avait été établi afin que le groupe Schiever (pour un déploiement dans les enseignes de distribution) achète des animaux en intégrant des indicateurs de coût de production dans le calcul du prix payé au producteur. Cette année, l’heure du contrôle est arrivée. Ainsi, lors de la visite, le chef boucher – nouvel arrivant sur le site – ne semblait pas avoir connaissance d’un tel contrat. Malgré tout, Romaric Gobillot, président de la section bovine de la FDSEA, a pu accéder aux frigos pour retracer quelques étiquettes : aucun animal vendu dans le magasin ce jour-là ne faisait l’objet de contrat permettant la rémunération juste des éleveurs. Pourtant, les animaux achetés par le magasin ont été abattus par des groupes (Socopa – Bigard - et Tradival - Sicarev) qui auraient dû déjà avoir mis en place une contractualisation permettant la rémunération plus juste des producteurs (selon les dispositions de la loi Egalim2 en vigueur depuis janvier).

Du haché demain à Cosne ?

Afin d’approvisionner, l’abattage est donc un passage obligé. C’est pour cela qu’une visite était orchestrée à l’abattoir de Cosne qui cherche à s’engager dans un double projet à la fois d’agrandissement et de modernisation de l’outil d’abattage et de développement d’un atelier de découpe et de transformation pour réaliser du steak haché. « Nous aurions tout intérêt à faire de l’élaboré pour capter la valeur ajoutée. Aujourd’hui la moitié de la viande bovine consommée en France l’est sous forme de steak haché. Nous avons besoin de mettre tout le monde autour de la table : collectivités, usagers, éleveurs, et l’État… la SA Cosne Abattoir ne pourra pas porter seule ce projet,  ni en supporter seule l’investissement pour développer un atelier de découpe et transformation… » explique Cyrille Forest avant d’ajouter : « Il y a aussi une vraie complémentarité à bâtir entre les abattoirs de Corbigny et de Cosne. Personne n’a intérêt à la disparition des petits abattoirs locaux, dont les volumes sont perdus pour le territoire en cas de fermeture… ».

Steak haché local IGP Charolais de Bourgogne

Le Conseil départemental s’engage cette année, comme en 2021, dans une action symbolique pour soutenir la production, la transformation et la consommation de viande localement. L’an dernier, pas moins de 14 000 steaks hachés IGP Charolais de Bourgogne avaient été réalisés pour les Restos du Cœur, avec une rémunération juste pour les éleveurs concernés, intégrant des indicateurs de coûts de production. « Cette année, le Conseil Départemental s’engage dans la même démarche, le budget a été voté en ce sens. » annonce Thierry Guyot, Conseiller départemental en charge de l’agriculture, qui suit le dossier de l’alimentation de proximité.